Roues de feu, Les
Titre original: Wheels of Fire
Genre: Action , Post-apocalypse
Année: 1984
Pays d'origine: Philippines
Réalisateur: Cirio H. Santiago
Casting:
Gary Watkins, Laura Banks, Lynda Wiesmeier, Linda Grovenor, Joseph Anderson, Jack S. Daniels...
Aka: Les guerriers du futur / Desert Warriors
 

Après la bombe atomique, dans un monde devenu barbare, un homme va tenter de sauver sa soeur kidnappée par un redoutable seigneur de guerre.

 

 

Au départ, il y eut Mad Max 2 ; choc visuel, maelström de violence et d'action, le film de George Miller fait partie des suites qui se sont imposées comme une oeuvre à part entière, et non comme une simple séquelle. L'influence sera telle qu'il engendrera un sous-genre : le "post-nuke". Les producteurs, alléchés par les dollars, pillent les garages d'occasion et lancent sur les routes du futur une kyrielle de sous-produits dont les véhicules semblent avoir été customisés par le fermier du coin.
Première dans le peloton de tête, l'Italie, talonnée de près par les Philippines. Cette petite île, mine de rien, est la patrie d'une poignée de réalisateurs, dont un certain Cirio H. Santiago, touche à tout qui a abordé les divers genres du cinéma d'exploitation : sous Rambo ("Mission Finale"), sous Jaws ("Demon on Paradise", "Up from the Depth"), blackploitation ("TNT Jackon"), kung fu ("Attaque à mains nues", vetploitation ("NAM Angel", "Eye of the Eagle"), kickboxing ("Angelfist"), WIP ("Caged Fury", "The Muthers") et bien d'autres joyeusetés. Il fut même pendant quelques années la cheville ouvrière de Roger Corman (époque New World) aux Philippines. Le producteur américain lui envoyait ses réalisateurs maison et quelques acteurs américains, Santiago s'occupant du reste.
Inévitablement, le gaillard ne pouvait que saisir la vague post-apocalyptique à bras le corps. En 1983, il réalise "Stryker" qui, bizarrement, va récolter assez de billets verts pour qu'illico notre réalisateur opportuniste récupère les accessoires du film et nous ponde l'année suivante Wheels of Fire, qui sera suivi de "Equalizer 2000" (1986), "The Sisterhood" (1987), "Dune Warriors" (1990), et "Raider of the Sun (1991)". Évidemment, Santiago est loin de jouer dans la même catégorie que George Miller, mais l'homme est un vieux briscard qui a un sens inné de l'action et du délire. De plus, il profite de l'aide logistique de l'armée et du dictateur Marcos, qui booste la production locale et favorise les tournages internationaux via des coûts de production indéniablement avantageux.

 

 

Santiago a basé son film sur deux éléments basiques mais efficaces : du cul (avec une petite préférence pour les femmes ligotées), et de l'action (ne jamais laisser le spectateur en paix plus de cinq minutes). Le succès relatif de "Stryker" ne l'encourageant pas à changer son équation, il pond donc un remake où l'on croise, dans le désordre, un nain (indispensable dans un film du sieur), une télépathe, des mutants cannibales tout bleus, une playmate topless, un héros à la mâchoire carrée (Gary Watkins, aperçu dans "Le gang des frères James"), une batmobile et des figurants à la pelle. On a l'impression que Santiago réalise son film comme un gamin jouant avec une boite de Lego, assemblant des idées "empruntées" un peu partout et accommodées à sa manière. Ainsi, le brave homme semble trouver que le futur manque singulièrement de femmes (voir les amazones de "Stryker" ou "The Sisterhood"). Il n'hésite donc pas à entourer son héros de trois rôles féminins principaux (la sœur, la guerrière et la télépathe). Évidemment, ces dernières se font légèrement malmenées, surtout la pauvre Arlie, la soeur du héros interprétée par l'ex-playmate Lynda Wiesmeier ("Malibu Express", "Angel"), alias Miss Juillet 1982. L'actrice passe la majorité de ses apparitions à l'écran les seins à l'air, et ficelée (notamment sur le capot d'une voiture). Le réalisateur paraît vouloir rentabiliser au maximum son investissement et ne rate donc pas une occasion de filmer sous tous les angles la poitrine (fort belle, il est vrai) de son égérie, un vrai plaisir coupable.

 

 

Quand le réalisateur ne s'attarde pas sur les attributs de son actrice principale, il filme bagarres, poursuites en voiture (en accéléré) et fusillades dans une ambiance de kermesse. On nage évidemment en pleins clichés, les gentils sortent d'une imagerie d'Épinal et les méchants sont reconnaissables à des kilomètres (on retiendra surtout le bras droit du fameux Scourge, avec ses lunettes de soleil et sa barbe de camionneur !).
Et si jamais le spectateur avait encore un doute, il y a un énorme drapeau de pirate au-dessus de leur tente (et pas tante !). Un futur des plus manichéens qui ne résiste pas à la moindre analyse critique un tantinet sérieuse... De toute façon, ce n'est pas la finalité du projet, car nous sommes ici dans le pur divertissement basique pour grands enfants. Ce n'est pas subtil pour une goutte d'essence, le scénario tient sur un string et l'interprétation est digne d'un soap brésilien, mais il se dégage de cette pellicule un sentiment presque animal d'exaltation, une ferveur régressive qui sent la testostérone.


Bref, Wheels of Fire est une belle série Z qui sent sous les bras et sera pleinement appréciée par quelques amateurs déviants de belles cylindrées. Et croyez-moi, la ravissante Lynda a de(ux) beaux cylindres !

 

 

The Omega Man

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