Monstre vient de la mer, Le
Titre original: IT Came from Beneath the Sea
Genre: Science fiction , Fantastique , Agressions animales
Année: 1955
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Robert Gordon
Casting:
Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith, Dean Maddox Jr, Chuck Griffiths, Harry Lauter, Richard W. Peterson...
 

Pete Mathews est commandant à bord d'un sous-marin atomique américain navigant dans les fonds de l'Océan Pacifique. La mission est protectionniste et a pour but de déceler d'éventuels intrus étrangers et de les dissuader. Celle-ci se déroule de façon paisible jusqu'au moment où le sous-marin est arrêté par une force mystérieuse. Bientôt, une forme noire gigantesque apparaît sur le radar avant de se faire menaçante, n'étant pas loin de faire couler l'immersible.

L'équipage saura toutefois se défaire de la menace et parviendra à rentrer à bon port. L'étrange attaque demeurerait mystérieuse si l'on ne trouvait bientôt un lambeau de chair pris dans l'une des hélices de l'appareil. Après analyse de l'échantillon, les scientifiques sont formels : il s'agit d'un bout de tentacule issu d'une pieuvre géante !

Une cellule de crise se met en place au sein de l'état major. Elle a pour but de pourvoir à la menace que constitue l'immense bestiole autant tentaculaire que spectaculaire. Très vite, le poulpe démesuré se rapproche de la côte. Toutes les forces armées sont alors prêtes pour l'accueillir. Comme dit dans le préambule du film, l'armée est alors techniquement prête à combattre tous ses ennemis, mais certaines menaces dépassent si bien l'entendement que cela ne suffira pour le coup peut-être pas...

 

 

On pourrait penser qu'il s'agit là d'une suite au fort bon "It ! The Terror from Beyond Space" d'Edward L. Cahn, il n'en est rien. Le film de Robert Gordon fut tourné pas loin de trois années auparavant suite à quelques succès publics notables. "Destination Lune" en 1950, puis "La chose d'un autre monde" de Niby/Hawks( ?) en 1951, rencontrent un beau succès, lequel fera donc quelques petits parmi les gros monstres qui finiront bientôt par pulluler au travers des années 50. Suivra donc en 1953 "Le monstre des temps perdus" d'Eugène Lourié, dans lequel officiait déjà le grand Ray Harryhausen avant de rencontrer le producteur Charles H. Schneer, avec lequel il collaborera ensuite à plusieurs reprises. Avec bonheur le plus souvent, puisque dans l'ordre, on leur devra "Les soucoupes volantes attaquent", "À des millions de kilomètres de la Terre", "Le 7eme voyage de Sinbad", "Les voyages de Gulliver", "L'île mystérieuse", "Jason et les argonautes", "Les premiers hommes dans la Lune", "La vallée de Gwangi", "Le voyage fantastique de Sinbad", "Sinbad et l'œil du tigre" ; puis, ce qui constituera un chant du cygne, "Le choc des titans". Pourtant, le chaînon manquant des trois premiers films mis en chantier au début de la décennie en question reste l'incontournable Kenneth Tobey, acteur à la filmographie hétéroclite et stupéfiante, et garant semble-t-il à l'époque du succès des films dits de gros monstres radioactifs.

Disons le de suite, en vieux briscard il demeure l'un des seuls acteurs ici à peu près convaincant, et sans lui le casting serait pas loin de frôler la correctionnelle. Mais la mauvaise direction d'acteurs n'est pas le seul défaut du film.

 

 

Pas de doute que l'association Schneer / Harryhausen fera mieux par la suite, et bien que ce "Monstre venu de la mer" possède quelques qualités, il demeure encore symptomatique d'une époque où le manque de moyens rimait hélas le plus souvent avec un certain statisme, en plus d'étaler tout un arsenal militaire destiné à rassurer autant qu'exalter le public en ces temps de guerre froide. C'est un problème que l'on retrouve donc à nouveau à l'écran et l'on peut dire, sans crainte de se tromper, que cette guerre idéologique a une fois de plus ici bon dos. Tout y passe ! La Royal Air Force, L'US Navy, Les forces de police, Les pompiers de San Francisco (bien avant "Backdraft" et le navet post 11 Septembre d'Oliver Stone !). Toutes les forces sont mises en place pour contrer l'ennemi qui, subtil détournement, n'est pas un gros poulpe venu d'U.R.S.S, mais d'une contrée finalement bien moins connue, la mer. De fait, pendant ce temps l'on assiste à rien de ce que l'on était venu voir, et s'il y a bien un tentacule qui émerge ici ou là (un bateau littéralement absorbé, un hélicoptère qui se fait cueillir comme un fruit), la plupart de la pellicule se divise entre stratégies militaires dont on a que faire, études scientifiques grossières dont on décroche poliment, et historiette amoureuse à la fois désuète et hors-jeu entre notre commandant Mathews (ce bon Tobey donc) et le professeur Lesley Joyce, campé par une Faith Domergue au pire de sa forme. Celle-ci ne semble absolument pas concernée par son rôle, et paraît même comme gênée d'être là, avec une ogive nucléaire dans le fion. On connaît bien la dame, on la sait capable de mieux faire puisqu'on l'a déjà vu la même année plus inspirée dans les excellents "Survivants de l'infini", et on la retrouvera avec plaisir dans les deux décennies à venir au sein du superbe "Perversion Story" de Fulci, ou bien encore dans "The Man with Icy Eyes" d'Alberto de Martino. Bref, elle est tellement mauvaise dans ce “It came from Beneath the Sea” qu'elle aurait pu contaminer à elle toute seule la colossale pieuvre pourtant déjà radioactive ! Hélas, cela pourrait encore passer si le reste du casting (Kenneth Tobey excepté) n'était pas au même niveau.

 

 

Que reste-t-il donc à se mettre sous la dent (de la mer ha ha !) ? Et bien tout bêtement les scènes animées par le maître es-pâte à modeler, Ray Harryhausen qui, dans le dernier quart d'heure, parvient à lui seul à redonner de la vie au film grâce à sa pieuvre qui s'en vient prendre littéralement San Francisco d'assaut, détruisant au passage le Golden Gate Bridge, semant la panique à tout va au sein de la population, et écrasant de ses lourdes extensions des groupes d'américains qui se croyaient un peu trop sûrs d'eux, à l'abri (leur aurait-on menti ?).

C'est à n'en pas douter (avec les cinq premières minutes de mise en bouche pas trop mal filmées dans le sous-marin), et de loin, ce que le film a de mieux à offrir. Autant dire que l'inventivité et les prouesses de Harryhausen ne parviennent pas à compenser les multiples défauts d'un film qui, la plupart du temps, ennuie. Autant revoir le "Godzilla" de Honda tourné l'année précédente, avec lequel il entretient du reste ne nombreuses similitudes.




Mallox

A propos du film :

# Le faible budget du film contraignit Ray Harryhausen à bâtir un poulpe détenant six tentacules au lieu de huit. Ce dernier est montré à l'écran de telle sorte que le subterfuge n'est pas visible.

# Lors de sa sortie en salle, le film fut projeté en double programme avec "Creature with the Atom Brain" (Le tueur au cerveau atomique) de Edward L. Cahn.
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