Nuit des Pétrifiés, La
Genre: Horreur , Possession
Année: 1971
Pays d'origine: Belgique / Italie
Réalisateur: Jean Brismée
Casting:
Erika Blanc, Jean Servais, Jacques Monseau, Ivana Novak, Lorenzon Terzon, Daniel Emilfork...
Aka: La plus longue nuit du diable
 

Fut une époque où un élan patriotique me força à m'intéresser au cinéma du plat pays et c'est donc dans ce but (pas très glorieux je l'avoue) que je suis parti à la recherche de petites perles méconnues made in Belgium. C'est par le plus simple des hasards que je suis tombé sur La Nuit des Pétrifiés (aka Devil's Nightmare). Film Belge ? Pas tout à fait, mais plutôt coproduction belgo-italienne, ce qui augmenta encore d'un cran mon excitation face à ce qui s'avèrera après visionnage être un magnifique melting-pot de gothisme italien de la belle époque teinté de surréalisme typiquement belge.
Dès le préambule, on est plongé dans une atmosphère lourde et pesante, se déroulant lors de la Seconde guerre mondiale. Un père de famille, le Baron Van Rumberg, est contraint de poignarder son enfant nouveau-né, parce qu'une saloperie de malédiction plane sur la famille, leur promettant que toutes les filles aînées de la lignée seront des succubes !! Scène bouleversante, qui plonge le spectateur dans un état délicieusement inconfortable.

 

 

Après ce début sur les chapeaux de roues, on se retrouve quelques années plus tard dans le château familial, demeure isolée et inquiétante dans laquelle un car de touristes trouve refuge. Petite déception néanmoins tant cela semble tiré par les cheveux, mais bon, on appellera ça "convention cinématographique".
Ce groupe, éclectique, sera accueilli à bras ouverts par le propriétaire des lieux (le quidam qui a poignardé son bébé au début).
Lors de la soirée, une superbe créature (Erika Blanc, qui était encore vachement bien gaulée à l'époque, parce qu'aujourd'hui...) fait son apparition. Les invités, bien entendu, s'extasient devant la beauté de l'invitée surprise, à l'exception du curé (qui fait partie des touristes égarés) qui, malgré une certaine attirance pour la belle, flaire quand même le coup foireux.
S'en suit alors une succession de séquences mêlant meurtres, sang et vengeance.
La jeune femme sexy s'avère être en fait la fille qui aurait dû être tuée par son père, et de retour à la maison. La malédiction se confirme, c'est bien une succube infernale (pour info, histoire que tout le monde comprenne, la servante avait échangé les bébés, le paternel n'a donc pas poignardé le bon gamin).
La succube va tuer un par un les invités d'une manière différente. En référence aux sept pêchés capitaux, elle jouera sur le point faible de chacun d'eux pour les entraîner à chaque fois dans une manœuvre machiavélique qui les conduira invariablement vers la mort.
Voilà, en quelques lignes on peut résumer un scénario parfois un peu alambiqué, mais très simple à suivre.
Malgré une certaine longueur au début du film, quelques pirouettes scénaristiques tiennent le spectateur en éveil, les personnages très caricaturaux mettant en évidence le défaut majeur de chacun des protagonistes.

 

 

La mise en scène réserve quelques belles propositions, dont une photographie et un graphisme très réussis, ce qui a pour effet de mélanger les styles phares de l'époque; c'est à dire le coté gothique et envoûtant des productions de la Hammer ou encore les hallucinations lumineuses des réalisateurs italiens des années 60.
Evidemment, on ne plonge pas dans l'hémoglobine et les effets spéciaux peuvent sembler aujourd'hui des plus rudimentaires, mais le soin apporté à la réalisation fait oublier ces quelques carences visuelles.
On ne peut pas parler de chef-d'oeuvre, parce que le film souffre de petits défauts, mais d'une incontestable réussite. Troublant, parfois envoûtant et proposant des personnages bizarres, l'amateur friand de films "différents" trouvera sans doute son compte avec La nuit des pétrifiés.
A conseiller donc...

 

 

Note : 10/10

 

Nickbur
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