Catacombs
Genre: Thriller
Année: 1965
Pays d'origine: Royaume-Uni
Réalisateur: Gordon Hessler
Casting:
Gary Merrill, Jane Merrow, Georgina Cookson, Neil McCallum, Rachel Thomas, Jack Train...
Aka: The Woman Who Wouldn't Die (USA) / Catacombs - Im Netz des Dunkeln (RFA) / Una forca per due (Italie)
 

Raymond Garth (Gary Merrill) vit dans un cottage en compagnie de sa riche épouse Ellen (Georgina Cookson), malade du cœur. Alice (Jane Merrow), sa nièce, vient passer quelques jours chez eux et ne tarde pas à séduire Raymond. Dans le même temps, Richard (Neil McCallum), le jeune secrétaire d'Ellen, soumet l'idée à Raymond de tuer sa femme et, pour bien faire, d'embaucher de son côté une actrice qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, de l'emmener en Italie, puis de simuler un accident de voiture. Raymond voit là l'opportunité de vivre avec Alice en plus de récupérer la fortune de sa femme, il accepte donc le marché proposé par le jeune homme avide de fortune. Une fois passé à l'acte, il enterre Ellen dans le hangar derrière leur paisible maison de campagne. De son côté, Richard, qui tient absolument à ce qu'Alice ne sache rien de leur plan, emmène l'actrice en Italie et l'assassine comme prévu. Deux meurtres pour un plan machiavélique savamment orchestré sauf que, très vite, tout porte à croire qu'Ellen n'est pas morte...

 

 

Le problème avec les succédanés de "Les Diaboliques", c'est qu'ils se contentent trop souvent de légères modifications scénaristiques et de faire des personnages du film de Clouzot des pièces interchangeables. Une erreur commise à maintes reprises au sein de ses exploitations et qui en fait régulièrement des objets dépendant de leur simple mise en scène. 1965 est une année phare, charnière en terme d'ersatz des adaptations modèles de Boileau-Narcejac, puisque Jimmy Sangster, pour la Hammer comme pour la Amicus, n'en finit plus de livrer des thrillers-machination se situant ostensiblement dans des cellules familiales malsaines (Hurler de peur, Maniac, Paranoïaque !, Nightmare... pour ne citer que ceux qui précèdent celui-ci) et capitalisant sur le même film pour finir par exploiter son propre filon. Année charnière car peu après, les productions italo-hispano-germano-allemandes prendront un relais assez conséquent, mélangeant régulièrement "Les Diaboliques" (L'Adorable Corps de Deborah, le triptyque gialli-riviera réalisé par Umberto Lenzi, des films dans lesquels finalement les villas azuréennes ne font que remplacer les cottages, typiquement britanniques) et l'autre adaptation phare, celle signée Hitchcock : "Vertigo" (Perversion Story). Des exploitations aux budgets modestes et dont l'action s'en trouve confinée et dont, du coup, la qualité est également dépendante de celle du jeu de ses acteurs. Catacombs s'inspire principalement du premier en introduisant timidement un ingrédient du second : la femme-sosie.

 

 

Catacombs n'est ni un produit de la Hammer, ni de la Amicus, mais de chez John Parsons-Neil McCallum Productions, en association - besoin de fonds oblige - avec la British Lion Films et l'Associated Producers (API). À noter que Neil McCallum, à l'origine du projet, s'y octroie un rôle central en jeune secrétaire appâté par l'héritage de la vieille rombière. À noter également que c'est le seul héritage qu'il laisse lui-même au cinéma en tant que producteur avec, juste après un premier mystère couché sur bobine : "The Eyes of Annie Jones" de Reginald Le Borg. C'est dire si Catacombs ne fut pas un grand succès au niveau international. Bien qu'exploité aux États-Unis par la Warner sous le titre The Woman who Wouldn't Die, il ne trouve que de manière très relative son public. Chose assez courante, Catacombs est l'occasion de découvrir un nouveau nom de romancier-plagiaire ; en effet, Catacombs est adapté d'un roman de Jay Bennett, non pas de ses modèles cités plus haut. C'est aussi là qu'il devient intéressant car Jay Bennett a imaginé dès 1957 l'une des histoires de la série "Alfred Hitchcock présente" ("My Brother, Richard"). Une série où débute aussi Gordon Hessler, juste avant de signer Catacombs, son premier film avant de connaître une carrière inégale mais pas dégueulasse ("Le Cercueil vivant", "Lâchez les monstres", "Les Crocs de Satan", "Medusa", Le Voyage fantastique de Sinbad...).

 

 

On peut attribuer à ce même Gordon Hessler le fait de faire preuve, sinon d'ingéniosité, au moins d'efficacité. 85 minutes, sur les bases énoncées plus haut, pourraient paraître longuettes mais, aidé par la partition composée par Carlo Martelli ("Les Maléfices de la momie"), sa mise en scène, qui emprunte aussi en passant au "Laura" de Premminger (chose récurrente également dans le genre) via l'omniprésence d'un tableau, se montre assez nerveuse pour faire passer la pilule. Une très grosse pilule en vérité... si grosse qu'on a tôt fait de dénouer des ficelles scénaristiques grossières et qu'au niveau de l'intrigue pure, on reste surtout jusqu'au mot fin pour être certains de ne pas s'être trompé ainsi que pour la petite tension bien distillée. Exploiter un filon n'est pas une tare, recracher de manière paresseuse des twists similaires à son modèle originel peut en revanche sembler too much. On n'en dira pas trop ici mais sache, cher lecteur, que la naïveté peut cacher de monstrueuses manigances, que les servantes ne sont pas si connes que leur basse extraction pourrait le laisser penser et que la morale sera quoi qu'il en soit, sauve. Fichtre, mais quelque chose me dit que vous saviez déjà tout ça !

 

 

Au niveau du casting, on retrouve, ici très porté sur la robe de chambre (et très velu), Gary Merill Streep ("Mark Dixon, détective", "Ève" mais aussi "L'île mystérieuse", L'incident, "La guerre des cerveaux", cinq épisodes de la série "Samaritaine, on y revient !" : "Alfred Hitchcock présente") ; Georgina Cookson, éternel(le) second plan qui campe donc ici un double-rôle de façon plutôt inquiétante (ses problèmes de hanche et sa démarche à l'aide de sa canne la font par moments ressembler à Everett Sloane dans "La Dame de Shanghai") ; Jane Merrow venait juste de faire bonne impression au côté d'Oliver Reed dans le méconnu "Dans les mailles du filet" de Michael Winner et s'impose dans Catacombs avec une telle évidence qu'on la reverra peu après dans La Nuit de la grande chaleur, "La fille de Jack l'éventreur" ainsi que nombre d'épisodes de séries incontournables très convoitées du public ; on a déjà parlé de Neil McCallum, saluons donc enfin parmi un casting réduit à une portion plutôt congrue la présence de Rachel Thomas en servante à la simplicité très perspicace (une perspicacité acquise, allez savoir, quelques années avant dans "Les Yeux du témoin" de J. Lee Thompson).

 

 

Concluons enfin, de façon clémente, en disant que la réalisation relève le scénario et que ses interprètes contribuent eux aussi, grâce à leur solide interprétation, à faire de cette "Femme qui ne voulait pas mourir" (quelle garce tout de même !) un spectacle, soit, pas révolutionnaire pour un sou, malgré ses enjeux pécuniaires, mais tout compte fait plutôt honnête en dépit de lacunes aussi énormes qu'une tombe qu'on trouverait vide après l'avoir pourtant remplie.


Mallox

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