Attaque des Crabes Géants, L'
Titre original: Attack of the Crab Monsters
Genre: Agressions animales
Année: 1957
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Roger Corman
Casting:
Pamela Duncan, Richard Garland, Russell Johnson, Leslie Bradley...
 

Des scientifiques sont envoyés sur une île à la localisation non spécifiée afin de retrouver une poignée de collègues qui ont mystérieusement disparu. Ils y découvriront les raisons : l'île fut un ancien terrain d'essais nucléaires, et les radiations ont provoqué la mutation de la faune locale, principalement des crabes.
Ceux-ci, en plus de leur acharnement à se nourrir de tous les humains qui passent, ont de plus acquis des dons télépathiques, obtenus après avoir mangé le cerveau de leurs victimes. Comble de la malchance, l'île tombe littéralement en morceaux, et n'existera bientôt plus. Ce qui n'est pas pour arranger nos protagonistes, qui sont de plus dépourvus de tout moyen de communication avec l'extérieur...

 

 

Un tel scénario (signé du fidèle Charles B. Griffith) laisse bien entendu peu de place aux tergiversations. La multiplicité des problèmes rencontrés par notre groupe de scientifiques donne ainsi lieu à un suspense plutôt bien construit, reposant sur un danger pouvant se présenter à tout moment. La première victime, très tôt dans le film, sera décapitée dans l'eau. Ce qui permet ainsi de présenter les crabes géants non pas aux personnages (qui n'auront vu que le corps du mort), mais au public.
A partir de là, la première partie du film s'intéressera à l'exploration de l'île. Sachant qu'il se trame quelque chose de particulier, mais ne sachant pas quoi, et n'imaginant pas qu'il s'agit de crabes géants, les scientifiques seront donc sous une menace dont ils n'ont pas idée. Le suspense naît de ce décalage entre le savoir du public et celui des protagonistes. Mais comme tout va très vite dans ce film d'à peine plus d'une heure, les méthodes vont ensuite changer, une fois la vérité découverte.
Si l'effet de surprise ne tient plus, en revanche les capacités télépathiques acquises par les crustacés, s'exprimant par les voix de leurs anciennes victimes, vont redonner un nouvel élan au suspense.
Car bien entendu, cela va intriguer les personnages toujours en vie (car oui, à ce stade du film, le nombre de disparus ou de morts est déjà relativement conséquent). Ainsi, leurs esprits scientifiques vont les pousser à se rendre dans les pinces des crabes, qui les auront préalablement appelés à eux. Et quand ce stratagème sera compris, et bien il ne restera plus grand chose : l'érosion de l'île, et les crabes qui forcément se feront plus proches conduiront les survivants à devoir affronter leurs ennemis.
Ainsi, le film présente une progression scénaristique logique renouvelant constamment l'intérêt de l'intrigue. Il eut été facile d'adopter un schéma classique, avec des crabes tuant ce qui leur passe sous la pince pendant une heure. Mais ce n'est donc pas le cas, et le film repose essentiellement sur des diptyques d'apparition et de découverte de nouveaux dangers, rythmant efficacement ce qui nous est donné à voir. C'est heureux, car autrement le film aurait pâti de son manque de fond.

 

 

Car contrairement à ce qu'il proposait généralement, Corman n'a pas ici placé de préoccupations personnelles, se contentant d'exploiter le thème de base de la science-fiction des années 50, à savoir les risques de l'atome. On sent le cinéaste plus attiré par la forme de son film, notamment à travers les quelques scènes sous-marines, inspirées de l'aveu même des techniciens par les films de feu le commandant Cousteau. Concernant les crabes en eux-mêmes, et bien ils sont plutôt réalistes : à l'instar des vrais crabes, ils ne ressemblent à rien.
Construits en papier mâché, seuls leurs yeux sont quelque peu ridicules. Il faut dire que le réalisateur évite de trop s'attarder sur ses crustacés, conscient qu'une omniprésence aurait non seulement desservi leur côté réaliste, mais aurait aussi amoindri l'impact des monstres aux yeux du public. Ce qui ne veut pourtant pas dire qu'ils restent inactifs : comme évoqué plus haut, le taux de mortalité est plutôt élevé, et s'accompagne en outre d'actes relativement gores pour l'époque : tête arrachée, main arrachée...
Bref, un film certes sympathique, mais plutôt convenu. On déplorera même le manque d'érotisme, avec un seul personnage féminin (assez inutile, il faut bien le dire) qui se promène quelques fois en maillot de bain. Il s'agit donc d'un Corman mineur, rendu cependant célèbre en France par sa présence dans les Craignos Monsters de Jean-Pierre Putters.

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley

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