Ils
Genre: Horreur , Thriller
Année: 2005
Pays d'origine: France
Réalisateur: Xavier Palud, David Moreau
Casting:
Olivia Bonamy, Michaël Cohen...
 

Voici donc un autre postulant au renouveau du cinéma d'horreur hexagonal ; peu d'argent est alloué pour le moment au genre chez nous ; gageons que cela ne durera pas et que l'on saura retenir désormais les leçons des erreurs passées ; il est vrai que l'on cherche encore la formule, et hormis le tandem Aja / Levasseur qui a réussi (Haute tension) puis transformé (La colline a des yeux) son coup, ou un peu plus en deçà, Pascal Laugier avec son "Saint Ange", que cette formule semble difficile à trouver !
Pour mémoire, je ne citerai que "Brocéliande" ou "Promenons-nous dans les bois", pathétiques projets sans ambition aucune ; je trouve personnellement et ce en général, que la mayonnaise a bien du mal à prendre, et lorsque je les compare avec ce qui se fait chez les Ibères, ça ne rajoute qu'à ma frustration vu l'incroyable technicité qu'ils sont capables de produire pour des budgets pourtant peu conséquents eux aussi.
Xavier Palud et David Moreau (après quelques courts-métrages remarqués) viennent donc ici tenter leur chance qu'on leur accordera très volontiers, avec même un poil de cul de chauvinisme que j'assume pour le coup, et là, changement de recette ; Palud et Moreau misent tout sur un survival, sans canevas précis autre que l'action elle-même, ce doté d'un narratif reposant sur un unique postulat : Qui ? Et bien pourquoi pas ?

 

 

L'histoire pour "éclaircir" son titre se résume ainsi : Clémentine (Olivia Bonamy) fraîchement installée avec son ami Lucas (Michaël Cohen, écrivain débutant), pratique des cours de français dans un lycée de Bucarest ; tranquilles dans leur immense et vieille maison perdue en pleine campagne, ceux-ci sont alertés une nuit par des bruits et de la musique venant de l'extérieur ; inquiets, ils sortent pour s'apercevoir que leur voiture a changé de place et Avant qu'elle soit volée sous leurs yeux.
Médusés, ils rentrent chez eux, les bruits persistant, ils se rendant à l'évidence : des intrus rodent autour de la maison ; dès cette prise de conscience, ils n'ont pas le temps de réfléchir que les intrus semblent vouloir y pénétrer, coupant et l'électricité, et le téléphone, multipliant les bruits étranges... le film commence alors et l'on rentre alors au sein dans Un huis clos dans lequel le couple doit faire face à ses mystérieux assaillants...
D'entrée de jeu la donne est donc simple et les choix graphique également ; "Ils" est entièrement filmé en vidéo, et se veut brut de décoffrage avec son teint charbonneux. Pas de justification, pas de revendication non plus ; les agresseurs semblent vouloir rester anonymes, leurs motivations semblent absentes, jusqu'à un dénouement que je dévoilerai pas ; et l'on est (heureusement) loin d'un "Blair Witch", Palud et Moreau ce qui les intéresse ici, c'est de faire de la mise en scène, et c'est là que le bas blesse.
En effet, le film ne sait jamais choisir son camp ; d'un côté, il revendique une histoire vraie et pose ses balises là-dessus dans son choix esthétique radical, et d'autre part dans sa structure, il ne cesse d'aller dans l'autre sens et de vouloir embrasser le film de genre ce qu'il aurait été naturellement ; nous n'avons pas droit au final à la plongée brutale tant attendue dans un univers qui ne serait qu'agression, et il aurait fallu pour cela peut-être donner l'explication d'entrée afin que nous puissions nous concentrer sur ce côté barbare plutôt que de vouloir jouer sur deux tableaux à la fois ; jamais le film n'arrive à relier de façon cohérente le côté slasher brut et le mystère du "Qui ?", alors qu'il revendique ouvertement ces deux points de vue.

 

 

L'introduction des personnages m'a parut à cet égard inutilement longue et révélatrice de ce "mort la queue" ; alors qu'un plan (une correction de copies ? Un plan en salle des profs ?) aurait suffit, Palud et Moreau introduisent leur film comme un vrai film fantastique : carton d'avertissement "attention histoire vraie", puis, pré-générique (agression de deux autochtones, réussie car crue directe et réaliste par rapport à l'histoire Vraie qu'on nous annonce) et hop une scène d'école interminable, retour vers la maison, passage de Clémentine devant le lieu de l'agression, présentation de Lucas... Voilà qui est bien long, et fait ses concessions du reste très conventionnelles à la mise en place d'un fantastique des plus basiques.
On se dit alors que c'est peut-être un petit raté sans conséquence, et puis non, finalement, tout le film va se dérouler de cette manière, le cul entre deux chaises, générant chutes de rythmes et ruptures de tons, et plus gênant encore, un manque de conviction ou plutôt d'engagement plus conséquent des comédiens, ce qui finit également par nuire aux scènes les plus réussies du film ; si Olivia Bonamy passe tout juste, Michael Cohen paraît bien pâle et semble se tromper de film avec un jeu "Cours Florent", et finissent par donner au film des airs répétitifs et au final assez anonyme.
Dommage une fois de plus, car la conclusion venant, elle vient in-extremis relier le film de façon presque tétanisante, car elle reprend là où le film avait tenté de commencer avant de s'égarer trop souvent dans des détours évitables, plus convenus et souvent trop longs, empêchant la retranscription brut de décoffrage voir sans concession qu'il prétendait pourtant être.

 

 

Il s'agit là d'un premier film, et l'on pardonnera tout de même assez facilement ce qui ressemble à une grosse hésitation de parti-pris de jeunes metteur en scène assez prometteurs par moment, mais force est d'admettre que ce n'est pas joué d'avance.

 

Note : 5/10

 

Mallox
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