Sur le fil du rasoir
Titre original: Giorni d'amore sul filo di una lama
Genre: Thriller , Drame , Policier
Année: 1973
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Giuseppe Pellegrini
Casting:
Peter Lee Lawrence, Erika Blanc, Ivana Novak, Silvano Tranquilli, Enzo Loglisci, Fausto Del Chicca...
Aka: Meurtre au rasoir (titre de l'exploitation française en vidéo) / Love and Death on the Edge of a Razor (titre anglais européen)
 

Stefano Bruni, fils d'un riche industriel, rencontre une charmante jeune femme lors d'une visite à Venise avec son père. Ils se plaisent et commencent une idylle, mais le père de Stefano n'est pas très emballé par cette liaison. Il envoie son fils en Amérique du Sud où il apprend que son amie est décédée dans un accident de voiture. Le choc est rude, mais la vie finit par reprendre son cours, et Stefano rencontre une autre jeune fille. Pourtant, il oublie difficilement son premier amour et, un jour, il croise une femme ressemblant étrangement à son ancienne flamme. Voulant en savoir plus, il tente de la contacter...

 

 

Il s'agit de l'unique film de Giuseppe Pellegrini jusque là plus affairé aux scripts, voire parachuté réalisateur de seconde équipe. On citera ses collaborations, principalement avec Ernesto Gastaldi, pour les films de Renato Polselli : "L'amante del vampiro" tout d'abord en 1960, puis L'orgie des vampires l'année suivante, ou encore "Aux mains des SS", "Mondo pazzo... gente matta!" avant qu'il ne s'attaque à la comédie d'aventures avec "Sette donne d'oro contro due 07" dans lequel on trouvait Mickey Hargitay. Après deux collaborations avec le méconnu Vincenzo Cascino puis l'énigmatique "Un giorno, una vita" avec Pierre Brice, celui-ci passe à la réalisation et met lui-même en scène son script : le résultat est donc ce Meurtre au rasoir, traduction française on ne peut plus trompeuse de "Giorni d'amore sul filo di una lama" (Journée d'amour sur le fil du rasoir) qui l'amène à être classé assez souvent dans les gialli. Autant dire tout de suite qu'il n'en est rien et que la méprise semble tenir de sa seconde exploitation en France et en vidéo après une première, plus juste : Sur le fil du rasoir (titre de sortie dans les salles chez nous, uniquement dans le sud de la France - aucune à Paris). Du coup, autant les amateurs de meurtres aux lames aiguisées tenues par des mains gantées de noir que les cinéphiles friands de machinations, en seront pour leurs frais. A moins de considérer un simple mensonge comme une manipulation de haut vol, il n'y strictement rien ici qui le rattache au genre tant convoité par les amateurs et pourtant si souvent décevant.

 

 

De quoi retourne t-il donc ? C'est à la fois simple et compliqué : à partir d'un postulat puisé à-la-va-vite chez Hitchcock et son envoûtant "Vertigo", Giuseppe Pellegrini semble changer de cap au bout d'une demi-heure à peine, pour nous conter une sorte de récit d'espionnage fait d'infiltrations au sein d'un cartel de la drogue. Notre héros campé par un Peter Lee Lawrence (affublé de dialogues ridicules à coup de "Mon dieu !" toutes les 5 minutes) aperçoit donc "par hasard" son ex-fiancée, censée être morte, et en tout cas devenue reporter/photographe. De là, notre bonhomme se met à la suivre pour se retrouver très vite pris pour un agent infiltré de la brigade des stups. Et là, on se dit, "Ca y est, j'ai compris ! C'est Lidia Caselli (campée par une Erika Blanc très correcte) l'infiltrée : celle-ci a fait croire à sa mort afin de ne pas mettre en danger l'homme qu'elle aime pour pouvoir effectuer un travail qui se doit d'être tenu secret !". Et bien pas du tout ! A la place de cela, on se retrouve à patauger en plein mélodrame à deux balles sous couvert de film d'action, d'enquête policière (qui va et vient au gré d'une mémoire scénaristique en dents de scie), et même de prêchiprêchas de curetons issus d'une mise en place et d'une première partie, à la fois chiantes comme un sermon sur, par exemple, la gourmandise, et qui ressemblent à un assemblage de cartes postales touristiques des plus sommaires et désuètes.

 

 

N'est pas Fulci qui veut, et dans les exploitations de "Vertigo", Meurtre au rasoir est à Una sull'altra ce que "Le Führer en folie" est au "Dictateur" de Chaplin : un naveton à peine sauvé de l'ennui, d'une part par une musique composée par les frères Di Stefano, laquelle, ne le cachons pas, est totalement pompée sur les scores de Morricone, et qui, de fait, le ferait presque ranger dans les films qu'on aime (les gialli de Martino par exemple), d'autre part, par ses seconds rôles involontairement comiques (comics ?). Outre Ivana Novak (Sept orchidées tachées de sang, "La peau qui brûle", Opération casseur,...), la seule présence à qui l'on ne peut rien reprocher malgré un rôle absurde d'amoureuse transie qui aide celui qu'elle aime à retrouver celle qu'il aime, les seconds couteaux tombent tant dans le cabotinage et la caricature qu'on se surprend - grâce leur en soit rendue - à rire. On remerciera donc en premier lieu Enzo Loglisci, ici dans un rôle de chef de cartel tellement imbu de lui-même qu'il se fend de cette belle réplique : "C'est bon, t'as ton compte ?!", ce juste après avoir légèrement bousculé notre amoureux improvisé détective et une microseconde avant de se faire étendre pour le compte par une vraie mandale. Quant à son homme de main, sorte de gorille en jeans moulé campé par Pietro Torrisi (La louve sanguinaire, Le corsaire noir,...), il vaut à lui seul le détour : continuant à se battre quand personne n'est plus là, figeant systématiquement ses derniers gestes à tendance kung-fu, il atteint une sorte de nirvana humanoïde dès lors qu'il décide de contester les ordres de son boss pour défendre la belle Erika Blanc. Autant dire qu'une fois ôté du film, ce n'est ni Meurtre au rasoir, ni Sur le fil du rasoir que la bobine devrait se nommer mais "Rasoir" tout court. Une vraie bouse.

 

 

Mallox


En rapport avec le film :

# La jaquette de chez INITIAL, totalement trompeuse sur la marchandise en plus de mettre en avant une Florinda Bolkan totalement absente du film.

 

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