Black Emanuelle en Amérique
Titre original: Emanuelle in America
Genre: Erotique
Année: 1976
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Joe D'Amato
Casting:
Laura Gemser, Gabrielle Tinti, Roger Browne, Riccardo Salvino, Paola Senatore...
 

Une journaliste américaine fait le tour du monde afin de trouver un bon sujet pour un article. C'est ainsi qu'elle se retrouve dans un harem, puis au beau milieu de parties érotiques organisées par des diplomates. Plus loin, elle découvre une bande organisée qui enlève des filles pour les utiliser dans des snuff-movies.

 


Black Emanuelle, alias la belle Laura Gemser, est un pur produit de la sexploitation italienne, un plagiat d'"Emmanuelle" de Just Jaeckin qui donna lieu à une série (la plupart réalisée par Joe D'Amato), ainsi que pas mal d'autres films interprétés ou non par Laura Gemser, et dont le prénom Emanuelle sera ajouté au titre. Joe D'Amato alias Aristide Massaccesi (1936-1999) commença sa carrière comme assistant cameraman, avant de devenir directeur artistique sur diverses productions, notamment L'Antéchrist ou What have you done to Solange ?. Il passera à la réalisation en 1972. A ses débuts, rien ne semble le différencier de ses confrères; ayant touché à tous les genres, il se spécialise bien vite dans l'érotisme et le gore (voire les deux à la fois). Il passe ensuite avec succès au hardcore. Sans réel style, il va pourtant trouver sa voie dans la provocation et le mélange des genres, et son chef d'œuvre sera Blue Holocaust : une histoire d'amour contrarié sur fond de nécrophilie (il faut voir le héros faire l'amour à une autostoppeuse, à côté du cadavre de sa bien aimée, puis, dans une autre scène lécher avidement le sein de sa vieille nourrice). Ainsi, lorsque D'Amato "reprend" la série des Black Emanuelle en main (cinq films en deux ans de 1976 à 1978), il ne peut se contenter de réaliser de simples films érotiques. Il va donc au fur et à mesure des épisodes caviarder ses métrages de séquences bizarres, allant même jusqu'à envoyer son héroïne trémousser son popotin devant une bande de cannibales affamés... sacré Joe !

 


Evidemment, suivant les pays, les films vont se retrouver plus ou moins amputés de certaines séquences litigieuses et pas forcément érotiques; ce sera le cas de cet Emanuelle en Amérique qui va subir de nombreuses coupes. Car il faut bien l'avouer, D'Amato s'est bien lâché sur ce film. Il y a d'abord cette scène de zoophilie où une jeune femme nue "branle" un cheval avec gros plan sur le membre du brave animal (D'Amato semble aimer particulièrement les chevaux puisqu'il réalisera une séquence identique dans son Caligula). Il y a aussi le fameux et mythique snuff-movie projeté lors du film et particulièrement troublant et inquiétant (tourné en super 8 avec une image immonde). La légende voudrait que ces courtes séquences aient inspiré Cronenberg pour son Vidéodrome, tant elles paraissaient réelles. Il faut bien avouer que D'Amato et Giannetto De Rossi ont réalisé ce qu'on peut encore considérer comme le plus extrême dans le genre ! Précisons également que dans certains pays (l'Allemagne surtout) des séquences sexuelles plus "démonstratives" furent tournées (fellation, éjaculation...), mais bizarrement celles-ci ne mettent jamais en scène l'héroïne. Pour info, la version proposée par Blue Underground est bien la version intégrale avec les inserts hard (1h40), qui donne au film ce cachet assez inhabituel.

 

 

L'histoire ne varie guère d'un film à l'autre : Emanuelle, journaliste bisexuelle, enquête aux quatre coins du monde, de préférence dans des pays exotiques, en dénonçant les pratiques les plus inavouables. On est bien loin des scénarios (?) insipides de l'original, même si ceux de Black Emanuelle sont à peine plus étoffés. D'Amato compense par un esprit très "sexploitation", où tout est permis ou presque. Nous sommes en pleine euphorie et insouciance sexuelle, les MST ne sont pas vraiment les préoccupations principales des protagonistes qui s'envoient en l'air à tout bout de champ et avec tout le monde. Pour preuve, le passage où la brave Emanuelle se fait menacer dans sa voiture par un fanatique, et se débarrasse promptement de son agresseur en lui faisant une pipe; scène surréaliste mais qui donne une bonne idée de la suite. Emanuelle (dont on oublie souvent le "Black" sur les affiches), ravissante journaliste, commence son enquête dans le Harem d'un certain Eric Van Daren. De fil en aiguille et en suivant le script, la belle se retrouve alors à Venise lors d'une soirée mondaine qui se transforme en partouze (c'est quoi la différence ?). Toujours accompagnée de son pendentif gadget dans lequel se dissimule un petit appareil photo, elle immortalise ces expériences. Mais c'est aux Caraïbes, dans un établissement très particulier où l'on peut s'adonner à divers fantasmes, qu'elle tombe sur le scoop du film : le fameux snuff-movie qu'un couple se projette en copulant. N'hésitant jamais à mettre la main à la patte (ou autre part), elle va droguer et violer la responsable de l'établissement pour avoir plus d'informations. Une fois renseignée, notre reporter de charme et de choc décide de remonter la filière (il faut préciser qu'a ce moment une bonne heure de métrage est déjà passée).

 


Comme d'habitude Laura Gemser est accompagnée de Gabrielle Tinti (1932-1991), son mari rencontré sur le premier film de la série. Le couple tournera plusieurs longs métrages ensemble (vingt-six), souvent sous la direction de D'Amato (Caligula, "Endgame", les cinq "Emanuelle"...). Le réalisateur Joe D'Amato n'a pas le talent de certains de ses confrères, mais c'est un véritable artisan (dans le sens le plus noble du terme) qui sait filmer vite et bien, sachant toujours où placer sa caméra sans trembler (ce qui est toujours un exploit lorsque l'on doit filmer les fesses de Laura Gemser ! ). Cette particularité en fera un des meilleurs réalisateurs italiens de hardcore des années 90. Après le soporifique Black Emanuelle en Afrique, D'Amato essaye d'épicer un peu ce nouvel opus en tentant d'insérer quelques scènes extrêmes. Malheureusement, il est plus aisé de faire accepter des scènes hard dans un film d'horreur que l'inverse; de plus, elles ont bien du mal à s'intégrer dans le film vu qu'elles arrivent dans la dernière demi heure. Comme d'habitude, D'Amato s'acquitte de sa tâche avec professionnalisme, mais ne peut empêcher malgré ses efforts une certaine lassitude, due notamment à la répétition un peu trop métronome des scènes érotiques, et surtout à l'absence d'une quelconque intrigue. Il reste une sorte de roman- photo érotique, destiné aux adultes consentants mais avertis, et à la recherche de frissons interdits (attention au snuff). Hymne à l'amour libre dans les décors les plus exotiques possibles, Black Emanuelle est une sorte Tintin du sexe dans lequel Minou aurait remplacé Milou ! Pas indispensable, mais curieux à regarder.

 

The Omega Man

 

 

* Quelques images supplémentaires :

 

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