Poupée diabolique, La
Titre original: The Devil Doll
Genre: Horreur , Epouvante , Fantastique , Macabre
Année: 1964
Pays d'origine: Grande-Bretagne
Réalisateur: Lindsay Shonteff
Casting:
Bryant Haliday, William Sylvester, Yvonne Romain, Sandra Dorne, Nora Nicholson, Alan Gifford...
Aka: La poupée sanglante (Belgique) / El muñeco diabólico (Espagne) / Il mostro e le vergini (Italie)
 

A Londres, Mark English (William Sylvester) et Marianne Horn (Yvonne Romain) vont assister au spectacle du grand Vorelli (Bryant Haliday), marionnettiste et hypnotiseur. Marianne est choisie pour un numéro de magie. Quelques jours après, elle tombe malade et est victime d'étranges hallucinations. Mark entreprend alors une enquête auprès de ce mystérieux personnage. D'autant plus qu'à la fin du spectacle, il s'est aperçu que la marionnette, Hugo, saluait le public, sans aucun fil...

 

 

1963 est une petite date pour le romancier et nouvelliste Frederick E. Smith puisque ce dernier voit scénariser, outre l'un de ses romans d'aventures guerrières ("Mission 633" avec Cliff Robertson et George Chakiris), l'une de ses histoires qui fournira donc la base de The Devil Doll.
Sorte de rip-off de Dead of Night dont même le prénom Hugo lui cligne de l'oeil, La poupée diabolique se singularise par le fait que notre antihéros n'est pas seulement ventriloque mais également hypnotiseur, ayant par ailleurs la capacité de jeter des sorts.
Une grande part de l'histoire, et c'est l'un des énormes défauts du film, tient dans le fait qu'un sort est jeté sur Marianne (Yvonne Romain/Le fascinant capitaine Clegg, "La nuit du Loup-Garou") par notre ventriloque-hypnotiseur. Ce pendant de l'intrigue principale ne nous amènera nulle part au final : c'est avant tout l'antagonisme entre le ventriloque et la marionnette Hugo qui nous intéresse. Pourquoi Hugo est-il enchaîné dans une cage ? Que vont nous révéler les flash-back du film à ce propos ? Qui du ventriloque ou de la marionnette prendra l'âme de l'autre et pour quelles raisons ? ... On est en droit de juger qu'à force de surcharge, l'ensemble se mélange un peu les pédales et les ficelles de The Devil Doll s'avèrent être aussi visibles que celles d'un spectacle de marionnettes.
Bref, les scénaristes nous prendraient presque pour des guignols...

 

 

Du coup, le spectateur pourrait presque s'imaginer qu'il s'agit d'un simple rapport de jalousie entre une marionnette possessive et un ventriloque manipulateur aux intentions troubles, bien que nocives.
A charge encore, notre journaliste américain (dont le nom est Mark English), qui semble enquêter de façon légère et dilettante. Intrigué au début et désireux d'en savoir plus, il convie le ventriloque et son inséparable ami chez lui pour un spectacle privé, mettant en danger celle qu'il est censé convoiter. Cela nous vaut cependant quelques moments intrigants, dont notre marionnette sortant de sa cage, venant le voir la nuit afin de solliciter son aide.

A cet égard, la composition de William Sylvester reste assez pâle : trop candide pour être crédible, évoluant dans une intrigue annexe qui détourne l'histoire et le film avec, de son véritable enjeu dramatique et son récit de pure épouvante, ce au profit d'un fantastique factice.
Toujours concernant les acteurs et d'une manière plus globale, Yvonne Romain est parfaite tandis que Bryant Haliday (La Tour du diable) en fait beaucoup trop dans le genre "habité par le mal", pour finalement composer un personnage sans nuance aucune.

Outre les défauts présents dans la version européenne, la version américaine semble plus absurde encore puisqu'une scène où l'une des protagonistes (Sandra Dorne/"Operation Murder") menace de révéler les exactions du "Grand Vorelli" fut purement et simplement supprimée au profit d'un numéro de strip-tease (voir la fiche dvd). En supprimant cette scène, la raison pour laquelle celle-ci est ensuite assassinée par Hugo disparait.

 

 

Ce qui sauve le film de la médiocrité et en fait, finalement, un spectacle honorable tient en partie dans sa sexualité latente, notamment lors d'une séquence où le pantin peut se voir comme un voyeur, rentrant alors dans la chambre à coucher où Magda dort, glanant presque à ce moment son statut d'humain tandis qu'il s'apprête à la tuer. En tout cas, La poupée diabolique ne méritait aucunement de subir les gloussements primates de MST3K (*).

Une autre des qualités de The Devil Doll est la mise en scène de Lindsay Shonteff qui, sans être transcendante, compose quelques scènes macabres de bonne facture. A ce titre, la femme-poupée ramenée par Vorelli à Hugo ne subira pas le même sort que la fiancée de Frankenstein, loin s'en faut, mais se verra purement et simplement écrasée à coups de talon par notre pantin. Un pantin par ailleurs très réussi, doté d'un rictus immuablement aimable et souriant, mais parvenant à susciter une réelle inquiétude, en tout cas bien plus que celui qui a priori semble parler pour lui et qui, selon Mark English, aurait transféré l'âme de son ancien assistant dans la marionnette...

En l'état, The Devil Doll reste dans la moyenne correcte des productions de Richard Gordon, responsable en amont de films tels que "Corridors of Blood", Des filles pour un vampire, La Griffe de Frankenstein, La tour du diable ou encore Inseminoid.

 

 

(*)

 

Mallox

 

En rapport avec le film :

# La fiche dvd Artus Films de La poupée diabolique

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