Plaisirs d'Hélène, Les
Titre original: Orgasmo nero
Genre: Erotique , Drame , Exotisme , Cannibalisme
Année: 1980
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Joe D'Amato
Casting:
Susan Scott (Nieves Navarro), Richard Harrison, Lucia Ramirez...
Aka: Black Orgasm / Voodoo Baby / Orgasmo negro / Sex and Black Magic
 

Sur la petite île de Lokandola, perdue dans la mer des Caraïbes, Paul étudie les mœurs d'une peuplade. Il consacre la majeure partie de son temps à son travail d'anthropologue, au détriment de son épouse Hélène. Celle-ci se sent délaissée. En plus d'une libido non épanouie, Hélène a des problèmes de fertilité compromettant le fait qu'elle puisse tomber enceinte. Ceci alors que Paul tient absolument à avoir un enfant et lui met la pression.
Hélène (qui se trouvait à Londres) décide d'aller voir son mari à Lokandola. Les retrouvailles sont en demi-teinte et, au lit, Paul, contrarié et fatigué par son boulot, peine à honorer son épouse. Peu de temps après, Hélène fait la connaissance de Haini, la fille d'un pêcheur récemment tué par un requin.
Les deux femmes sympathisent et bientôt Hélène se sent attirée par la belle indigène...

 

 

Après le succès rencontré par la série des Black Emanuelle (initiée par Bitto Albertini avec Black Emanuelle en Afrique), Joe D'Amato (qui a réalisé entre autres Black Emanuelle en Amérique) tourne en 1978 un nouveau film alliant érotisme et exotisme : "Papaya dei Caraibi", qui sortira en France sous le titre "Et mourir de plaisir" (à ne pas confondre avec le long métrage de Roger Vadim). "Papaya dei Caraibi" va être le premier d'une série de films mélangeant beaucoup de sexe avec un peu d'horreur (un cocktail à base de vaudou et de cannibalisme), que le cinéaste va tourner en un temps record dans un lieu paradisiaque au tout début des années '80.
Le cadre choisi par le réalisateur est celui de Saint-Domingue, capitale de la République Dominicaine qui occupe les deux-tiers de l'île d'Hispaniola (l'autre tiers étant Haïti ), dans la mer des Caraïbes. Hispaniola fait partie de l'archipel des Grandes Antilles, qui comprend également Cuba, la Jamaïque et Porto Rico.

C'est donc là que vont être tournés à la chaîne Orgasmo nero, Sesso nero, Porno Holocaust, La nuit fantastique des morts-vivants, "Exotic Love", "Paradiso Blu" et "Hard Sensation".
C'est aussi durant cette période que l'on retrouvera régulièrement, notamment pour les scènes érotiques ou pornographiques, les actrices Lucia Ramirez, Annj Goren et Dirce Funari et, au rang des acteurs, l'inénarrable Mark Shannon et sa fameuse moustache, aperçu notamment dans Bathman dal pianeta Eros.

 

 

Les plaisirs d'Hélène raconte donc l'histoire d'un couple en crise, qui passe difficilement le cap de la quarantaine. Il est interprété par deux acteurs renommés. Nieves Navarro (Hélène) a débuté au cinéma aux côtés de Giuliano Gemma dans deux westerns de Duccio Tessari : "Un pistolet pour Ringo" et "Le retour de Ringo". Elle tourne ensuite pour Sergio Sollima (Colorado), Fernando Di Leo (La jeunesse du massacre) avant de rencontrer Luciano Ercoli qu'elle va d'ailleurs épouser. Le metteur en scène la fait tourner dans trois gialli : Photo interdite d'une bourgeoise, Nuits d'amour et d'épouvante et La mort caresse à minuit. Devenue à la scène Susan Scott dès la fin des années 60, l'actrice tourne dans d'autres gialli (Toutes les couleurs du vice, La peur au ventre, Devil Blade). Au milieu des années 70, elle bifurque vers la sexy-comédie, puis les productions ouvertement érotiques, comme dans "Emanuelle et les derniers cannibales".
Avec Orgasmo nero, Nieves Navarro multiplie les scènes déshabillées : sous la douche, changeant de vêtements, s'accouplant avec son amant (un blond moustachu aux allures de Bernd Schuster), son mari, Haini et même en trio avec ces deux derniers. Les plus belles scènes sont celles avec Lucia Ramirez (Haini), Joe D'Amato exploitant au mieux les décors naturels, dont les plages de sable fin. Un décor paradisiaque et des amours interraciales sur fond de vaudou qui ne sont pas sans rappeler deux œuvres antérieures : La possédée du vice de Piero Vivarelli (1970) et "Le Dieu noir" d'Osvaldo Civirani (1974), toutes deux ayant d'ailleurs été filmées à Saint-Domingue.

 

 

Quant à Richard Harrison (Paul), on en viendrait presque à se demander ce qu'il est venu faire ici, tant il est à mille lieues des rôles qui ont fait sa réputation. Ex-mannequin et culturiste, il a quitté les États-Unis au début des sixties pour faire carrière en Italie. On l'a vu dans moult péplums, westerns spaghetti et films d'action ou d'aventure. Bref, il a écumé tous les genres ou presque, à part le cinéma érotique. Il n'y avait guère que Joe D'Amato pour réussir à faire jouer l'acteur dans Orgasmo nero.
Quand on lit l'anecdote le concernant à propos de ce film, dans l'ouvrage "Joe D'Amato - le réalisateur fantôme", de Sébastien Gayraud, on ne peut que rire lorsque Richard Harrison déclare qu'il ignorait avoir affaire à un film érotique. Lorsqu'il dit : "Je ne sais pas comment Joe D'Amato s'est débrouillé pour m'inclure dans des scènes érotiques...", difficile de ne pas s'esclaffer ou de simplement garder son sérieux. Car c'est purement de la mauvaise foi, il suffit de regarder le film pour se rendre compte que l'acteur ne pouvait être dupe. Il pose le pantalon, la chemise et enfin le slip pour chevaucher (tant bien que mal) Susan Scott, puis Lucia Ramirez. Bref, on voit les fesses de ce bon Richard, et il ne pouvait l'ignorer. La seule entourloupe de ce vieux filou de Joe concerne une scène avec Susan Scott, tournée à la fois en plan large et en plan rapproché. Dans le plan large, on voit les "attributs virils" de l'acteur. Et même si c'est le plan rapproché qui a été choisi au final et figure dans toutes les éditions existantes, il n'en demeure pas moins que le plan large a circulé dans certains bonus, notamment chez les Allemands de X-Rated Kult. Harrison s'en est-il remis ? Sans aucun doute et cela ne l'a pas empêché d'enchaîner par la suite toute une série de films de ninjas de seconde zone.

 

 

Qualitativement, Orgasmo nero ne brille évidemment pas par son intrigue, essentiellement concentrée sur les rapports amoureux entre trois personnes. Le vaudou est assez peu représenté, le cannibalisme encore moins : il en est surtout question au début du film (le rituel de la tribu lors de la cérémonie funèbre du père de Haini) et à la fin, lorsque Haini se venge des Occidentaux qui l'ont abandonnée. La jeune femme se livre au vaudou dans une séquence assez brève où on la voit planter des aiguilles dans une dagyde.
Cela étant, quand un film s 'appelle Orgasmo nero, on sait normalement de quoi il retourne et on a une idée assez précise de ce à quoi on va assister. On sait, quand on a vu un ou plusieurs volets de la saga "Black Emanuelle", que D'Amato assure dans le domaine de l'érotisme et qu'il sait mettre en valeur les lieux où se déroulent les tournages. Le dépaysement est total, et comme le cinéaste est avant tout un remarquable directeur de la photographie, on n'est pas trompé sur la marchandise.

Et puis, on ne peut pas accuser Joe D'Amato d'être un roublard, il a toujours été franc à propos de ce qu'il faisait. Dans l'ouvrage "Spaghetti Nightmares" de Luca Palmerini et Gaetano Mistretta, on lui posait la question suivante : "Pourquoi avez-vous tourné autant de hardcore au début des années 80 ?"
Ce à quoi il avait répondu naturellement : "C'était simplement pour des raisons commerciales, bien que je n'aie pas honte de ces films !"
Sois rassuré, Joe, nous non plus n'avons pas honte de tes films... Bien au contraire !

 

 

Flint



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