Black Killer
Genre: Western spaghetti
Année: 1971
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Carlo Croccolo
Casting:
Klaus Kinski, Fred Robsahm, Antonio Cantafora, Marina Malfatti, Enzo Pulcrano, Tiziana Dini, Dante Maggio, Carlo Croccolo...
 

Les frères O'Hara (Ramon, Miguel, Pedro, Ryan et Slide) sèment depuis trop longtemps la terreur au sein de la ville de Tombstone. Bagarres, vols, viols, meurtres, on ne compte plus les larcins à leur actif. Les habitants y sont même régulièrement rançonnés. S'il ne fait pas bon vivre à Tombstone, il ne fait pas bon non plus en être le shérif. En effet, les neuf derniers ne sont pas restés longtemps en place, puisqu'ils ont été purement et simplement abattus par nos sympathiques bandits qui feraient passer les Dalton pour des comiques troupiers. Le juge Wilson décide de faire appel à un drôle d'homme de loi. Il s'agit d'un avocat vêtu comme un prêtre, et dont la bible qu'il tient constamment entre ses mains recèle un pistolet. En même temps que lui arrive le jeune pistolero Burt Collins, dont le talent de tireur n'est plus à prouver. Celui-ci se verra vite proposer de devenir le nouveau shérif. Après avoir refusé dans un premier temps, il acceptera dans un second, lorsque ses proches seront touchés par les méfaits des O'Hara. "Haro sur les O'Hara !" criera- t'il alors dans un excès de fougue !

En fait pas tout à fait... celui-ci sera battu comme plâtre et n'aura ensuite qu'une idée en tête, celle de se venger.

 

 

Voici un western transalpin qui, quitte à franchir les Alpes se perdrait par la Suisse, puisque la première réflexion qui me vient à l'esprit est : "Ni bon, ni mauvais, on a vu mieux, on a vu pire". Toujours mieux qu'une réponse de normand me direz-vous ("Faut voir par vous-même !"). Trêve de bouffonneries, Black Killer est un film assez médiocre dans l'ensemble, mais qui recèle quelques bonnes choses ou quelques bons moments.

Carlo Croccolo n'est pas un nouveau né, et celui-ci a même déjà une longue carrière en tant qu'acteur lorsqu'il décide de passer à la mise en scène. En effet, si l'on peut se souvenir de lui dans Danger : Diabolik !, difficile de retenir ce second couteau qui traîne pourtant ses guêtres sur les écrans depuis le début des années 50, ce sans discontinuer jusqu'à ce jour. On citera en vrac "Le quatrième mousquetaire" de Bruno Corbucci, "Casablanca, nid d'espions" de Henri Decoin ou encore "Comment j'ai appris à aimer les femmes", dans lequel il côtoyait pas mal de stars du moment (Michèle Mercier, Nadja Tiller, Elsa Martinelli, Anita Ekberg, Zarah Leander, Romina Power, Orchidea de Santis, Sandra Milo...).

En 1971, celui-ci réalise deux films sous le pseudo de Lucky Moore, ses deux uniques réalisations qui sont également deux westerns avec Marina Malfati : "Sartana, pistolet pour cent croix", et ce Black Killer qui nous préoccupe. Il n'est en tout cas pas étonnant qu'il se soit donné un second rôle dans ce dernier.

Hélas, si Croccolo semble avoir des dispositions en tant qu'acteur, il n'en va pas de même pour la mise en scène, qui apparaît ici pour le moins brouillonne.

 

 

Il est vrai qu'en 1971 le western spaghetti a déjà amorcé sa décadence, et peu d'œuvres tardives marqueront le genre. On est toutefois en droit d'attendre quelque chose d'un peu neuf, ce qui n'est pas le cas de Black Killer. Pour le plus singulier, disons qu'il aborde le thème du racisme et prend fait et cause pour le peuple indien, thème assez peu mis en scène au sein du genre transalpin, excepté par Sergio Corbucci et son Navajo Joe, et sans doute une poignée d'autres que j'oublie à l'heure où j'écris ces quelques lignes. A son crédit toutefois, une manière de filmer assez crue, avec quelques éclairs de sadisme fort bienvenus, à l'instar d'un viol assez éprouvant, voire légèrement perturbant car pratiqué dans la bonne humeur. La présence de Klaus Kinski hausse également le film vers le haut. Si celui-ci parle peu, son léger sourire en coin relève la pale prestation de Fred Robsahm (Django the Bastard). Ailleurs, ce sont surtout les femmes (Marina Malfatti, Tiziana Dini) qui emportent le morceau. Non pas par leur performance, mais plutôt par leurs qualités plastiques. La vengeance de l'indienne et son aptitude au tir à l'arc est un assez bon moment, surtout que se prenant alors une balle, elle se retrouvera allongée nue sur le ventre la scène suivante afin d'être soignée par notre pistolero de pacotille.

 

 

A propos de pacotille, la bande de méchants se pose là ! On ne sait trop pourquoi ils portent des noms à consonances irlandaises alors qu'ils ressemblent à des mexicains, tant par leur ridicule accoutrement hispano-hippie que de par leur faciès. De même, la raison pour laquelle le drame se situe à Tombstone. Il ne faudra pas s'attendre non plus à voir surgir un Wyatt Earp ni même un Doc Holliday. A peine si le nom est là en guise de clin d'œil ou d'hommage, c'est tout du moins par indulgence ce que l'on préfèrera penser. Tout juste si Carlo Croccolo parvient par moments à installer (esquisser) une ambiance légèrement poisseuse, lorgnant vers le film d'horreur. Mais c'est après tout le minimum que l'on est en droit d'attendre d'un spaghetti, et malgré la bonne partition de Daniele Patucchi lorgnant fortement vers le Morricone période Le Grand Silence, notamment dans tous les passages dans lesquels Kinski, caché derrière les rideaux de sa chambre, épie tout se qui se trame au sein de la ville.

C'est à peu près tout ce qu'a à offrir Black Killer dont le final, il convient de le préciser pour ne pas finir sur une note trop positive, demeure assez minable.

 

 

Mallox
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