Incroyable alligator, L'
Titre original: Alligator
Genre: Horreur , Agressions animales
Année: 1980
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Lewis Teague
Casting:
Robert Forster, Robin Riker, Henry Silva, Dean Jagger, Jack Carter, Michael V. Gazzo, Sydney Lassick, Perry Lang...
 

Venu tout droit de l'école Roger Corman avec des participations notamment, au sein de films de Monte Hellman ("Cockfighter") ou de Johnatan Demme à ses débuts ("Crazy Mama"), Lewis Teague n'a rien d'un premier de la classe. On le constate à la (ré)vision de cet alligator peu croyable, assez rigolard mais pas trop non plus, spectacle mollasson dont les principales qualités restent le plaisir de voir quelques beaux noms défiler au générique. Il ne faudra pas attendre du metteur en scène de "Cujo" "Cat's eye", ici encore en train de faire ses gammes avant les mini reconnaissances précitées à venir et après un "Dirty O'Neil" co-réalisé en 1974 avec Leon Capetanos, que je n'ai pas vu et que je ne saurais donc juger.
Dans les années 60, après un spectacle dans les Bayous, un couple cède au caprice de leur fille et la laisse ramener dans leur appartement de Chicago un bébé alligator. Les parents se lassent assez vite de la bestiole qui plus est en pleine croissance et qui monopolise toute l'attention de leur fille, tant et si bien que celui-ci finit dans les toilettes, sans qu'on oublie de tirer la chasse. Ce ne sera pas sans conséquence puisque les années passant, on retrouve de plus en plus de corps déchiquetés dans les égouts, avant de s'apercevoir qu'ils sont le fait d'un énorme alligator. La police est sur le qui-vive et l'officier David Madison se met en tête d'éliminer le monstre...

 

 

Il est vrai autant que je me souvienne qu'au début des années 80, il y eu une mode (qui dure encore) d'achat de petits animaux qui malheureusement grandissaient trop vite et finissaient précocement dans les toilettes. Si les scénaristes semblent s'être reposés sur un ou plusieurs faits divers de l'époque, c'est surtout sur les succès de classiques seventies comme "Les dents de la mer" et à l'instar du cinéma transalpin du moment ("La Mort au Large", "Le dieu Alligator") que surfent donc le talentueux conteur d'histoire et son scénariste. On pourrait presque dire que ça avait commencé avec les ennuyeuses "Mâchoires infernales" de William Greffe, ce, dès 1976. Voici donc que Frank Ray Perilli après les mémorables "Massacre mansion" ou "Zoltan, le chien sanglant de Dracula" écrit cette histoire, scénarisée ensuite par le très talentueux et très hétéroclite John Sayles ici quasi-débutant puisqu'il n'a participé alors qu'à quelques films comme le sympathique "Piranhas" l'année précédente (puis "Hurlements" en 1981), mais deviendra un peu plus tard une figure intéressante du cinéma US indépendant, ce, comme réalisateur avec des film comme "Lone Star" ou "City of hope".
On ne peut pas dire pourtant que le scénario tienne la route, mais c'est surtout la mise en scène assez plate qui reste le défaut majeur de cette exploitation au préalable pas moins sympathique qu'une autre. C'est assez mou du genou, et le manque de moyen s'en ressent. On nous montre assez peu la bête, et l'une de ses premières apparitions se fera même par son ombre sur le mur de l'égout. Ensuite, on aura à l'instar de la plupart des produits quelque peu fauchés, des bouts, à savoir une demie mâchoire filmée en plan subjectif donc, puis une queue, puis un oeil, puis des attaques très rapides tant et si bien qu'on y voit pas toujours grand-chose, puis l'alligator dans son intégralité dont on tentera de discerner les roulettes qui le font se mouvoir. Bref, c'est chiche, et ça fait tout le charme de ce genre de production sauf que ça ne fonctionne pas très souvent. En atteste cette attaque lors d'une Garden Party qui ne fait jamais peur, mais fait bien rigoler. Malheureusement on ne rigole peut-être pas assez ici.

 

 

Alors pour se consoler, on est content d'y retrouver l'excellent Henry Silva qui vient y faire une apparition tragi-comique à base de crétinisme héroïque prêt à tout faire sauter dès qu'il le peut, tout ça pour finir de façon pathétique dans la gueule du monstre, croqué comme une saucisse apéritif. Bravo en passant donc à Monsieur Silva pour cette preuve d'humour et d'autodérision bienvenue. Quant à Perry Lang, peu convaincant comme acteur ci, on le retrouvera assez vite derrière la caméra dirigeant un peu tout et n'importe quoi pour la télévision. Ça va de "Millenium" en passant par "NYPD Blue", "Dawson Creek", "Charmed", "Alias", etc... (La liste est longue). Mon plus grand plaisir fut d'y retrouver le formidable Dean Jagger décédé au début des années 90, laissant une filmographie impressionnante en nombre, en films et prestations de grande qualité. "40 tueurs" de Samuel Fuller, "Elmer Gantry" de Richard Brooks, "La lettre du Kremlin" de John Huston ou encore l'épatant "Vanishing Point" de Richard C. Sarafian pour ne citer qu'eux, et avec sa bonhomie rondouillarde, ce fut un plaisir de l'y retrouver. Quant à Roberts Forster, qu'on retrouvera dans le "Vigilante" de Lustig, ma foi, sans transpercer l'écran, il ne démérite pas et parvient à rester convaincant.

 

 

Vous l'aurez donc compris, cet "Incroyable alligator" reste niveau plaisir personnel, assez annexe, et j'avoue qu'à la revoyure, j'y ai trouvé le temps parfois un peu long. Et puis cette mauvaise manie américaine à tout résoudre en faisant tout péter m'a toujours déplut, d'autant qu'on sait d'entrée que ça finira de la sorte. Peut-être aussi que Lewis Teague n'a-t-il pas le talent nécessaire pour pouvoir prétendre offrir ici, à la fois un Bis efficace, et un spectacle réjouissant et plus délirant. Du coup, on repart un peu frustré malgré de bons moments. Dans le genre, et dans ce que j'ai pu voir récemment, autant aller vers une oeuvre, tournée la même année, et qui offre selon moi l'addition escomptée, à savoir, les bien plus funs "Monstres de la mer" de Barbara Peeters.

 

Note : 5/10

 

Mallox
 
A propos du film :
 
# A noter la présence, en tant que journaliste TV, de Sue Lyon, son dernier rôle au cinéma.

# Le film est sorti chez nous en vhs dans dans la mythique collection "Sangria" de l'éditeur Antares.
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