Doctor Blood's Coffin
Genre: Science fiction , Horreur , Thriller
Année: 1961
Pays d'origine: Royaume-Uni
Réalisateur: Sidney J. Furie
Casting:
Kieron Moore, Hazel Court, Paul Hardtmuth, Ian Hunter, Gerald Lawson...
Aka: Le Cadavre qui tue (Belgique)
 

A Vienne, un vieux savant rentre dans son laboratoire et surprend son jeune protégé Peter (Kieron Moore) en pleine expérimentation sur un cadavre, tentant de le faire revenir à la vie. Furieux, il le somme de quitter les lieux. Ce dernier ne se le laisse pas dire deux fois et fait ses valises pour la Cornouailles dans un petit village du Sud-ouest de l'Angleterre où il retrouve son père, pratiquant lui-même la médecine (Ian Hunter). Sur place, Peter continue donc à exercer son métier de médecin et rencontre la jeune infirmière Linda Parker (Hazel Court) dont il tombe amoureux. Seulement, les villageois ont une fâcheuse tendance à disparaître, faisant les frais des nouvelles expériences du jeune médecin obnubilé par la résurrection des morts...

 

 

La carrière de Sidney J. Furie, qui a débuté avec des mélodrames sur fond de jeunesse et d'acné à la fin des années 50, revêt des allures de déception. En effet, celui-ci fit surtout illusion au milieu des années 60 où il livre ses meilleurs films avec "Ipcress - danger immédiat", une bonne aventure de Harry Palmer, puis "L'homme de la Sierra", un western atypique avec Marlon Brando. En 1978, il tourne "Les boys de la compagnie C" qui, s'il demeure quelque peu oublié à ce jour, peut être considéré comme précurseur du "Full Metal Jacket" à venir. Hélas, à l'amorce des années 80, ses films se font de plus en plus roublards et médiocres : en 1982, le réalisateur renoue avec la veine horrifique qui l'a fait connaître et tourne L'emprise, banale adaptation d'un roman de Frank De Felitta, surfant sur la vague post-Exorciste, tentant de se singulariser par une teneur sexuelle pourtant très factice. La suite de sa carrière se fera déclinante et décevante avec entre autres, "Superman IV" et la série des "Aigle de fer". A noter que ce vieux roublard tourne encore à l'heure où j'écris ces lignes et vient de signer une comédie d'aventures regroupant Bo Svenson, Margot Kidder et Louis Gossett Jr. Seulement cela fait une bonne décennie déjà que ses films, jugés médiocres, sortent directement en dvd.

 

 

Concernant Doctor Blood's Coffin, il convient de le voir comme faisant partie d'un lot de deux avec "The Snake Woman", tourné la même année : deux commandes horrifiques des producteurs George Fowler et David E. Rose, lesquels tentent alors de surfer sur les succès de la Hammer : "Frankenstein s'est échappé" et "La revanche de Frankenstein". Pour celui-ci, on refile à Sidney J. Furie un scénario éventé signé Jerry Juran, qui n'est autre que Nathan Juran, le réalisateur du "Cerveau de la planète Arous", "L'attaque de la femme de 50 pieds" et de deux belles réussites de la Fantasy : Le septième voyage de Sinbad et Jack le tueur de géants. On confie le rôle principal à Kieron Moore qui n'a pas, jusque là, particulièrement attiré l'attention, évoluant la plupart du temps en tant que second rôle depuis le milieu des années 40, parfois en tête d'affiche de petites S.F. fauchées comme "Les premiers passagers du satellite" de Paul Dickson ou de petits récits guerriers ("Le commando sacrifié" de Michael Carreras). On le reverra ensuite dans "La révolte des Triffides" et dans Quand la terre s'entrouvrira. On lui adjoint la jolie Hazel Court, aperçue dans Devil Girl from Mars, laquelle vient justement de tourner "Frankenstein s'est échappé !" trois ans auparavant et "L'homme qui faisait des miracles", tous deux de Terence Fisher, ce, afin de capitaliser encore davantage sur les succès Hammeriens. A noter que l'actrice n'a cependant pas encore tourné avec Corman, ce sera chose faite dès l'année suivante avec L'enterré vivant. Suivront Le Corbeau et Le masque de la mort rouge. Quant à Ian Hunter, ici dans le rôle du papa, il a plus de 35 ans de carrière lorsqu'il tourne Le Cadavre qui tue et s'apprête alors à prendre sa retraite cinématographique.

 

 

Le résultat est, disons-le sans détour, franchement moyen, pour ne pas dire médiocre. Après une intelligente, théâtrale et très directe entrée en matière, dans laquelle le vieux professeur surprend son "stagiaire" en train d'exercer une médecine profane, ce, avant de le congédier, le générique démarre, le film aussi, tout du moins logiquement, pour sitôt figer sur notre Mengele en herbe, s'installant dans un petit village de Cornouailles, ouvrant son propre cabinet, puis perpétuant ses méfaits tandis que la méfiance des habitants se fait de plus en plus grande dès lors que les pistes assassines mènent à celui-ci.
S'ensuit une histoire d'amour franchement absurde et peu folichonne entre Hazel Court toujours et Kieron Moore : ce dernier tente par tous les moyens de faire comprendre à l'infirmière éprise la raison de ses actes : "faire progresser l'humanité par la scienceuh !". A partir de là, Doctor Blood's Coffin tombe à la fois dans le ridicule et dans l'ennui. On note toutefois ici et là quelques passages surprenants, à l'instar d'une scène de chirurgie gore, tandis que la caméra épouse, sans doute pour donner un contour et du caractère à un produit informe et inodore, des angles plus ou moins tarabiscotés. En passant, on ne manque pas de repérer que le caméraman n'est autre que Nicholas Roeg qui fera, à partir des années 70, la carrière que l'on sait. L'enquête menée par la police est elle aussi basique et téléphonée (finalement le scénario de Nathan Juran n'est pas loin, outre Frankenstein, de reprendre l'intrigue des "Yeux sans visage" en déplaçant son contexte tout droit issu du krimi), tout comme l'artifice qui consiste à ne pas nous montrer le visage du savant fou, comme si le spectateur pouvait rester dupe plus de trente secondes.

 

 

Si ce n'était un final à réveiller les morts, il n'y aurait qu'une seule et unique chose qui tiendrait en éveil : la musique de l'incontournable Philip Martell, qui du reste martèle tellement qu'elle se retrouve au rang de partition pompière, dépassant largement, et sans jamais s'arrêter, l'action se déroulant à l'écran. Finalement, Le Cadavre qui tue annonce à sa manière une façon de faire propre au réalisateur : du camouflage et de l'enflure, deux traits qu'on retrouvera dans le putassier The Entity.

Mallox

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