Thirst, ceci est mon sang
Titre original: 박쥐 Bakjwi
Genre: Vampirisme , Fantastique , Drame
Année: 2008
Pays d'origine: Corée
Réalisateur: Park Chan-wook
Casting:
Song Kang-ho, Ok-bin Kim, Ha-kyun Shin, Dal-su Oh, Kim Hae-Sook, Mercedes Cabral, Park In-Hwan, Song-Young-Chang, Eriq Ebouaney...
 

Sang-hyun est un jeune prêtre aimé et respecté. Il se porte volontaire pour tester de nouveaux vaccins afin de combattre une nouvelle maladie infectieuse redoutable, baptisée FIV. Malheureusement, le test échoue et il est contaminé. Mais contre toute attente, il s'en sort miraculeusement et rentre chez lui. La nouvelle de sa guérison mystérieuse se propage, et de plus en plus de gens viennent le trouver pour recevoir sa bénédiction, espérant sans doute que le miracle se reproduise. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance et sa femme. Il est immédiatement attiré par elle. Alors qu'il est en plein tourment, sa santé se dégrade brusquement, il tombe vraiment malade, se met à tousser, à cracher du sang et meurt épuisé. Mais le lendemain, il revient à la vie ! Il n'est plus tout à fait le même qu'avant...



Park Chan-wook s'est fait remarquer en 2000 avec un certain J.S.A., gros succès au box office coréen, et qui fit très bonne impression à l'étranger dans de nombreux festivals, où il récolta quelques prix. Mais c'est sûrement sa trilogie "Sympathy for Mr Vengeance", "Old Boy" & "Lady Vengeance" qui non seulement va lui a ouvrir les portes du succès à l'étranger mais aussi lui apporter une certaine reconnaissance critique, ce qui est plutôt rare. Depuis, chaque projet du réalisateur est donc attendu avec impatience. "Thirst", son dernier film, est sa vision personnelle sur la condition de vampire (autant dire que la symbolique est des plus évidentes), ici représentée comme un mutant - résultat d'une expérience scientifique. Mais chez Park Chan-wook, le vampire est très loin des stéréotypes de rigueur dans le genre, même le plus déviant, et pour appuyer encore sa démarche originale le scénario prend comme référence "Thérèse Raquin" de Zola ; autant dire que le résultat va s'avérer des plus intéressants.

 

 

Le film de Park Chan-wook se rapproche plus d'oeuvres comme "Martin" de Romero ou "Le Mort Vivant" de Clark, le vampirisme étant vécu comme une malédiction (maladie) ; on pense aussi à l'univers d'Anne Rice et son "Entretien avec un vampire". Être un vampire n'est pas de tout repos et pose d'innombrables problèmes au quotidien. Si le héros parvient à les résoudre de manière parfois originale (comme s'alimenter directement sur un comateux via un tuyau), il lui arrive aussi d'avoir des moments de faiblesse et de vouloir se suicider (scène hilarante où il saute plusieurs fois par la fenêtre pour atterrir chaque fois sur la même voiture). C'est l'une des particularités du film, un humour parfois scatologique (voir la scène du pet) mais toujours drôle ou original (les apparitions du mari mort) voire grotesque, mais qui finit même par phagocyter l'ensemble du métrage, comme un virus. A ce titre, il est intéressant de comparer l'affiche originale, beaucoup plus proche de l'ambiance du film, et l'affiche française, un peu trop sévère et qui ne fera que dérouter encore plus certaines personnes. Pourtant, les différences sont minimes, mais essentielles !




En tout cas, voilà une manière particulièrement atypique d'aborder un thème immuable et des plus familiers, où les lieux communs font en général eaux de toute part (ici, pas de crucifix ou d'ail), Park Chan-wook les ignore ou les détourne. La condition de vampire est un chemin de croix, presque un sacerdoce, et ce n'est pas l'histoire d'amour torturée qui va arranger les choses, car chez Park Chan-wook rien n'est jamais simple, et surtout pas les sentiments basiques (amour, haine, vengeance). Aimer et être vampire (ici le vampirisme est clairement représenté comme une maladie) sont deux choses particulièrement pénibles à gérer, et le pauvre Sang-hyun n'étant préparé ni à l'un (parce qu'il est prêtre) ni à l'autre, va se trouver face à plusieurs dilemmes, en n'étant pas certain qu'il fera le bon choix.
Le film permet de nouveau à Park Chan-wook de démontrer sa maîtrise technique, comme le montre une caméra dont les mouvements sont d'une fluidité exemplaire, sans parler de l'utilisation optimum des décors quelques fois étriqués, et d'un travail incroyable sur les couleurs (voir une prédominance du bleu et du blanc). Visuellement très riche, le film contient nombre de scènes surprenantes et extravagantes, comme la double strangulation ou le final d'une beauté rare. Malheureusement, on peut regretter que l'ensemble finit par tourner à l'exercice de style, et semble parfois un peu trop mécanique dans la manière de détourner un mythe. Toutefois, voilà une oeuvre intéressante qui a le courage d'offrir une vision différente ; en effet, catholicisme et vampirisme (ici étroitement liés) ne sont pas des thèmes courants en Asie. De toute façon, "Thirst" est un film à voir, car il ne laissera pas le spectateur indifférent (dans le bon ou mauvais sens). En tout cas, il s'agit encore d'une réussite pour le réalisateur coréen qui devient une figure incontournable du cinéma ; espérons qu'il ne tombe pas dans l'autosatisfaction comme le fit M. Night Shyamalan.

 

 

The Omega Man

 

En rapport avec le film :


# Sélectionné à Cannes, le film obtient le prix du Jury, ce qui est hautement mérité.

Attention à ne pas confondre le film avec Soif de sang" - aka "Thirst" - autre histoire de vampire sortie en 1979 et réalisée par Rod Hardy.

 

# La fiche dvd Wild Side du film "Thirst"

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