Tour du Diable, La
Titre original: Tower of Evil
Genre: Horreur
Année: 1972
Pays d'origine: Grande Bretagne
Réalisateur: Jim O'Connolly
Casting:
Bryant Haliday, Jill Haworth, Mark Edwards, Anna Palk, Derek Fowlds...
Aka: Beyond the Fog / Horror of Snape Island / Horror on Snape Island
 

Deux pêcheurs arrivent sur l'inquiétante Snape Island ; les deux hommes découvrent alors les corps de trois jeunes, assassinés. Quand, soudainement, surgit de sa cachette une jeune femme terrorisée qui poignarde sauvagement l'un d'eux.

 


Ce petit film d'horreur date d'une époque charnière pour le cinéma fantastique anglais, c'était la fin de l'âge d'or de l'horreur gothique, le début d'une certaine libération sexuelle et d'une violence plus contemporaine. Le film oscille donc insensiblement entre ces trois éléments, sans jamais vraiment choisir son camp. En fait, le film intègre le "whodunit" et les règles des futurs slashers genre Vendredi 13, le tout dans un décor gothique, ce qui donne à l'oeuvre un petit cachet rétro assez sympathique. Du gothisme, le film retient surtout son décor principal, c'est-à-dire la fameuse île et son phare, entièrement reconstitués en studio noyé ou non dans le brouillard. L'érotisme est typique des années septante, paillard et stéréotypé, avec ces jeunes qui fument des joints, copulent et se promènent tout nus. Evidemment, ces derniers sont les premières victimes du tueur dont on ne dissimule plus les résultats sanglants, ce qui donne au film quelques unes de ses meilleures scènes. La main sectionnée filmée de près avec comme arrière plan les deux pêcheurs ; ou la tête d'une victime qui se détache pour dégringoler les escaliers en direction de la caméra, en sont les meilleurs exemples : classique, mais toujours efficace.

 


Tout commence par l'arrivée sur l'île maudite de deux pêcheurs (George Coulouris et Jack Watson, excellents) dont le but semble d'y ramener quelqu'un ou quelque chose. Leur embarcation se fraye difficilement un passage à travers un brouillard épais et les récifs quand soudain l'île leur apparaît. Sur place, les pauvres vont découvrir trois cadavres en triste état, empalé, décapité ou amputé. Lorsque le plus vieux du groupe (père du second) ouvre une porte, il se trouve face à face avec une jeune fille nue et hystérique qui le tue ; elle sera assommée par le rescapé. Ce prélude à base de mystère et d'effets chocs (qui est aussi la meilleure partie du film) permet au réalisateur de planter son décor en quelques minutes et d'instaurer tout de suite une ambiance de malaise aux limites du surnaturel (en effet, à cet instant le doute plane encore sur l'identité du tueur). La suite nous emmène momentanément loin de l'île. La rescapée, qui est maintenant dans une sortie de catatonie, est soupçonnée d'avoir assassiné ses amis. Lors d'une séance d'hypnose, la jeune file va révéler qu'elle et ses compagnons d'infortune n'étaient pas seuls sur l'île. Entre temps, une expédition est déjà en route. Le but du petit groupe est de découvrir un trésor phénicien. En effet, l'une des malheureuses victimes a été empalée par une vieille lance phénicienne en or. Parmi ces chasseurs de trésor se trouve aussi un détective, dont le but est de prouver l'innocence de la rescapée.

 


Le réalisateur Jim O'Connolly connaît bien le mélange de genres pour avoir réalisé en 1969 "La Vallée de Gwangi", patchwork entre le western et le film de monstre (avec des SFX de Ray Harryhausen). Pour envoyer son casting sur l'île maudite, il sélectionne une belle brochette d'acteurs typiquement british, dont les belles Jill Haworth ("Haunted House of Horror", "It !", "The Mutations") et Anna Palk ("Le corrupteur"), ainsi que Bryant Haliday ("The Devil Doll" et "The Projected Man"), l'incroyable Dennis Price qui tourna aussi bien dans des productions Hammer que pour Jess Franco ("Son of Dracula", Vampyros Lesbos, Twins of Evil, "The Horror of Frankenstein"...) et l'incontournable second rôle du cinoche guerrier populaire anglais : Jack Watson ("Les oies sauvages", "Les loups de haute mer", "Le commando de Sa Majesté").

Le scénario mixe plus ou moins habilement plusieurs thèmes entre eux (horreur, aventure, chasse au trésor, policier...), tandis que le réalisateur utilise au maximum toutes les possibilités de son décor principal pour créer une ambiance de malaise et de cauchemar. Evidemment, on n'évite pas certains clichés et effets chocs d'usages dans le genre : deux femmes dans l'expédition dont une nymphomane, l'identité évidente du tueur pas très gâté par la nature, le comportement des jeunes hippies... Mais il faut bien avouer que cela marche la plupart du temps. On se laisse donc mener sans déplaisir à l'intérieur du phare maudit qui fut la demeure d'une famille bien particulière, et abrite en son sein un véritable labyrinthe de tunnels creusés dans la roche. C'est là que vont se dénouer les nœuds d'une dramatique malédiction familiale, au cours d'une enquête qui dévoilera enfin l'identité du tueur et la présence du précieux trésor.

 

 

Dans l'ensemble, voila un petit film bien sympathique qui dégage une agréable et nostalgique ambiance gothique, et qui ravira les amateurs en manque de telles productions.

 

 

The Omega Man

 

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