Caveau de la terreur, Le
Titre original: Vault of horror
Genre: Horreur , Vampirisme , Comics / Mangas
Année: 1973
Pays d'origine: Grande Bretagne
Réalisateur: Roy Ward Baker
Casting:
Terry Thomas, Dawn Addams, Denholm Elliot, Curt Jurgens, Tom Baker, Michael Craig, Terence Alexander, Glynis Johns, Mike Pratt, Robin Nedwell, Geoffrey Davies, Daniel Massey, Anna Massey...
 

Cinq étrangers se retrouvent par hasard dans un ascenseur d'un office situé à Londres. Les voici bloqués ensemble malgré eux au second sous-sol dans lequel ils trouvent ce qui ressemble à une bibliothèque ressemblant singulièrement un club réservé à la gente masculine. Les voici contraints et forcés de cohabiter puisque la porte s'est mystérieusement refermée derrière eux et ceux-ci se mettent à discuter autour d'un verre de leurs pires cauchemars, enfin les plus réalistes. Normal, ces derniers ne savent qu'ils sont déjà morts…
"Le Caveau de la terreur" est une commande de la production Amicus qui échoie en 1973 au déjà vétéran Roy Ward Baker. Comme son prédécesseur, "Les contes de la crypte", il est l'adaptation d'un "EC Comics hit" écrit par Al Feldstein et Bill Gaines. (BD que j'avais d'ailleurs dénichée dans les années 70, que j'ai ensuite prêtée puis que je n'ai jamais revue, à mon grand regret. Un grand souvenir de mes 9 ans – et un grand traumatisme aussi !). Bref, ceci est filmé dans les studios de Twickenham et à le revoir, s'il n'égale pas sa source, il n'en demeure pas moins une petite réussite du film d'horreur à sketchs. Moins bon qu'un Freddie Francis et son "Train des épouvantes" par exemple mais meilleur que le "Les frissons d'outre-tombe" de Kevin Connor auquel ont sera plus que tenté de le comparer, il a l'avantage d'offrir cinq parties légèrement inégales mais pas trop.

 

 

Midnight Mess - Rodgers (Daniel Massey) traque sa soeur (Anna Massey) pour arriver dans une étrange petite ville. Plus tard il la tue afin de revendiquer leur succession. Alors qu'il se détend ensuite au sein d'une taverne locale, il s'aperçoit que d'une part sa sœur n'est pas morte, mais aussi que le restaurant est un repère de vampires et qu'à défaut d'être servi lui-même, il semble être là pour servir de menu. D'ailleurs il finira pendu par les pieds, la jugulaire transpercée servant de distributeur de boisson. Sans doute mon préféré pour la simple raison que l'histoire m'avait déjà traumatisé plus jeune jusqu'à en garder un souvenir d'une netteté totale. La taverne a de la gueule, et l'humour y est très très noir. J'aime beaucoup.

 

 

The Neat Job - Gritchit (Terry Thomas) est maniaque de la propreté. Oui mais voilà, il a épousé une femme plus jeune que lui et qu'il est fier d'exposer en trophée, sauf que celle-ci ne s'avère pas être du tout la déesse domestique dont il avait rêvé. L'homme ne cesse de la harceler jusqu'à la rendre complètement dingue et générer en elle un coup de stress qui lui sera fatal. La morale de l'histoire sera de ne pas laisser sa femme un hachoir à la main auquel cas on pourrait bien en recevoir un coup sur le crâne. Très drôle, avec sa petite parabole sur l'hystérie du tout hygiénique, la fin est rageusement comique et même furieusement salvatrice.

 

 

This Trick'll Kill You - Sebastian (Curd Jurgens) est un magicien en vacances avec sa femme en Indes. A travers des marchés locaux et ses forains, ils tentent de trouver de nouveaux tours. Le voici qu'il tombe enfin sur un tour qui l'intrigue. Une jeune femme charme une corde sortie d'un panier. En revanche il mettra à mal le tour de magie du magicien qui accompagne la jeune femme et consistant à mettre un enfant dans ledit panier puis de le transpercer (c'est vrai qu'on la connaît bien celle là !). Sebastian persuadera la femme de venir jusqu'à sa chambre d'hôtel. Son but est qu'elle lui dévoile son tour de passe-passe, puis de la tuer afin de s'en accaparer et de s'en octroyer la création. Hélas pour lui, il s'avérera que le tour n'est pas une illusion et prendra au sens propre et bien malgré lui, corde à son cou. L'un des plus mollassons du lot, l'histoire est entendue, Curd Jurgens assez fade, et la scène finale de la corde 'fouetteuse' ne fait pas assez mal. Ensemble assez peu spectaculaire. Reste néanmoins un plan plein d'humour dans lequel le vaniteux magicien est pendu en arrière plan de celui dont il a dévoilé le tour au début. Sans plus.

 

 

Bargain in Death - Maitland (Michael Craig) se fait volontairement enterré vivant par son ami Alex dans un but d'escroquerie à l'assurance. Mais voici qu'Alex laisse son ami sous terre le laissant suffoquer, sans doute jusqu'à ce que mort s'en suive. Deux jeunes stagiaires en médecine traînant sur les lieux, subornent le fossoyeur afin qu'il déterre Maitland logiquement fraîchement mort, à des fins d'études scientifiques. Ils seront tant surpris en ouvrant le cercueil d'y trouver trace de vie qu'ils prendront leurs jambes à leur cou, montant dans leur voiture pour tracer le plus loin possible. Mais voici que dans leur panique, ils ont un accident avec Alex qui rentrait tranquillement chez lui. Ce dernier meurt tandis que dans le cimetière le fossoyeur gêné par la peur engendrée plante un pal en plein cœur de Maitland afin de s'assurer du bon ordre sur son territoire et pour s'excuser pour le désagrément engendré. Le plus court, mais sans doute le plus absurde aussi. De la bonne manière. C'est rythmé, certes on le sent venir le twist final, mais si l'on s'est bien marré juste avant il reste tout de même assez saisissant et surtout bien jaune et mordant. Limite s'il ne fait pas plus froid dans le dos que rire. Très sympa.

 

 

Drawn and Quartered - Moore (Tom Baker) est un peintre pauvre, vivant à Haïti. Il constate bientôt qu'il a été trompé par les membres de l'établissement d'art qui ont exploité ses tableaux sans le lui dire. Il s'en part chez un prêtre vaudou afin que ce dernier puisse donner "pouvoir de vie" à ses peintures et ainsi permettre au peintre spolié d'interagir via ces dernières et pour se venger. Il se met à peindre les trois principaux coupables de sa condition pour les affubler ensuite d'un point rouge de térébenthine à même le front, synonyme de mort. Voilà que les coupables se suicident l'un après l'autre. Malheureusement il à oublié de détruire en même temps son autoportrait qui traînait dans un coin… Un peu comme le troisième sketch celui-ci est trop long et trop lent. Les références y sont trop flagrantes et on pensera à la fois au "Portrait de Dorian Grey" ainsi qu'au "Theâtre de sang" pour le traitement ironique de la vengeance de l'artiste. Autant dire qu'il ne soutient la comparaison avec ni l'un ni l'autre. De plus la façon dont il est structuré fait qu'on a le sentiment d'assister à un sketch (les trois meurtres mis en scène) dans le sketch (cet épisode) dans le sketch (l'histoire initiale avec ses prélude, interlude, prologue). Du coup c'est un peu trop. Et puis c'est déjà vu et assez mal rythmé dans l'ensemble. Moyen.

Nous voici donc arrivés au terme des rêves contés par nos cinq lascars du début qui s'épanchent sur la signification de leurs cauchemars. Mais voici que la porte de l'ascenseur s'ouvre laissant place à un cimetière dans lequel ils sont enterrés. L'explication sera donnée par Curd Jurgens : Ce sont dorénavant des âmes damnées condamnées à errer pour l'éternité et payer pour leurs méfaits. Et toc !
Allez, c'est quand même bien sympa tout ça. Pas transcendant soit, mais sympa. Et puis beaucoup de charme.

Note : 6,5/10

Mallox
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