Nude for Satan
Titre original: Nuda per Satana
Genre: Erotique , Horreur
Année: 1974
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Luigi Batzella (sous son pseudo Paolo Solvay)
Casting:
Rita Calderoni, Stelio Cardelli, James Harris, Renato Lupi, Iolanda Mascitti...
Aka: Les nuits perverses de Nuda
 

Le docteur William Harry Benson roule au volant de sa Volkswagen "Coccinelle" sur une route de campagne, en pleine nuit. Devant se rendre au chevet d'un malade, il conduit à vive allure et manque de peu de renverser une jeune femme immobile en plein milieu de la route, vêtue d'une seule nuisette. Lorsqu'il arrête son véhicule, la silhouette a disparu, mais un accident se produit non loin. Une Austin s'est mise en travers de la route et a percuté le bas-côté. Sa conductrice est inconsciente. Pas de chance pour Benson, déjà il s'est perdu et ne parvient pas à trouver l'adresse où il devait se rendre, et le voilà à présent avec une femme blessée sur les bras. Finalement, il transporte la jeune femme jusqu'à son véhicule et tente de la ranimer. Mais celle-ci ne parvient qu'à bredouiler deux mots avant de s'évanouir à nouveau. Comble de malchance, la "Coccinelle" refuse de redémarrer. Pas d'autre solution que d'arpenter la région et espérer trouver une bonne âme secourable.

 

 

La bâtisse la plus proche n'est autre qu'un château, dont toutes les fenêtres sont éclairées. Cependant, lorsque Benson demande s'il y a âme qui vive, les lumières derrière chaque fenêtre s'éteignent les unes après les autres. Puis, la porte d'entrée s'ouvre. Puisque personne ne semble vouloir l'accueillir, Benson décide de visiter les lieux. La première personne qu'il rencontre est un vieux serviteur allongé vêtu d'une livrée époque XVIIe siècle, le cou transpercé d'une dague, et éclatant d'un rire sardonique à l'arrivée du médecin. Dans une autre pièce, Benson surprend un couple en train de faire l'amour. Après s'être arrêté devant un grimoire de sorcellerie, où il est question de pacte avec le Diable, et un tableau paraissant s'animer, le toubib tombe nez-à-nez avec la femme accidentée, vêtue en costume d'époque elle aussi, qui prétend s'appeler Evelyn, l'appelle Peter, et se comporte comme s'ils étaient amants.
Au lever du jour, nous retrouvons la fille à l'Austin, qui s'appelle en réalité Susan Smith, errant dans le parc aux abords du château. Elle est accueillie par un personnage tout aussi étrange, vêtu dans le même style qu'Evelyn et le serviteur. Il la conduit dans une pièce du château, lui offre un verre, et la "déshabille du regard" (l'expression n'a jamais été aussi juste). Susan aperçoit le portrait de Benson sur un mur. Malgré l'étrangeté de la situation, elle prend un bain, avant de se laisser aller dans les bras d'une ravissante servante métis.
Le piège va se refermer peu à peu sur Susan et William, car le château est un lieu hors de la réalité, une dimension dans laquelle le temps n'existe pas, régie par un être supérieur. Le jour et la nuit n'ont pas de durée cohérente, et l'on passe donc de la clarté à l'obscurité de manière abrupte. Evelyn et Peter sont manifestement les alter-ego maléfiques de Susan et William, leur "vérité interdite", les personnes qu'ils refusent d'être, que leur morale réprouve. L'infortuné duo va-t-il réussir à s'échapper de cet étrange endroit, ou sombrer dans le vice et la folie ?

 

 

"Nude for Satan" est encore un film qui ne laisse pas indifférent. Réalisé à l'époque bénie de la "sexploitation", c'est un mélange chaotique de plusieurs genres : érotique, gothique, fantastique... et bordélique, avec une pointe d'onirisme de "bazar". Réalisé par Luigi Batzella, connu aussi pour le sulfureux "Beast in Heat" et le très bis "Vierges Maudites de Dracula", il laisse une impression plutôt mitigée, notamment le sentiment que Batzella, sous le couvert de traiter du rêve, des phantasmes, du mystère, de la dualité de l'individu, est parti dans tous les sens pour n'arriver nulle part. Pourtant, l'idée de départ : confronter les héros d'une histoire avec leurs doubles inversés, est intéressante. L'idée qu'en chacun de nous sommeille celui que l'on refuse d'être, que nous avons tous un côté "pile" et un côté "face", peut donner lieu à une histoire sensée.
Dans la forme, "Nude for Satan" rappelle parfois les films "vampiriques" de Rollin, avec de jolies femmes en nuisette errant dans des décors gothiques. Difficile aussi de ne pas penser au "Château des Messes Noires", de Joseph Sarno, avec ce final délirant, sabbat kitsch à souhait avec danseuses nues et éphèbes en pagne. Dans le fonds, on n'est pas très loin de Renato Polselli, avec cette obsession de voir en chaque individu un fou ou un obsédé sexuel potentiel. Autre point commun avec Polselli, la présence de Rita Calderoni ("Au-delà du désir", "The Reincarnation of Isabel"), toujours très belle, et même encore plus mise en valeur par la caméra de Batzella. Car si le film est somme toute moyen, Il bénéficie au moins d'une bonne photographie, d'une esthétique appréciable.

 

 

Aux côtés de Miss Calderoni, on retrouve Stelio Candelli, vu dans des films d'Eduardo Mulargia ("Les Prisonnières du Camp d'Amour", "Le Tropique du Cancer"). Du côté positif, pour tout "bissophile" qui se respecte, notons la présence de scènes d'amour saphique, et du final grand-guignolesque. Pour le négatif, outre son scénario tarabiscoté, le fait qu'il n'y ait que cinq acteurs pendant l'essentiel du film n'arrange pas les choses, surtout qu'ils ne brillent pas particulièrement par leur jeu. Le must reste la scène où Rita Calderoni est attaquée par une araignée géante, on peut difficilement trouver monstre plus grotesque dans l'histoire du cinéma.
On notera au passage de très brefs clins d'oeil à "Alice au Pays des Merveilles" et au "Portrait de Dorian Gray", ne faisant que démontrer que Batzella a mélangé un peut tout ce qui lui passait par la tête dans cette oeuvre. Au final, on lui préférera certainement "Les Vierges Maudites de Dracula", mais "Nude for Satan" mérite quand même le coup d'oeil, ne serait-ce que pour Rita Calderoni.

 

Note : 5,5/10

 

Flint
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