Couloir de la mort, Le
Titre original: The Evil
Genre: Horreur , Maisons hantées
Année: 1978
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Gus Trikonis
Casting:
Richard Crenna, Joanna Pettet, Andrew Prine, Cassie Yates, Victor Buono...
Aka: Le couloir du diable
 

Une douzaine de personnes se trouvent réunies, à l'occasion d'un week-end, dans un manoir isolé en pleine montagne et bâti sur un lieu prétendu maléfique. La maison ne va pas tarder à les emprisonner, le petit groupe se retrouve alors prisonnier de la sinistre demeure ; un à un les malheureux résidents seront éliminés.

 


Au fil du temps la maison hantée est devenu un thème à part entière du cinéma fantastique dont le maître étalon reste "La Maison du Diable", un chef d'oeuvre d'angoisse réalisé par un Robert Wise en pleine possession de ses moyens. Jamais égalé (voir le pathétique remake réalisé en 1999 par Jan De Bont), le film fut néanmoins de nombreuses fois imité, notamment par Stephen King. En 1978, c'est au tour de Gus Trikonis de tenter l'expérience. N'ayant pas le talent de Wise, il décide en toute lucidité de pratiquer la surenchère visuelle en allongeant un peu la sauce ; il y aura donc plus de protagonistes (donc plus de victimes), et une demeure beaucoup plus grande mais toujours aussi isolée et maléfique. Petite différence : la demeure n'est pas à proprement parler malfaisante comme dans le film de Wise, mais plutôt une prison dans laquelle se trouve une entité qui sera évidemment libérée par inadvertance. Une fois libérée, elle va emprisonner les nouveaux occupants de la demeure. Dès que tous les protagonistes se retrouvent pris au piège, le carnage peut enfin commencer : une jolie black subit les assauts d'un esprit pervers, un pauvre gars accroché à un câble se transforme en torche humaine, un autre se coupe la main à la scie circulaire, une chaudière se transforme en lance-flammes, les fenêtres sont devenues incassables sous l'effet d'une force surnaturelle... Il faut bien avouer que dans un premier temps le réalisateur réussit pleinement son pari et capte l'attention du spectateur via ces séquence spectaculaires et violentes; une ambiance de malaise s'installe, alors qu'un personnage plus sensible commence à voir des visions et des fantômes. Malheureusement, le film est laborieusement sabordé par une fin des plus ridicules, les survivants se retrouvant devant Satan en personne incarné par le débonnaire Victor Buono, trônant dans une pièce lumineuse et remplie de brouillard. On a l'impression que Kate Bush va surgir à tout instant de la brume en chantant son fameux "Wuthering Heights".

 


La multiplicité des personnages pouvait donner lieu à un beau panel de caractères; hélas ce ne sont que des ombres qui servent uniquement à trépasser de manière plus ou moins spectaculaire. Pour leur donner un peu plus de consistance, le réalisateur a rassemblé un vrai casting de "gueules", des acteurs et actrices aperçus souvent dans de nombreux films, séries ou téléfilms, mais dont on ignore souvent le nom. Le plus connu reste bien sûr Richard Crenna, qui à l'époque n'était encore devenu le fameux Colonel Trutman dans le non moins fameux "Rambo", mais qui avait déjà une belle carrière notamment à la télévision. Dans le genre fantastique, il tournera dans "Leviathan" et "Death Ship". A ses côtés, la blonde Joanna Pettet, qui doit avoir joué dans toutes les séries des années septante ("Mannix", "L'Ile fantastique", "La Croisière s'amuse", "Drôles de dames", ) mais dont on retient les prestations dans le délirant "Casino Royale" (première version) et l'excellent "La Nuit des généraux". Autre visage connu, Cassie Yates et son charmant regard de cocker aperçu notamment dans "Osterman Week-end" ou "Convoy". Le reste du casting est ainsi composé de "vétérans" du petit écran comme Victor Buono ("L'Homme de l'Atlantide"), Andrew Prine (qui se frottera de nouveau à une demeure maléfique dans "Amityville 2") ainsi que Lynne Moody.

De 1975 à 1981, Gus Trikonis réalisa un film par an, dont plusieurs pour la firme "New World" de Roger Corman. Son film le plus marquant reste le sympathique "Dance of the Dwarfs / Jungle Heat / Les Enfants du Diable" (1983). Par la suite, il se tourne vers la télévision, pour laquelle il réalise de nombreux épisodes pour des séries aussi variées que "Alerte à Malibu", "Code Quantum", "Flash", "Hercule", "Viper", "Seaquest", "Hunter"...

 


Une demi-réussite, donc, le film laisse une impression mitigée. Si la fin est à oublier d'urgence, il reste cependant quelques scènes intéressantes; mais rien qui ne différencie la chose d'un quelconque épisode d' "Amityville". C'est un peu dommage, car le décor était impressionnant et la mise en place intéressante. Restent quelques bonnes idées disparates, comme le faux/vrai cauchemar de Caroline, qui voit ses compagnons pratiquer d'étranges rituels, ou la fausse/vraie évasion d'un membre de l'équipe qui, se croyant sauvé, finira englouti dans le sol. En tout cas, s'il ne réussit pas entièrement son film, le réalisateur maintient un certain intérêt, du moins jusqu'au final, ce qui n'est déjà pas si mal.

 

The Omega Man
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