Bête de la caverne hantée, La
Titre original: Beast from Haunted Cave
Genre: Horreur , Thriller
Année: 1959
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Monte Hellman
Casting:
Michael Forest, Sheila Noonan, Frank Wolff, Richard Sinatra...
 

En 1959, soit environ 10 ans avant que ne soit fondée la New World Pictures, la méthode Corman fonctionnait déjà à plein rendement, et cette Beast from Haunted Cave le prouve. L'existence de ce film n'est en effet imputable qu'à la volonté des frères Corman, Roger et Gene, d'amortir les frais de Ski Troop Attack, film de guerre alpin réalisé par Roger, tourné dans les montagnes du Dakota.
Gene, quand à lui, rentabilise le matériel en faisant tourner vite fait Beast from Haunted Cave à un réalisateur débutant, mais qui deviendra grand : Monte Hellman. Le scénariste est le même que pour Ski Troop Attack (et que pour une immense majorité des films de Roger Corman) : Chuck B. Griffith. Les acteurs sortent aussi de ce même film : Michael Forest, Sheila Noonan, Frank Wolff (qui plus tard apparaîtra dans bon nombre de westerns spaghettis), Richard Sinatra... Bref, tout le casting. Même chose pour les techniciens. Quand à la musique, on la complète par quelques reprises des films Corman précédents.

 

 

C'est dire si Beast From Haunted Cave est vraiment un film bouche-trou, typique des séries B ou Z destinées aux programmes des fameux drive-ins de cette fin des années 50, qui connaissaient alors leur période la plus faste. Le sujet du film, puisqu'il y en a tout de même un, nous présente un groupe de gangsters qui, après avoir réalisé un casse dans une banque, s'enfuient vers le Canada à travers les montagnes, avec l'aide d'un guide local, qui n'est au courant de rien. Manque de chance : en préparant leur coup, en faisant exploser une mine désaffectée pour créer une diversion, l'un des gangsters a libéré un vilain monstre qui n'aura de cesse de les poursuivre. Etant cependant un peu refroidie par le froid des montagnes, cette belle bête archnéenne pas plus moche qu'une autre (surtout qu'elle est couverte de poils qui nous dissimule sa vraie texture) passera son temps à se cacher jusque dans le dernier quart d'heure, n'apparaissant que par sa grosse papatte velue traînant dans un coin de l'écran, parfois en surimpression et parfois normalement, on ne sait trop pourquoi.
Mais sa prestation dans ces 15 dernières minutes (situées dans la caverne du titre) est mémorable, tellement mémorable d'ailleurs que l'on ne peut que se dire que James Cameron (encore un réalisateur lancé par Corman, tiens) a dû beaucoup songer à elle au moment de réaliser Aliens, puisque à l'instar de notre Bête de la Caverne Hantée, son extra-terrestre stocke ses futures victimes dans une peu ragoûtante matière végétale, les accrochant littéralement au mur et les laissant dans un état physique n'incitant guère à l'optimisme. Notons aussi dans ce final un très bon emploi des bruitages, qui, alliés à une jolie photographie et à une mise en scène inspirée de Hellman, font de l'araignée chevelue une créature qui a dû faire passer un bon moment de frousse aux spectateurs de l'époque.

 

 

Mais avant le final, le désert blanc, malheureusement. Dans un cadre montagnard pourtant du plus bel effet, le scénario nous réserve en effet un sombre thriller virant au drame. Les relations entre les quatre gangsters et le guide vont aller en se dégradant progressivement. Entre un chef tyrannique et sa secrétaire alcoolique, brimée et séquestrée depuis de nombreuses années qui trouve dans le personnage du guide une aide salutaire, tout va aller de travers. Le guide va donc avoir des doutes sur la nature de ses clients. Surtout que les deux autres gangsters ne sont pas plus respectables : celui qui a réveillé la Bête panique pendant tout le film, tandis que le dernier passe son temps à faire des blagues ou à flirter avec la squaw gardienne du refuge dans lequel le groupe va s'arrêter au moment d'une tempête. Toutes ces relations entre les personnages progressent mollement, et même si le niveau des acteurs est plutôt bon, cela manque cruellement de surprise. Le triangle amoureux entre le chef des gangsters, sa secrétaire et le guide héroïque sera ainsi au centre du film pendant la quasi-intégralité des 75 minutes de métrage, a égalité avec le crapahutage en ski sur des pistes enneigées.

 

 

Je n'irai pas jusqu'à dire que Beast From Haunted Cave est un bon film, non, mais ceci dit vu les conditions de tournage, cela reste assez honnête et plutôt professionnel. La preuve : contrairement à Roger Corman pour Ski Troop Attack, Monte Hellman n'a pas déclenché d'avalanche en gueulant "Action" dans son mégaphone.

 

Note : 5/10

 

Walter Paisley

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