Temps de la revanche, Le
Titre original: Tiempo de revancha
Genre: Thriller , Drame
Année: 1981
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Adolfo Aristarain
Casting:
Federico Luppi, Haydé Padilla, Julio de Grazia, Rodolfo Ranni...
 

Il n'y a pas que les monstres et les effusions de sang dans la vie d'un psychovisionnaute, il y a aussi la dure dure réalité et le monde impitoyable du travail.
C'est justement ce que "Le temps de la revanche" évoque, à travers la terrible histoire de son personnage principal.
Pedro Bengoa, ex-syndicaliste, activiste et dynamiteur de métier s'en va quérir du travail auprès de la Tulsaco, l'une des 42 multinationales appartenant à Don Guido, homme d'affaires richissime et corrompu jusqu'à la moelle. Don Sellièr...pardon, Guido, se moque bien de la bonne santé de son personnel. Seul lui importe le renflouement monétaire.
Il arrive bien des malheurs, des accidents au sein de ses entreprises entraînant la grogne de ses salariés mais les avocats véreux sont là pour enrayer toute tentative de mise en examen ou procès. Un petit chèque de dédommagement et pof, le travailleur, il ferme sa gueule.
Pedro est embauché sur une carrière à proximité de Buenos Aires pour dynamiter à tout va dans l'espoir de recueillir du cuivre.

 

 

Lors de son premier jour de travail, il retrouve sur place Di Toro, vieil ami et ex-syndicaliste lui aussi. Très rapidement, le malheur s'abat autour de Pedro. Les accidents se multiplient dans la carrière et des employés trouvent la mort, la faute à des conditions de travail inacceptables.
Puis c'est au tour de son père de décéder, parti avec une image décevante de son fils, selon ses dires. Sous le choc, Pedro est bien déterminé à faire payer la Tulsaco.
Avec son ami Di Toro, ils concoctent un plan qu'ils jugent infaillible. Di Toro serait victime à son tour d'un accident, mais faux cette fois-ci, dans l'espoir de faire cracher Don Guido. Malheureusement, la mise en scène ne se déroule pas comme prévue. Di Toro panique lors du moment fatidique de l'explosion devant entraîner son accident.
Pedro tente de venir à son secours mais il est déjà trop tard. L'explosion le tue et Pedro se retrouve quant à lui prisonnier provisoirement d'une grotte bloquée par l'éboulement. Dans l'obscurité la plus totale, un plan incroyable germe dans son cerveau (une idée originelle de son ami Di Toro mais qu'il reprend à son compte). Pedro va simuler dès son sauvetage le mutisme que les médecins attribueraient à un choc émotionnel intense.
Bien sur, les grosses pontes de la Tulsaco le soupçonnent aussitôt de simuler le mutisme dans l'intention de toucher des indemnités.
Un terrible bras de fer s'engage dès lors entre Pedro et la multinationale.
Pedro est contraint de jouer le muet le temps que la Tulsaco le dédommage.

 


UN MOT ET IL MEURT !
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'accroche officielle du film, résumant parfaitement ce thriller politique passionnant.
L'argentin Adolfo Aristarain signe ici une jolie critique sociale et très ancrée à gauche.
Pour l'occasion, il retrouve Federico Luppi, son acteur fétiche, qui tient le rôle principal, celui de Pedro Bengoa. Une interprétation magistrale qui ne trompe pas puisque Luppi décrochera deux années après la sortie du film le Grand prix d'interprétation au Festival du Cinéma de Chicago.
Si Luppi se révèle très bon acteur, son personnage l'est encore plus.
D'ailleurs, ce qui était au départ de la comédie va progressivement se changer en véritable mutisme. Pedro, tellement plongé dans sa simulation, va prendre goût à ne plus parler.
Ne faisant confiance à personne, pas même à sa femme ni à un avocat complice l'aidant dans sa quête de vengeance, Pedro ne s'exprime plus que par gestes ou par le biais d'une dictée magique (ne riez pas). Pour s'imprégner complètement de sa nouvelle personnalité privée de parole, il apprend le langage des signes, se scotche la bouche lorsqu'il dort, s'écrase des mégots de cigarettes sur le bras sans esquisser le moindre cri.
Et Pedro a de bonnes raisons de virer paranoïaque : les associés de Don Guido cherchent par tous les moyens à trouver une faille dans sa supercherie.


Ils le traquent dans ses déplacements, installent des micros dans sa chambre d'hôtel, le harcèlent par téléphone. D'ailleurs, une scène amusante le montre décrocher machinalement son téléphone qui ne cesse de sonner. Un geste banal pour lui avant toute cette affaire. Fort heureusement, il s'aperçoit à temps de l'énorme bourde qu'il était sur le point de commettre s'il avait pris la peine de parler.
Finalement, Pedro parviendra à remporter le procès l'opposant à cette pourriture de Don Guido. Malgré cela, le film se clôt sur une touche plus que négative par un plan incroyablement choc, d'une violence extrême mais plus que symbolique quant à la folie gagnant Pedro.
Et, pour l'occasion, je me fais à mon tour muet.
De quoi vous dégoutter de foutre un procès au cul à la Cogema.

 

 

Throma
A propos du film :
# Prix spécial du Jury et prix de la Critique à Cognac 84, Grand prix d'interprétation pour Federico Luppi à Chicago, Grand prix Festival de Montréal.
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