Killing of Satan, The
Genre: Satanisme
Année: 1983
Pays d'origine: Philippines
Réalisateur: Efren C. Piñon
Casting:
Ramon Revilla, Elizabeth Oropesa, George Estregan, Charlie Davao...
 

Quand on pensait avoir tout déboisé en matière d'improbabilité cinématographique et d'inénarrabilité celluloïdale en provenance des quatre coins du globe... C'était négliger un peu précipitamment les fieffés philippins qui savent s'y prendre pour garder longtemps sous le bras de sacrées zèderies issues de leur patrimoine pour mieux nous les balancer à la gueule au fil du temps. Et ce "Killing of Satan" est un sérieux outsider dans la course au film le plus débile de la création. Par où commencer ? Par le début, pardi, c'est à dire par un résumé limpide au maximum de la "bête", pour peu qu'on y pige quelque chose. Le générique d'ouverture défile sur les images d'une bizarre procession de fanatiques religieux en haut d'une colline, s'infligeant quelque supplice dans le but de communier avec leur con de dieu. Certains se trimballent une croix imposante sur le dos tandis que d'autres se flagellent avec des bâtons, voire s'entaillent le corps à coups de machettes.
Surgit alors un type en collant rouge, flanqué d'une poignée de sbires. Le gus a pas l'air commode, d'ailleurs, voilà qu'il s'en prend au chef des martyrs en lui balançant des rayons laser du bout de ses doigts. Le vieux réplique à son tour de la même manière ; ça agace notre ami en collants qui se débarrasse définitivement de son adversaire en lui déboîtant littéralement la tronche qui se met à tournoyer alors à 360° à une cadence infernale. Seule la tête du malheureux est cadrée, sans recours à une accélération de l'image, si bien que l'on soupçonne fortement l'emploi d'un mini-tourniquet. En tout cas l'effet est "tordant".

 


On enchaîne avec la rencontre de notre héros, Lando (Ramon Ravilla), un repris de justice vivant à quelques kilomètres de là avec sa femme (Elizabeth Oropesa, actrice très populaire dans son pays, déjà employée par le Pape Eddie Romero mais aussi le tâcheron Cirio Santiago) et sa gamine. Un soir, un gang local lui loge une balle entre les deux yeux mais il survit miraculeusement, ne conservant même pas un seul stigmate. Là encore, y'a d'la magie dans l'air. Faut dire que la veille, le Lando avait cauchemardé puissant. Dans son rêve, le vieux gourou de la secte du début qui est en fait son oncle le suppliait de venir sur son île en raison d'un grave danger guettant à l'horizon, avant de se ramasser un rocher déboulant du haut d'une carrière. Accueillant sa guérison surnaturelle du lendemain comme une prophétie liée à son oncle, il décide de se rendre sur l'île en question en compagnie de sa petite famille.
En effet, quelque chose cloche sur place puisque Satan en personne y a élu domicile, dans des cavernes avoisinantes. Le sagouin, décidément infréquentable, kidnappe la fille de Lando qui n'a plus d'autre alternative que d'aller l'extirper des pattes du Malin. Son périple jusqu'à l'antre diabolique sera parsemé d'altercations inopinées en tous genres, du zombie aquatique en très piteux état à l'homme-lézard à la langue fourchue grimpant aux murs, en passant par la sorcière se métamorphosant en berger allemand et la sensuelle femme-serpent jusqu'à, enfin, son ennemi mortel number one, alias le Satan le plus ridicule jamais envisagé au cinéma, à l'accoutrement aussi terne qu'ubuesque : un jogging rouge, une cape, une barbichette, des cornes et une fourche, et emballé c'est pesé. Non mais c'est vrai, pourquoi s'emmerder la vie quand on peut donner dans le dépouillé. Alors, après, j'vous l'donne en mille : Lando fout une branlée à ce guignol à peine digne d'un clip d'Annie Cordy, récupère sa mioche et rentre chez lui, fiérot. FIN.

 


L'ensemble peut sembler abracadabrantesque comme ça, à se paumer sans cesse en séquences psychotroniques mammouthesques, la trame de fond n'en reste pas moins affligeante de simplicité et de symbolisme à deux balles puisque le spectateur vient d'assister ni plus ni moins à l'ancestral affrontement du bien et du mal. Christianisme (personnifié à l'écran par un énigmatique vieillard barbu à l'aura vaguement angélique que rencontrera Lando et qui l'aidera par la suite à mener à bien sa quête) contre le satanisme. Une lutte vieille comme le Monde, bien planquée derrière un barda tape-à-l'oeil d'effets spéciaux ravageurs (et parfois gores à l'image de cette femme possédée arrachant à pleine main la joue de son compagnon avant que son buste n'explose de l'intérieur) et de rayons laser à profusion.
Il y en a d'ailleurs pour tous les goûts : à spirale, en éclair, en tourbillon, en boule de feu, etc. Le point culminant étant atteint lors d'une démonstration de pouvoirs magiques entre les habitants de l'île et les acolytes de Satan. Ca flashe à tout va à l'écran, si bien qu'on finit par se demander si le tube cathodique du téléviseur n'est tout simplement pas en train de rendre l'âme. Enfin, qui n'a pas vu la séquence stupéfiante de connerie dite du "duel de regard" opposant deux sorciers antagonistes pif contre pif, se biglant en louchant dans le blanc des yeux pour annihiler leur puissance interne respective ne peut réellement comprendre la portée drolatique de la chose. En fait, le film d'Efren C. Piñon (également responsable du piètre "Fureur aveugle" avec Fred Williamson et D'urville Martin, multi-diffusé en cassette française) appartient à ce type d'oeuvre à haute teneur Z dont il est difficile de retranscrire sur papier tout le potentiel comique involontaire. A découvrir donc de ses propres yeux écarquillés.

 

 

Throma
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