Aventures de Richard le téméraire, Les
Titre original: Tim Tyler's Luck
Genre: Aventures , Serial
Année: 1937
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Ford Beebe & Wyndham Gittens
Casting:
Frankie Thomas, Frances Robinson, Norman Willis, Al Shean, Anthony Warde, Earl Douglas...
 

Les crocodiles, les lions, les léopards et, surtout, le sinistre Spider Webb et ses hommes, aucune bête fauve donc, ni aucun homme plus sauvage encore, n'aura la peau de Richard le téméraire ! Ou plutôt de Tim Tyler ! (puisque je l'ai vu en VO, c'est ainsi que je l'appellerai). Il est jeune, certes, mais ô combien vaillant ; généreux aussi, parfois naïf mais toujours sincère et courageux. Bref, un archétype comme on en trouve que dans les vieilles bobines de serial (et celui-ci est largement septuagénaire) ou dans certaines bandes dessinées du siècle dernier destinées à l'enfance (et ça tombe bien puisqu'il s'agit ici d'une adaptation d'une BD de Lyman Young créée en 1928...)
Mais, une fois acceptée la convention sans nuance du genre qui veut le héros soit pur et sans défaut tandis que le méchant n'est que vilénie et cruauté, le déroulement des aventures de Tim à la recherche de son père (un scientifique parti en Afrique étudier les gorilles et dont on n'est sans nouvelles) dans un décor mi-jungle mi-prairie américaine (selon qu'on soit en studio ou en extérieur ou qu'ils s'agissent de stock-shots) se suivent avec un petit plaisir coupable : celui du spectacle manichéen et basique aux rebondissements peu crédibles mais baignant dans un univers irréel autant que sympathique.

 

 

Tim cherche son père, donc, tandis que la jolie Lora Graham, sous le pseudonyme de Lora Lacey, cherche l'infâme Spider Webb à cause duquel son frère innocent est en prison pour vol de diamants... Les chemins pris par ces trois-là se croisent sur une rivière infestée de crocos, Tim faisant rapidement alliance avec Lora tandis que Spider ne fera rien qu'à essayer de les occire, le petit salopiot, ou de les utiliser pour trouver le Saint-Graal africain par excellence : le cimetière des éléphants ! (qui était déjà l'argument principal des aventures du premier Tarzan avec Johnny Weissmuller de 1932).
Dans le camp des bons, outre Tim et Lora, on retrouve le sergent Gates et toute la patrouille de l'ivoire, chargés de contrecarrer les plans des contrebandiers et trafiquants de cet or blanc que trimballent innocemment autour de leur trompe les énormes pachydermes, à leurs risques et périls... Dans le camp des méchants, bandant bien dur pour ces défenses si rentables, outre Spider Webb, il y a surtout Garry Drake mais aussi quelques autres, tous aussi féroces que leur chef mais souvent un peu plus primaires et moins aptes à la réflexion (ce qui explique qu'ils ne soient pas devenus chefs, probablement...) Bon, il y a aussi un blanc qui a pris la tête de certains indigènes et les pousse à la révolte d'où grabuge, massacre et bordel mais... erreur scénaristique ? Oubli involontaire ? Fausse piste destinée à tromper l'ennemi ? On n'en entendra quasiment plus parler de ce type, ni de sa tribu, jusqu'à l'un des derniers épisodes où leur apparition aura vraiment l'air d'un prétexte artificiel pour en rajouter une louche dans l'aventure plutôt que d'un rebondissement plausible et palpitant.

 

 

N'empêche : pour un gosse de 1937, découvrir son héros de papier adapté sur grand écran, ce devait être quelque chose (et, apparemment, c'est une pratique qui est encore en cours aujourd'hui...) Qui plus est lorsque ce personnage est jeune, comme son lecteur / spectateur, et qu'il devient l'ami d'une panthère noire, d'un éléphant et d'un chimpanzé, comme aimeraient pouvoir l'être tous ceux qui dévorent les péripéties qui agitent les cases des planches de BD ou les images en mouvement projetées dans des cinémas qu'on imagine aisément de quartier.
74 ans plus tard, il faut bien reconnaître que tout cela a vieilli mais qu'il en reste une magie un peu éphémère, du genre à faire arborer un petit sourire en coin de contentement plutôt qu'un ricanement de mépris, une certaine connivence avec les auteurs qui président aux aventures de Tim (et, pour une fois, il ne s'agit pas du duo Witney et English, vu qu'on n'est pas chez Republic mais chez Universal) et qui s'efforcent de le fourrer dans des tas d'embrouilles au long des 12 chapitres d'une vingtaine de minutes qui constituent l'ensemble du film. Confronté à des gorilles querelleurs, plongé en plein milieu d'une douzaine de crocodiles affamés (le pire cliffhanger de la série, le plus ridicule aussi puisqu'il nous montre un pauvre Tim s'agitant frénétiquement à un mètre de la gueule des sauriens qui l'entourent, puis leur échappant à l'aide de quelques mouvements de crawl et d'une corde lancée par Lora...) , aux mains du sans-coeur Spider Webb, assommé par une explosion manquant de l'ensevelir sous les gravats, évanoui sur le plancher du croiseur de la brousse lancé à vive allure sans personne au volant, ... le croiseur de la brousse ??? Ah oui, c'est vrai, je ne vous ai pas encore parlé de cette géniale invention du père de Tim : un véhicule blindé ; paraît-il le summum pour se déplacer dans la jungle sans difficultés et sans risques ! Pas de bol, ce presque tank (il ne lui manque que le canon) a été piqué par Spider, évidemment, qui s'en sert tant et plus pour narguer le 20ème de cavalerie ! euh... je veux dire la patrouille de l'ivoire (mais il est vrai que cette petite troupe en uniforme passant son temps à débouler d'un fort à la poursuite des brigands fait très souvent penser à des tuniques bleues échappées d'un bon vieux western des familles).

 

 

Moins abouti que le très chouette Jungle Girl, ce Tim Tyler's Luck offre néanmoins, dans son genre, son comptant de scènes réussies et une atmosphère d'aventures un peu enfantines assez réjouissante. La naïveté de certains dialogues pourra également donner le sourire aux grands enfants pas tout à fait blasés (mais pas dupes non plus) qui se lancent dans le monde (fou, fou, fou) du serial. Des répliques débitées le plus sérieusement du monde comme : "Ce gros gorille va tuer votre gorille" m'amusent toujours un peu. Certaines approximations scénaristiques aussi, comme celle qui voit le Professeur Tyler, gravement blessé et à l'agonie, gambader presque joyeusement l'instant suivant pour venir en aide à Lora et même soutenir son fils Tim, blessé, avant de redevenir lui-même, au plan suivant, le blessé grave incapable de se mouvoir et donc à soutenir (* d'où un faux-raccord flagrant qui voit le trio Lora-Tim-Pr.Tyler dans une grotte devenir Tim-Pr.Tyler-Lora à sa sortie...)

Ajoutez à cela la bonne idée de faire en début d'épisode un rappel de la fin du précédent sous forme de cases de bande dessinée (hommage direct et bienvenu à l'œuvre à la base du serial) plus de belles séquences avec des types en costumes de gorilles et on aura compris qu'il y a là matière à passer plusieurs heures agréables et mouvementées dans une jungle de pacotille, certes, mais qui n'a de toutes façons jamais prétendu faire oeuvre documentaire.

 

 

Bigbonn


En rapport avec le film :

# La fiche dvd Bach Films de "Les aventures de Richard le téméraire"

 

* Le faux-raccord :

 

 

Dans la grotte, en route vers la sortie, le Pr Tyler, bien que blessé grièvement semble se porter très bien et soutient son fils Tim (blessé par un gorille), avec l’aide de Lora.

 

 

Mais voilà-t-y pas qu’au plan suivant, au sortir de la grotte, les rôles se sont inversés ! Cette fois, c’est Tim qui soutient le Pr. Tyler (qui en rajoute un peu) avec l’aide de Lora !

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