Dard Mortel, Le
Titre original: The Deadly Bees
Genre: Horreur , Epouvante , Fantastique , Agressions animales
Année: 1966
Pays d'origine: Grande-Bretagne
Réalisateur: Freddie Francis
Casting:
Suzanna Leigh, Guy Doleman, Frank Finley, James Cossins, Catherine Finn, Michael Ripper, Anthony Bailey, John Harvey, Katy Wild, Tim Barrett...
Aka: Sta dihtya tou dolofonou (Grèce) / Смертоносные пчелы (U.R.S.S.)
 

Vicki Robbins, jeune chanteuse pop, souffre de surmenage. Bien que cela ne soit pas du goût de son manager, elle est contrainte au repos et s'en va passer quelques jours tranquilles dans une ferme de la petite île de Seagull Island. Pas de chance, la relaxation sur place est vite supplantée par un étrange phénomène : des abeilles tueuses apparaissent puis sévissent. D'abord sur un cheval, ensuite sur le chien, puis la femme du fermier qui lui sert d'hôte. Vicky, avec l'aide du vétérinaire local, se met à enquêter.

 

 

The Deadly Bees est avant tout l'adaptation d'un roman écrit par H.F. Heard, "A Taste for Honey". Adaptation dont se charge Robert Bloch pour la fameuse rivale des studios Hammer, la Amicus. Il s'agit pour le scénariste-écrivain de "Psychose" de faire une œuvre originale tout en s'inspirant du fameux "The Birds" d'Alfred Hitchcock, œuvre séminale ô combien porteuse d'un colossal bestiaire cinématographique agressif, ce pour le plus grand plaisir des amateurs d'épouvante animale sur grand écran. Bloch élabore son script en pensant à deux acteurs, Christopher Lee et Boris Karloff. Robert Bloch, après deux collaborations inspirées avec William Castle (La meurtrière diabolique, Celui qui n'existait pas) commence une autre collaboration encore plus fructueuse avec Freddie Francis. Les deux hommes ont déjà tourné "Le Crâne maléfique" et "Poupées de cendre" (The Psychopath), s'ensuivent ce Dard mortel (que d'aucuns prendront pour un porno assassin) puis "Le jardin des tortures". En attendant, problèmes budgétaires autant que de timing faisant, la production revoit assez vite ce projet à la baisse, et le scénario passe alors dans les mains d'un autre scénariste, Anthony Marriott. Un fait qu'a toujours déclaré regretter l'auteur de "Psycho", celui-ci considérant son bébé trop peu développé, prématuré. Quoi qu'il en soit, avec The Deadly Bees, Bloch fait la boucle avec le sieur Hitchcock, fait que l'on retrouve illustré à l'écran dès l'une des premières scènes où le groupe Britannique "The Birds" (dans lequel débutait un certain Ron Wood, futur guitariste pour Jeff Beck Group, The Small Faces puis les Rolling Stones au milieu des années 70) interprète un morceau pour une émission de télévision.

 

 

À l'arrivée, bien que souvent déconsidéré, The Deadly Bees est loin d'être aussi médiocre que le niveau où on l'a situé puis assis depuis belle lurette. Certes, les effets spéciaux dus à Michael Collins (La momie sanglante, "Les chiens de guerre"), conjuguant superposition d'images et abeilles en plastique, peinent à convaincre et pour cause, l'apoïde est par essence de si petite taille que les contours noirs qui caractérisent ces effets spéciaux sont presque aussi épais que l'insecte lui-même. Mais le temps qui passe a tendance à se montrer clément avec ce genre d'imperfections. On peut facilement relativiser ce "vice" de fabrication et pour cela il n'y a qu'à regarder les contours dont sont pourvus certains oiseaux du classique d'Hitchcock et, plus encore, se projeter au jour d'aujourd'hui où l'effet spécial numérique et le rajout synthétique font autant rêver qu'un coït virtuel sur chaise PC. De même, à situer Le Dard mortel dans le guêpier du cinéma d'épouvante, et plus particulièrement celui de la ruche filmique, ce dernier n'a rien à envier aux productions plus tardives comme "La révolte des abeilles" de Curtis Harrington, The Savage Bees de Bruce Geller, "L'Inévitable Catastrophe" d'Irvin Allen, "The Bees" d'Alfredo Zacarías, "Terreur dans le ciel" de Lee H. Katzin. On peut même affirmer que Le dard mortel en surclasse plusieurs parmi ces titres, et sans parler de quelques abominations des années 2000 telles que "Flying Virus", "Swarmed" et autres "Essaim mortel"...

 

 

Soit, l'histoire est aussi simple et conventionnelle que celles à base de maisons hantées dans des périodes de deuil, mais les qualités sont ailleurs. The Deadly Bees peut se targuer, outre de garder un rythme plutôt énergique, d'être doté d'une direction artistique appréciable. Elle est due au très talentueux Bill Constable ("Les drakkars", "Le train des épouvantes") et bénéficie d'une photographie très réussie, rendant la campagne anglaise tout à fait tangible alors que le film est tourné dans les studios de la Twickenham Film, situés dans le Sud-ouest du Grand Londres. Elle est signée John Wilcox qui illustre son talent à l'écran depuis le début des années 50 ("Le banni des îles" de Carol Reed) avant d'entamer une longue et riche carrière dont on ne citera que quelques titres afin que chacun situe son talent : Nightmare, "Hysteria", "L'empreinte de Frankenstein", "Dr Who contre les Daleks" (et sa suite), "La vallée perdue", La Légende des 7 vampires d'or.
La musique de Wilfred Josephs ("Les Crocs de Satan", "Le Manoir des fantasmes"), dirigée par l'incontournable Philip Martell, est à l'avenant et souligne parfaitement l'action. À ce niveau, The Deadly Bees peut aussi se prévaloir de receler deux ou trois scènes assez marquantes : soit, on est un peu désolé pour le toutou, encore qu'on évite du coup les sentiments mielleux, tandis qu'ailleurs, deux attaques sont fort bien conduites : l'une sur la femme du fermier (Catherine Finn) dont le visage s'en trouve ravagé, l'autre sur notre héroïne, dans sa propre chambre. De sympathiques moments de suspens qu'on aurait bien tort de bouder.

 

 

Quant aux acteurs, si le tandem bon/méchant composé par Guy Doleman (le Colonel Ross de la série des Harry Palmer, "Opération Tonnerre", mais aussi le numéro 2 du premier épisode du "Prisonnier") et Frank Finlay (Twisted Nerve, La Cible hurlante, Ni la mer ni le sable, Meurtre par décret, Lifeforce...) ne peut prétendre rivaliser, en tout cas sur le papier, avec le couple Lee/Karloff initialement envisagé, il s'en sort sans éclat particulier mais toutefois fort honorablement. Ailleurs, on reconnait la bonne tête de Michael Ripper, ici en aubergiste, un habitué des productions Hammer et Amicus (Le Fascinant capitaine Clegg, La Revanche De Frankenstein, "Les maléfices de la momie", L'Invasion des morts-vivants, Les Cicatrices de Dracula...) tandis que dans le rôle principal Suzanna Leigh (Plus féroces que les mâles, Le Peuple des abîmes) se montre convaincante tant et si bien qu'il est possible que de manière un peu sournoise, le film lui doive au final un peu plus qu'on ne le pense.

Bref, malgré ses attaques d'hyménoptères qui piquent un peu les yeux, son coupable trop vite "reniflable" et ses explications finales un brin simplistes, The Deadly Bees demeure un film à demi-réussi, pas vraiment mortel, mais tout compte fait sympathique.

 

 

Mallox

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