Camion de la mort, Le
Titre original: Warlords of the 21st Century
Genre: Action , Aventures , Post-apocalypse
Année: 1982
Pays d'origine: Nouvelle-Zélande
Réalisateur: Harley Cokeliss
Casting:
Michael Beck, Annie McEnroe, James Wainwright, Bruno Lawrence, John Bach, Randy Powell...
Aka: Battletruck / Destructors
 

Le monde est plongé dans le désordre et l’anarchie à la suite des guerres du pétrole. Un colonel et ses hommes de main sèment la terreur, mais la fille de celui-ci veut s’échapper avec l’aide d’un mystérieux motard.

 

 

Suite au succès mondial de Mad Max et de sa suite Mad Max 2, aka "The Road Warrior", les routes du futur deviennent bien vite encombrées d’ersatz plus ou moins fidèles. Cette mode, appelée affectueusement "post nuke" (et qui croîtra en parallèle avec l’héroïc fantasy), donnera naissance à de fulgurants navets souvent cultivés en Italie. Le seul intérêt que l’on pouvait trouver à ce genre de productions était les magnifiques affiches, qui essayaient de cacher un manque évident de moyens et d’idées. En 1982, une petite surprise débarqua de Nouvelle Zélande, et réussit même à escalader les sommets enneigés d’Avoriaz. Battletruck, alias Le camion de la mort, arrivait donc chez nous, très influencé par le camion citerne de Mad Max 2 (même si le réalisateur affirme avoir eu l’idée du film bien avant). Il faut avouer que l’engin avait de la "gueule", et semblait bien parti pour supplanter ses confrères transalpins, même si dans la réalité la machine ne dépassait pas les 80 km/h.


Rien de neuf dans le futur, comme nous l’annonce joyeusement une voix off. Les puits de pétrole des émirats sont en train de brûler, les réserves mondiales de pétrole diminuent dangereusement et les villes sont livrées au pillage. Pendant ce temps, une partie de la population s’exile à la campagne, pensant échapper à la folie ambiante. Mais c’était sans compter sur Straker, un colonel renégat qui sillonne la campagne, terrorisant et pillant aux commandes de son camion blindé.
A ses côtés, sa fille, qui ne partage guère la passion de son père pour la rapine et la violence gratuite, réussit à lui échapper et croise le chemin d’un mystérieux motard appeler Hunter. Celui-ci l’amène dans une communauté agricole vivant paisiblement sans savoir qui elle est vraiment. Evidemment, le "papounet", un rien contrarié, va s’empresser de débarquer histoire de foutre le bordel. Seulement cette fois, il y a un os qui s’appelle Hunter.

 

 

Inférieur à la trilogie australienne de George Miller, dont il n’arrive jamais à retrouver le punch, le film de Cokeliss n’a cependant pas de mal à surpasser ses nombreux concurrents italiens de l’époque, se plaçant largement au dessus de la mêlée. Comme dit le proverbe, "au pays des aveugles, les borgnes sont rois !".
Et en effet, Battletruck part sur une idée intéressante mais très mal exploitée. Le duel entre le motard et le monstre d’acier aurait pu prendre des proportions homériques ; hélas le réalisateur ne réussit jamais à se départir de son budget, et exploite très mal son fameux camion. Heureusement, la campagne néo-zélandaise nous change des décharges de la banlieue milanaise, et quelques scènes d’action viennent nous tirer de notre torpeur. En fait, il n’y en a vraiment que deux : l’attaque du camp des méchants par Hunter, au volant d’un véhicule bricolé digne d’un épisode de "L’agence tous risques" ; et l’affrontement final avec le camion. Le reste consiste en des scènes d’exposition parfois intéressantes, comme la relation limite incestueuse entre Straker et sa fille, ou les apparitions du même Straker (James Wainwright, le seul qui s’en tire bien). Pour le reste, Michael Beck est inexistant et Annie Mc Enroe est complètement nulle ; elle est, de surcroît, moche comme un pou ! On a l’impression que seul le camion joue juste !

 

 

Etonnant parcours que celui des deux principaux protagonistes du film. En effet, Michael Beck, belle gueule des années 80, avait tout pour réussir : un début fracassant dans "The Warrior" de Walter Hill, et la télésuite "Holocaust". Mais c’était sans compter sur des choix de carrière carrément aléatoires. Car il apparaît difficile d’être crédible après avoir enchaîné "Xanadu", Battletruck, "Megaforce" et "The Last Ninja". Il se tourna alors vers la télévision, où il apparut dans un honnête téléfilm signé Wes Craven, "Chiller", et une série dans laquelle il tenait la vedette en compagnie d’un autre "has been", Michael Paré. De son côté, l’actrice Annie McEnroe, croisée dans plusieurs Oliver Stone ("The Hand", "Wall Street", "The Doors"), se compromit dans l’inénarrable Hurlement / Howling 2 où elle ne faisait pas le poids face aux pare-chocs de l’aérodynamique Sybil Danning. Ensuite, on la retrouvera sporadiquement dans quelques productions comme "Manhunter" (même pas créditée), Beetlejuice ou "Cop"... une carrière bien étrange.


Le réalisateur Harley Cokeliss ne laissera pas non plus de grands souvenirs, après avoir été réalisateur de la seconde équipe sur L’Empire contre-attaque. Il réalise ce Camion de la mort, puis enchaîne sur la voiture de "Black Moon Rising", d’après une idée de John Carpenter. Il réalise également l’un des derniers bons Burt Reynolds ("Malone") et un film d’horreur intitulé "Dream Demon", avant de rejoindre la télévision, où il s’occupera des aventures de "Hercule" et "Xena".
Terriblement mou du genou, ce Battletruck se laisse pourtant regarder. C’est sûrement un coup de nostalgie envers un film qui n’a de mythique que le titre, et qui faisait rêver les rats de vidéothèque que nous étions.

 

 

The Omega Man

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