Diabolique docteur Z, Le
Titre original: Miss Muerte
Genre: Fantastique
Année: 1965
Pays d'origine: France / Espagne
Réalisateur: Jess Franco
Casting:
Estella Blain, Mabel Karr, Guy Mairesse, Fernando Montes, Howard Vernon, Hugo Blanco, Antonio Jimenez Escribano, Ana Castor, Jess Franco, Daniel White...
Aka: Dans les Griffes du Maniaque / Diabolical Doctor Z
 

Le Docteur Zimmer, vieil homme invalide prisonnier dans un fauteuil roulant, a consacré toute sa vie à la science. Eminent spécialiste en neurologie, il a étudié durant trente ans les centres nerveux moteurs, reprenant les travaux de son prédécesseur : le Docteur Orloff. Ce dernier pensait que l'origine du Bien et du Mal était purement physiologique, une théorie que Zimmer a mis en pratique, en découvrant la localisation de ces centres nerveux, et de ce fait il est parvenu à contrôler les cellules conditionnant le Bien ou le Mal chez un individu. Ses expériences en laboratoire sur des animaux se sont avérées concluantes, parvenant à transformer un être vivant en sujet docile ou agressif.

 

 

Zimmer vit dans un manoir isolé, aidé dans ses recherches par deux jeunes femmes : Barbara, la brune, assistante dévouée ; et Irma, la blonde, fille du docteur et brillante élève. Pour parachever ses travaux, Zimmer aurait besoin d'un être humain. Le hasard va lui venir en aide, lorsqu'un criminel s'évade de la prison avoisinante. Le fugitif, Hans Bergen, est un tueur sadique, condamné à mort. Blessé par un gardien au moment de son évasion, Bergen parvient jusqu'aux grilles de la propriété de Zimmer avant de s'écrouler inconscient. Le scientifique a enfin le cobaye dont il avait besoin. Et c'est ainsi que Bergen devient une sorte de robot obéissant au doigt et à l'oeil du savant.
Fort de cette démonstration, Zimmer et sa fille se rendent à un important congrès de neurologie auxquels participent les plus brillants scientifiques, parmi lesquels les Docteurs Vicas, Moroni et Kallman. Zimmer prend la parole, expose la nature de ses travaux devant l'assemblée, et demande à ses collaborateurs l'autorisation de poursuivre ses expériences sur des êtres humains (il s'est abstenu de parler, volontairement et prudemment, de Bergen). Le savant reçoit un tollé général de l'assemblée, qui le conspue et se moque de lui. Cette haine caractérisée de la foule à son égard provoque un arrêt cardiaque envers Zimmer, qui s'effondre dans son fauteuil roulant.Tandis qu'il se meurt, Irma jure de le venger, et de poursuivre son oeuvre...

 

 

Après "L'Horrible Docteur Orlof" et "Les Maîtresses du Docteur Jekyll", Jess Franco tente une nouvelle incursion dans l'univers des savants fous, héritée du chef d'oeuvre de Georges Franju : "Les Yeux sans Visage", qui aura inspiré moult cinéastes dans le cinéma de genre. Pimenté là aussi d'un érotisme léger, "Le Diabolique Docteur Z" innove cette fois en mettant deux femmes en vedette. L'une, Irma Zimmer (incarnée par Mabel Karr), est le cerveau criminel, une femme assoiffée de vengeance, cruelle, sans pitié, et déterminée à aller jusqu'au bout dans la promesse faite à son père, allant jusqu'à sacrifier son amour pour un médecin afin de suivre la destinée qu'elle s'est imposée. L'autre, Nadia / Miss Muerte (interprétée par la magnifique Estella Blain), personnifie l'instrument de la vengeance, la Veuve Noire, belle, froide et implacable, contrôlée par Irma. Artiste de cabaret, exécutant un spectacle alliant charme et esthétisme, elle magnétise les hommes, et son nom de scène, Miss Muerte, va lui coller à la perfection dès lors qu'elle aura pour mission d'exécuter, grâce à ses ongles acérés enduits de curare, tous ceux qui ont causé (même si c'est involontairement) la mort de Zimmer. Après les serviteurs difformes et défigurés de "L'Horrible Docteur Orlof" et des "Maîtresses du Docteur Jekyll", Miss Muerte propose une alternative radicalement différente, un zombie charismatique et troublant comme on n'en avait jamais vu.

 

 

"Le Diabolique Docteur Z" constitue l'un des Franco "première époque", dans sa période de productions franco-espagnoles qui s'est avérée particulièrement riche et intéressante, et durant laquelle le metteur en scène a démontré une constance dans la qualité, ce qui ne lui arrivera que trop rarement par la suite. "L'Horrible Docteur Orlof", "Le Sadique Baron Von Klaus", "Les Maîtresses du Docteur Jekyll" et "Le Diabolique Docteur Z" témoignent de la passion que porte Franco envers ses inspirateurs : les films de la Universal, Fritz Lang, Georges Franju... un patchwork hétéroclite réuni par cet amour de Franco pour le cinéma. Cette période "savants fous" est un hommage au "Fu Manchu" de Charles Brabin, et au "Docteur Mabuse" de Fritz Lang. Le noir et blanc magnifie ce film d'aventures, mêlant fantastique, horreur et science-fiction, et malgré un rythme inégal, le travail effectué par le scénariste Jean-Claude Carrière, qui travaillera avec Bunuel en plusieurs occasions, est dans l'ensemble satisfaisant. La musique, due encore une fois à l'inséparable complice de Franco : Daniel White, est évidemment jazzy.
Pour ce qui est des acteurs, outre Estella Blain et Mabel Karr, on retrouve bien sûr l'incontournable Howard Vernon, l'acteur français Gui Mairesse et Hugo Blanco, qui jouit déjà dans "Le Sadique Baron Von Klaus" et "Les Maîtresses du Docteur Jekyll". Notons la présence des deux complices, White et Franco, en inspecteurs de police placides et désinvoltes.

 

 

En résumé, "Le Diabolique Docteur Z" fait partie des bons Franco, bénéficiant d'un vrai scénario, d'acteurs correctement dirigés et d'une superbe photographie. Tourné comme un "serial", il lui manque juste une forte dose de rythme dans l'action pour être très bien. Un aspect statique qui est l'un des pêchés mignons du cinéaste, lui qui a toujours aimé s'attarder sur un élément du décor, au détriment de l'intrigue. Mais ne boudons pas notre plaisir, le film recèle suffisamment d'agréables surprises pour qu'il constitue au final un spectacle satisfaisant.

 

Note : 7/10

 

Flint
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