Panique sur la ville
Titre original: Nightmare at Noon
Genre: Science fiction , Horreur , Action
Année: 1988
Pays d'origine: Royaume Uni / Etats-Unis
Réalisateur: Nico Mastorakis
Casting:
Wings Hauser, Bo Hopkins, George Kennedy, Kimberly Beck, Brion James...
Aka: Terreur sur la ville (Canada) / Death Street (USA) / Maniac City (RFA)
 

Des scientifiques, dont un dangereux chimiste albinos, se livrent à quelques expériences bactériologiques dans une petite ville de Canyonland, dans l'Utah. Le résultat ne se fait pas attendre, les habitants les plus pacifiques, voire parfois les plus vieux, se transforment dès lors en dangereux assaillants tuant tout être humain sur leur passage. Devant ces boucheries en pagaille autant subites que mortelles, un petit groupe va s'organiser autour du shérif local.

 

 

Méconnu dans nos contrées, Nightmare at Noon est un petit actionner (aux allures de shoot them'up) tardif. Aussi fauché que sympathique, bien qu'il soit un quasi-remake de Mutant de John 'Bud' Cardos et Mark Rosman, il est difficile de faire la fine bouche devant tant de générosité déployée à cent à l'heure et avec aussi peu de moyens. On doit cette petite "salade de feta" (qu'on osera, malgré la contamination dont l'eau fait ici l'objet, taxer de rafraîchissante) au grec Nikolaos Mastorakis.

Hormis Island of Death (cf. chronique), pas de titre de gloire particulier à l'actif d'un réalisateur qui, à l'aube des années 60, débuta comme acteur dans une comédie avec comme casting, un pacson de noms ressemblant à un plateau de fromages pour popes : "Nyhtoperpatimata". C'est en 1972 que celui-ci s'émancipe et commence à produire quelques B-movies dont principalement les siens ; mais pas que : il coproduira, par exemple, "L'empire du Grec", médiocre carte postale from Athens with love for The Maison Blanche mettant en scène Anthony Quinn et Jacqueline Bisset et signée par l'imprévisible J. Lee Thompson. Entre-temps, l'homme s'est déjà essayé au même mélange que celui qui nous intéresse ici, ce, dès 1976 avec "Death Has Blue Eyes" (To koritsi vomva) avec Jessica Dublin (des petits rôles notamment dans La peur au ventre, L'empire du crime ou La secte des morts-vivants). Pour le reste, et outre le titre cité en préambule, sa filmographie n'a pas laissé grande trace et ses titres de gloire se limitent à deux coproductions avec les USA : "Onde de choc" et "Le voyageur venu du temps" en 1984, mettant en scène tous deux Keir Dullea, probablement en vacances alors dans le Péloponnèse.

 

 

Pourtant, entre des titres peu attractifs dont je ne m'aventurerais pas à juger leur qualité, ne les ayant pas vus ("Meurtre dans l'objectif", "Ninja Academy"...), émerge ce Panique sur la ville, sorti en VHS en France chez Delta Video.

Hommage constant au western, celui-ci est rempli de citations du genre : ainsi aperçoit-on la pancarte de "High Noon" (Le train sifflera trois fois - le titre original est lui-même très proche) dans le vieux cinéma délabré de la ville tandis que George Kennedy affirme ne pas vouloir rejouer le rôle de Burt Lancaster dans "O.K. Corral" en citant dans un même temps "La charge héroïque" lors d'un assaut quant à lui, peu héroïque (les héros ont, dans ce chaos de folie meurtrière venue d'ailleurs, une forte tendance à arpenter des murs adjacents, prêts semblent-ils à s’entre-tuer involontairement). A ce titre, il est difficile de ne pas penser, toutes proportions gardées, au Zombie de Romero auquel on aurait substitué en lieu et place de radioactivité, de l'eau contaminée. Mais surtout, pour rester chez Romero plus que chez Carpenter qui revendiqua souvent son influence westernienne, Panique sur la ville fait surtout penser à "The Crazies" auquel on aurait délesté toute virulence politique pour la remplacer par une morale plus terre-à-terre, si je puis dire : "Mieux vaut être alcoolique que de boire l'eau du robinet !". En atteste une fois de plus George Kennedy arborant des allures de vieux tonneau en déclamant une maxime définitive : "Pas possible que je sois contaminé, ça fait des lustres que j'ai pas touché à d'l'eau !".

 

 

Vous l'aurez compris, en plus de ses références cinéphiliques assumées (toutefois, parfois un brin lourdingues à force de répétition), Nightmare at Noon est un petit spectacle très correctement torché, alerte, mais pas pour autant dénué d'humour.

Reste que dans ce déferlement plutôt rigolo de contaminés ("28 semaines plus tard" tout comme les grindhouse patchworks de Roberto Merguez peuvent aller se rhabiller de façon épileptique en terme de plaisir simple - guitare et fourche dans l'cul from Lesbos pour le dernier), pas mal de séquences autant violentes qu'amusantes viennent épicer le plaisir procuré : un vieil habitant de 70 piges décanille tout ce qui bouge (son fils avec), faisant preuve d'une force incroyable pour son âge, tout en se marrant sans discontinuer ; ailleurs, une vieille en bigoudis qui compte bien en découdre se fait emplafonner à 100 à l'heure jusqu'à être pliée en deux (mais pas de rire) ; un prêtre manie le couteau de manière furieuse tandis qu'on enferme bêtement le médecin local avec une jeune folle furieuse dans une cellule afin qu'il lui inocule un calmant par voie intraveineuse, ce avant que cette charmante créature (Kimberly Beck pour être précis / Massacre at Central High, Buck Rogers au 25ème siècle) ne lui encastre la gueule entre les barreaux.

Panique sur la ville est campé par un trio dont Bo Hopkins prend assez vite le dessus en ex-shérif de passage dans le coin ; ce dernier semble prendre un certain plaisir à retrouver ici, fusil constamment en main, ses sensations Peckinpaïennes d'antan. Quant à Wings Hauser (Vice Squad de Gary Sherman, Mutant dans lequel il côtoyait déjà Bo Hopkins), de passage lui aussi dans ce patelin de folie avec sa belle, disons qu'il semble très à l'aise.

 

 

Soit, Nightmare at Noon n'est pas le film du siècle. A le comparer avec son sympathique modèle, on pourra le trouver un petit cran en dessous (d'un point de vue stylistique et graphique, celui-ci est moins généreux, mais il rentre a contrario directement dans le vif du sujet). Néanmoins, il s'agit d'un petit soda qui se boit frais, tout fait de meurtres en cascades filmés dans un stand de tir. Cependant, la dernière ligne droite se montre un peu molle avec notamment un duel final entre Bo Hopkins et notre Albinos (cette bonne vieille gueule de Brion James) coulant un peu trop de source.

A noter enfin que, tout comme dans Night Shadows, aucune explication n'est donnée quant aux raisons de l'inoculation du produit chimique dans l'eau et en quoi elle est responsable de l'épidémie.

Dans la série des choses étranges encore et pour en rester là, on trouve au générique deux prestigieux compositeurs en charge de la musique : Stanley Myers et Hans Zimmer. Normal me direz-vous, Nico Mastorakis est un petit malin, il réutilise ici la même partition que ses "Heros Boys" et "The Wind", tournés tous deux en 1986...

 

 

Mallox

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