Monstres de l'île en feu, Les
Titre original: Dinosaurus !
Genre: Science fiction , Fantastique , Agressions animales , Aventures
Année: 1960
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Irvin S. Yeaworth Jr. (Irvin Shortess Yeaworth, Jr.)
Casting:
Ward Ramsey, Paul Lukather, Kristina Hanson, Alan Roberts, Gregg Martell, Jack Younger, Howard Dayton, James Logan, Wayne Treadway...
 

Un groupe d'américains tente de construire un port sur une île des Caraïbes. Pour ce faire, ils ont recours à quelques bombardements en pleine mer, lesquelles auront bientôt des conséquences que personne n'aurait envisagées.
La découverte est de taille : un tyrannosaure, puis un brontosaure, sont retrouvés congelés !
On les remorque sur la plage. Un homme de cavernes est aussi repêché. Après l'avoir lavé, on laisse tout ce beau monde sur la plage, estimé à jamais endormi.
Néanmoins, la nuit venue, un violent orage éclate. C'est le T-Rex qui émerge en premier, bouffant sans prévenir l'un des hommes assignés à la surveillance de cette drôle de trouvaille.
Le brontosaure suivra, un peu plus hébété, et surtout un peu plus pacifique, n'étant pas, par définition, carnivore. Il se liera même d'amitié un peu plus tard avec Julio (Alan Roberts), l'un des enfants de l'île, dans son exploration des lieux.
Il en ira de même pour l'homme de Néandertal, qui découvrira les joies du modernisme, ce qui n'ira pas sans quelques frayeurs de parts et d'autres. Tandis que Mike Hacker (Fred Engelberg) s'escrimera à tuer les animaux sans distinction, Julio, aidé par Bart Thompson (Ward Ramsey), Betty Piper (Kristina Hanson), le brontosaure (domestiqué pour le coup et qui servira même de monture), puis du primate (qui s'avèrera être un type charmant, cordial et même galant, quoique légèrement froussard), tentera de mettre fin au danger que représente le méchant T-Rex, tout en mettant les habitants de l'île à l'abri...

 

 

Si le nom de Irvin S. Yeaworth Jr. est assez peu connu, nombreux, en revanche, sont ceux qui ont vu l'un de ses grand succès, "The Blob", devenu depuis lors un petit classique, avec même un Steven McQueen encore débutant ; une petite série B ayant accédé au fil du temps au statut de classique, lequel s'est vu depuis ‘remaké' par Chuck Russell à la fin des années 80. Membre actif de l'Eglise Presbytérienne, Yeaworth Jr. ne réalisa à peine plus qu'une poignée de films, dont un Teenploitation ("The Flaming Teen-Age" en 1956), ainsi que deux films singuliers en 1967 : "The Gospel Blimp", dans lequel un couple de presbytériens achetait un ballon dirigeable pour vanter les mérites de Jésus Christ, et "Way Out", un "Drugsploitation" expliquant la difficulté à se désintoxiquer. Entre les deux, il tournera trois films fantastiques ou "science-fictionnesques", dont le Hit évoqué plus haut, "4D Man" (alias "Le monstre aux abois"), l'année suivante, puis ce petit film de gros monstres préhistoriques pour le moins farfelu, "Les monstres de l'île en feu". Pour ce dernier, il collabore à nouveau, après "The Blob", avec Jack H. Harris, dont l'imagination lui sert d'histoire de base, et, avec lequel il coproduira à nouveau cette petite livraison indépendante.
On retrouve également au générique son scénariste attitré, Theodore Simonson qui, hormis un script livré pour une série télévisée mettant en scène Ronald Reagan, ne travaillera pour le cinéma que sur deux des trois films fantastiques tournés par Irvin S. Yeaworth Jr.

 

 

Puisque le domaine scénaristique rejoint souvent celui de la cohérence, sinon de la crédibilité, disons-le d'emblée : au niveau du nombre de fantaisies que se sont accordé tout ce beau monde, ça n'y va pas de main morte et c'est tant mieux !
Passons sur le fait qu'un homme de Néandertal soit retrouvé congelé et accompagné des deux gros monstres dans cette île aux enfants, sinon pour grands enfants, pour dire en toute simplicité que, jamais dans la réalité, un T-Rex n'a rencontré de brontosaure.
Le brontosaure faisait parti de la période jurassique, laquelle précédait la période Crétacé dans l'ère Mésozoïque, où l'on trouvait bien des tyrannosaures. Quant à l'homo-sapiens ici présent, c'est plus tard qu'il fit lui aussi son apparition. Pour parachever l'absurdité du postulat de départ de ce "Dinosaurus!", précisons que ces trois espèces n'ont, qui plus est, jamais évoluées sur les mêmes continents. Difficile de croire un seul instant qu'on les retrouve au même moment et surtout au même endroit, au sein des îles des Caraïbes.
J'entends des voix qui me disent : "On s'en fiche un peu !". C'est exact, on s'en fiche un peu. Tout ceci n'est bien sûr que pure fantaisie, et ce que nous, spectateurs, sommes venus rechercher, c'est un peu d'ivresse...
Une ivresse belle et bien présente, bien que de façon sporadique. Irvin S. Yeaworth Jr n'est pas un grand metteur en scène, et sa conduite du récit, aussi limpide soit-elle, reste dans le domaine du plaisant sans jamais atteindre les cimes débridées et survoltées de la très dynamique "Vallée de Gwangi", par exemple. On serait d'ailleurs plus proche du "Monde perdu", tourné la même année par Irwin Allen, qui faisait trop longtemps patienter son monde avant de balancer son premier dinosaure sur pellicule. Ici, on les verra bien plus tôt, mais la technique, à l'instar du film d'Allen (dans lequel des lézards étaient tout simplement agrandis et doté de cornes), reste assez sommaire. Non seulement ils sont filmés la plupart du temps de nuit, mais en plus les effets spéciaux, à base de latex, sont loin d'égaler ni en technicité, ni en poésie, le travail d'un Ray Harryhausen.

 

 

Ailleurs, les acteurs, quoique livrant d'honnêtes prestations, se montrent assez peu charismatiques. L'atmosphère arrive toutefois à se mettre en place grâce à une superbe photographie du génial Stanley Cortez ("La nuit du chasseur"), aidée qui plus est par une excellente partition musicale de Ronald Stein qui travailla beaucoup pour Roger Corman ("Sorority Girl", "La petite boutique des horreurs", "La dernière femme sur terre" ...) mais pas seulement, puisqu'on lui doit une kyrielle de compositions inspirées, dont celle pour "Spider Baby" de Jack Hill.
A n'en pas douter, le plaisir est ailleurs. Si "Dinosaurus!" exploite parfois de façon maladroite le film de monstres, ce qui le classe à part, c'est un humour omniprésent.
Un humour, soit, le plus souvent bon enfant, mais un humour qui fait mouche le temps de quelques scènes hilarantes. Celui qui remporte ici le morceau est sans conteste notre néandertalien, campé haut en couleur par un Gregg Martell que l'on retrouvera l'année suivante dans "Valley of the Dragons" d'Edward Bernds.
Il offre au film ses points les plus culminants. Il sera difficile de se retenir de rire lors de sa découverte du monde moderne, et toute la longue séquence au sein de laquelle il explore la maison d'une vieille habitante de l'île est à se pisser dessus.
Il se heurtera tout d'abord à une vitre ("Mais quelle est cette muraille invisible qui m'empêche de pénétrer dans cette drôle de caverne ?"), avant de se retrouver nez à nez avec la maîtresse des lieux, venant de se faire un masque. Les deux prendront peur. La première chose qu'il assimilera comme un objet proche de son univers sera une hache trouvée dans la remise à outils. Il tentera bien de manger les fruits luisants dans une coupe, mais les recrachera, dégoûté ; logique puisqu'il s'agit de fruits en plastique pour un objet purement décoratif. Sa découverte des toilettes sera sa pire frayeur. Alerté par le bruit de l'eau, il s'approchera un peu méfiant pour tirer la chasse puis s'enfuir à toutes jambes !
Plus tard, on le retrouvera, après avoir fait connaissance avec l'enfant Julio, à dos de brontosaure qui, pour le coup, leur servira de monture.

 

 

Ce n'est donc pas tant pour ses créatures elles-mêmes qu'il conviendra de voir "Les monstres de l'île en feu", mais pour l'alternative rigolarde qu'il offre dans le paysage des films de dinosaures. C'est grâce à son penchant pour le comique et la fantaisie, que le film d'Irvin S. Yeaworth Jr. reste un spectacle plaisant, jamais ennuyeux, malgré ses évidentes carences.


Mallox

 

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