Swamp Country
Genre: Survival , Polar , Agressions animales , Aventures
Année: 1966
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Robert Patrick
Casting:
Rex Allen, Baker Knight, Carole Gilbert, R.L. Armstrong (Tex Armstrong), Sue Casey, David DaLie, Marian Patrick, Lyle Waggoner, Kiva Lawrence...
 

Dans une petite bourgade du Sud de la Californie, Hysmith, un vétéran du Vietnam devenu chasseur, passe une nuit dans un motel lorsqu'il est alerté par ce qui ressemble à une agression. Alors qu'il se précipite, encore endormi, dans la chambre voisine, il trouve une femme d'une quarantaine d'années, étranglée. C'est déjà pas de bol mais les choses se corsent avec l'arrivée du shérif et de ses hommes qui, le trouvant sur les lieux du crime, le prennent immédiatement pour l'assassin. Pas le temps de tergiverser, l'ancien militaire s'enfuit. Très vite, il se retrouve en plein marais d'Okefenokee alors que la police se lance à ses trousses...

 

 

Le générique donne le ton, nous voici plongés, façon vue subjective d'un bateau, en plein marais, avec une musique emballante en diable. "Swamp....... Country..." entonne Baker Knight qui dès lors accompagnera tout le film de sa présence et de ses chansons dont celle-ci augure le meilleur du country-billy-blues syncopé. Un chanteur-compositeur qu'on connait, souvent sans le savoir puisque, outre d'avoir eu une carrière frayant avec des noms tels que Ricky Nelson, Dean Martin, Elvis Presley, Frank Sinatra, Jerry Lee Lewis ou Perry Como pour lesquels il a composé, il a été exploité à plusieurs reprises au cinéma et certains de ses succès se retrouvent dans les bandes-originales de "Pulp Fiction" et autres "Tueurs Nés". Il est donc ici à la fois chanteur et acteur. Disons qu'en tant que jeune "Dixie-billy", il a, en plus d'avoir une liaison avec l'une des filles du shérif, une sérieuse tendance à dégainer sa guitare et à se mettre à pousser la balade, évoquant, entre autres, le "Misfit" qui est en nous (tu vouah ?). Des passages pour une présence que je préfère évoquer dès à présent car les morceaux de Baker Knight, qui rythment Swamp Country, lui confèrent indéniablement une dynamique (les textes soulignent l'action) mais le plombe aussi parfois.

 

 

Swamp Country est avant tout un étonnant mélange de polar évoluant sur le thème du faux coupable, une traque infernale qui lui donne des allures de survival dans un décor propice à l'agression animale, une chronique d'une partie du vieux Sud avec ses habitants pas toujours reluisants, un film d'aventures, le tout agrémenté de romance à l'eau de rose et d'amitiés inattendues, presque contre-nature. À ce sujet, disons que notre homme, contraint à la fuite en plein marais, se retrouve non seulement avec des chiens au cul mais en plus se heurte à toute la panoplie de la faune proliférant en ces lieux infernaux. Durant une moitié de bobine, les animaux sauvages deviennent presque les protagonistes principaux. Hysmith n'est d'ailleurs pas le seul touché et l'on assiste à une attaque d'ours, d'alligator, de serpent et même d'une panthère. Sans trop vouloir en dévoiler, c'est en sauvant l'une des filles du shérif (ressemblant à Mowgli) des griffes de la panthère que notre homme traqué comme une bête trouve une aide précieuse et ainsi, peut-être sa planche de salut. Quoi qu'il en soit, dans cette nature hostile et constamment menaçante, même un marécage peut s'avérer fatal.

 

 

L'immersion du personnage dans un équivalent de la jungle vietnamienne est sans conteste la meilleure partie du film. Certes, R.L. Armstrong qui joue avant l'heure les Rambo des marais n'est pas très charismatique mais la visite touristique s'avère aussi foisonnante que passionnante. L'issue de secours servira à rechercher le vrai coupable alors qu'entre-temps on aura eu le loisir de faire le tour de la bourgade et connaissance avec les habitants. À ce titre, voir des hillbillies écarter, d'un coup de pompe dans le train, et comme une poule, un alligator se trouvant sur le chemin et dans son milieu naturel, en dit long sur leurs habitudes à cohabiter ensemble, et contribue à nous faire voyager loin de chez nous. Par écran interposé, heureusement, disons que le charme sudiste peut sembler un peu coriace et aussi expéditif que les accusations portées et la justice rendue.

Dommage que Swamp Country, à l'instar de son entame, flotte un peu avant d'entamer son dernier parcours du combattant. Il en est du coup inégal, à l'image de l'interprétation, plus ou moins convaincante. Comme dit avant, Tex Armstrong ne joue pas très bien et parait même parfois un peu empoté alors qu'il est ici l'âme du guerrier. A contrario, son manque de charisme en fait un être ordinaire. Un acteur qu'on reverra pourtant dans des seconds rôles chez Aldrich ("Fureur Apache"), chez Arthur Penn ("Missouri Breaks") ou même encore chez Jack Nicholson ("En route vers le Sud").

 

 

Tourné à l'endroit même où l'action se situe, on doit Swamp Country au réalisateur Robert Patrick dont c'est le premier film et qui n'en tournera qu'un seul autre, "From Nashville with Music" (1969), ce entre une poignée de petites productions, notamment "The Mighty Jungle" (1964), film d'aventures illustrant la recherche d'un trésor Aztèque, "To the Shores of Hell" (1966 - un drame guerrier) et "Hell on Wheels" (1967 - illustrant l'affrontement de deux frangins dans le monde des courses automobiles) tous deux de Will Zens. À son (dis?)crédit encore, le fait d'avoir été le producteur exécutif de la version américaine du Moulin des supplice de Giorgio Ferroni. Au scénario comme à l'écran, on trouve David DaLie, déjà à l'origine de "The Mighty Jungle" et de "Virgin Sacrifice" (1959), dans lequel il tient la vedette. Dans le rôle du shérif irascible et entêté, Rex Allen est surtout une vedette de westerns de série B ("The Arizona Cowboy", "Colorado Sundown", "Red River Shore"...) et a déjà croisé durant le début des années 50 nombre de petits artisans tels que Harry Keller ou William Witney. Il a lui aussi la particularité de composer des balades country dans les westerns dans lesquels il joue. Alors proche du crépuscule de sa carrière, il se montre en tout cas convaincant.

 

 

Rayon femelles, on reverra plus tard Kiva Lawrence, qui se fait buter au tout début, dans "Terreur dans la nuit" de David Hess et "Schizoid" de David Paulsen. Rien à redire sur sa composition. Dans le rôle de la femme du shérif, Sue Casey se montre, en femme forte mais néanmoins soumise au diktat patriarcal, à la hauteur. Spécialiste d'apparitions non créditées durant longtemps, elle trouvera le temps passant quelques troisièmes rôles dont, juste après, "Camelot" de Joshua Logan, mais ne dépassera jamais ce stade. Pour finir, Carolyn Gilbert, qui joue sa fille ainée, ne fera pas long feu. On l'apercevra (en la cherchant bien) dans trois autres films, "Bigfoot" (1970), Amok, l'homme à deux têtes (1971) et "November Children" (1972) avant de disparaître des écrans. Il faut bien admettre qu'en nunuche de service, tout juste bonne à se faire rouler des pelles par Baker Knight qui se croit obligé de pousser la chansonnette pour cela, sa présence se fait parfois un peu pénible.

M'enfin, comme dirait l'autre, ce n'est pour autant pas une raison suffisante pour bouder cette singulière bobine rustique à la croisée des genres qui, soit, s'embourbe parfois dans son propre marais, mais se montre très souvent emballante, quasi hypnotique même dans ses meilleurs moments. Quoi qu'il en soit, Swamp Country vous est chaudement recommandé pour les nombreuses qualités qu'il recèle et le dépaysement total qu'il propose.

 

 

 

Mallox

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