Impulse
Genre: Science fiction , Horreur , Thriller , Catastrophe
Année: 1984
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Graham Baker
Casting:
Meg Tilly, Tim Matheson, Bill Paxton, Hume Cronyn, John Karlen, Hume Cronyn, Amy Stryker, Claude Earl Jones..
Aka: Impulse - Pulsion homicide / Pulsions sauvages / Vítimas do Desconhecido (Brésil)
 

Après un tremblement de terre dans une petite ville tranquille, les habitants commencent à manifester d'étranges comportements auto-destructeurs et violents...

 

 

Impulse fait partie de ces films des années 80, légèrement snobés à l'époque et qui, dès lors qu'on les revisite, se revoient facilement à la hausse, arborant même le temps passant des airs de petits classiques. Rétrospectivement, Graham Baker apparait pourtant comme un réalisateur décevant. Impulse est d'ailleurs sa seconde réalisation après "La malédiction finale", 3ème opus, modeste, de la série des Omen. "Futur immédiat, Los Angeles 1991", son film suivant, reste une série B plaisante elle aussi mais, bien que rare, Beowulf marque un net essoufflement, sans parler de l'improbable French Star de l'époque, Christopher Lambert qui, souvent imposé par les producteurs sur sa seule viabilité financière, a plombé une kyrielle de films, transformant même des réalisateurs subtils et de talent (Cimino) en sous-fifres grotesques, illustrateurs de caricatures historiques (ou autres). Un Beowulf qui lui vaut une peine de travaux d'intérêt général consistant à ne tourner durant 15 ans que des spots publicitaires. Ainsi Graham Baker ne réapparait-il derrière la caméra qu'en 2016, en signant l'un des segments d'un comédie romantique provocante : "With Love From... Suffolk".

 

 

Scénarisé par Nicholas Kazan, fils du célèbre cinéaste né sous le signe de la Balance, Impulse semble puiser dans le classique de Don Siegel, "L'invasion des profanateurs de sépultures", pour l'emmener plus avant vers "The Crazies" de George A. Romero. Contrairement à ce dernier et ce même si le final recèle un message politique environnementaliste se servant du genre thriller paranoïaque alarmiste autant que pessimiste, Impulse choisit de rester dans l'énigmatique la majeure partie du temps. Moins ancré que son modèle de 1956 dans la S.F. pure, il se contente, sans aucun effet spécial à l'appui, de montrer les changements radicaux qui s'opèrent autour du couple composé par Meg Tilly et Tim Matheson. Outre de s'inspirer a priori d'autres œuvres, il semble avoir à son tour généré quelques bâtards génétiquement modifiés. Difficile à la vision d'Impulse de ne pas penser à Panique sur la ville (Nightmare at Noon) que réalisera Nico Mastorakis, le transformant en hommage au western. En tout cas les ingrédients sont identiques en tous points. La différence entre les deux films se joue surtout au début. Dans Impulse, c'est un tremblement de Terre qui génère une modification de la bourgade au point de contaminer ses habitants, dans Nightmare at Noon cette contamination de folie meurtrière est plus explicite. Elle est le fruit d'expériences bactériologiques dont on connait d'entrée les auteurs. Impulse, de par son final, joue davantage sur le pseudo fait réel afin de faire écho à d'autres massacres conspirationnistes tandis que Nico Mastorakis le délestera de propos social pour en faire un pur film d'action.

 

 

Au final, et quoi qu'il en soit de ses sources et influences, Impulse est un petit coup de maître qui parvient à instiller un véritable climat de cauchemar au sein de cette petite ville de Californie dont les habitants ne sont en rien préparés aux actes intrigants puis criminels de leurs voisins et de leurs proches. Graham Baker faisait preuve alors d'une belle maîtrise du mystère et de la tension. Le choix de bifurquer dans l'horreur complotiste gouvernementale dans sa dernière ligne droite, tout en laissant planer le doute quant aux véritables motivations (Impulse se termine finalement là où "The Crazies" commence), est un choix bien plus judicieux qu'il n'y parait. Il permet au spectateur de quitter ce sulfatage génocidaire au cyanure avec un goût amer dans la bouche mais aussi de laisser la porte ouverte aux questionnements.

Doté d'un suspens parfaitement souligné par la partition de Paul Chihara (régulier du cinéma de Sidney Lumet et compositeur, entre autres, de La course à la mort de l'an 2000 et de Passion hantée) et campé par des acteurs convaincants dont, en premier lieu, Tim Matheson ("Magnum Force", The Runaway Barge, "American College", "Vengeance diabolique"...), Meg Tilly (véritable bombasse d'époque à sauter sa télé qu'on retrouvera dans le "Body Snatchers" version Ferrara, pour n'en citer qu'un et rester dans l'ambiance) ainsi que le regretté Bill Paxton, Impulse, malgré son statut de "méconnu et/ou sous-estimé", fait partie des fort bonnes surprises de séries B du milieu des années 80.

 

 

Mallox

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