Video Violence
Titre original: ... When Renting Is Not Enough
Genre: Horreur
Année: 1987
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Gary P. Cohen
Casting:
Art Neill, Jackie Neill, Gary Schwartz, Robin Leeds, Kevin Haver, William Toddie, Bart Sumner, Chick Kaplan, Uke...
 

Steven (Art Neill) est depuis peu aux commandes d'un vidéo-club dans la petite ville de Boro. La vie s'écoule paisiblement jusqu'au jour où une vhs sans titre déposée par un client anonyme atterrit dans la boite aux lettres de l'établissement.
Fortement intrigué, Steven enfourne la vidéo dans un magnétoscope. Sur la bande, un spectacle effroyable l'attend : un homme, identifié comme le postier de sa ville, ligoté et hurlant à la mort dans ce qui semble être un sous-sol. Autour de lui, un caméraman hilare filmant la scène de cauchemar ainsi qu'un sadique s'appliquant à démembrer sa victime.

 

 

Persuadé d'assister à un snuff, Steven quitte aussitôt son lieu de travail afin d'alerter les autorités. De retour au vidéo-club flanqué du chef de la police, quelle n'est pas sa surprise de constater que tout massacre filmé s'est évaporé sur la vhs désespérément vierge. Tout aussi préoccupant, Rick (Kevin Haver) l'employé chargé de garder la boutique en son absence a lui aussi mystérieusement disparu.
Ayant perdu toute crédibilité auprès des représentants de l'ordre, Steven va mener l'enquête avec l'assistance de sa femme Rachel (Jackie Neill). Une investigation macabre qui risque bien de le mener tout droit jusqu'à la mort...

 

 

En ces temps de "Paranormal-qui ferait mieux de cesser définitivement toute-Activity" et de "V/H/S" foutraque et gerbative qu'il est conseillé d'Ejecter avant une sérieuse migraine, il est bon d'exécuter un saut dans le temps afin de constater que oui, effectivement, le principe du "found footage" ne date pas d'hier mais bien d'avant-hier.
"Cannibal Holocaust" évidemment mais aussi l'ultra-saignant Night of the Demon de James C. Wasson et même avant cela, le "Legend of Boggy Creek" de 1972, le docu-fiction de Charles B. Pierce tâchant de démontrer la réelle existence d'une créature issue (et hirsute) du folklore local tapie dans les marécages de l'Arkansas.

Et donc ce Video Violence. Quoi-t-il se cache donc derrière un titre aussi racoleur et simpliste ? En réalité, un film bien plus intéressant que sa façade et sa réalisation ne le laissent présager. Car le métrage de Gary P. Cohen appartient à cette catégorie de bandes tournées en vidéo et indissociables des années 80. Si on connait l'impact que ce format davantage économique que de la pellicule a représenté dans l'industrie du cinéma porno, il aura favorisé par ailleurs la multiplication de films gores "camescopés" dans les rayons de nos regrettés vidéo-clubs et l'essor de nouveaux "talents" du genre : Christopher Lewis ("Blood Cult", "The Ripper" avec Tom Savini), David A. Prior (le slasher "Sledgehammer), Tim Ritter (l'amusant "Killing Spree", "Day of the Reaper") ou encore Donald Farmer ("Cannibal Hookers", "Demon Queen").
Des réalisations généralement désastreuses et d'un amateurisme forçant la tristesse (pas le cas de certaines oeuvres de Tim Ritter toutefois), aidées en rien par une image "directe" ingrate au possible.

 

 

Si Video Violence ne déroge pas à la règle, il va parvenir néanmoins à extirper plusieurs épingles de son jeu.
D'abord par la qualité d'interprétation de l'ensemble des comédiens. Aucune véritable performance "oscarisable" bien sûr mais chacun apportant sa pierre à les dix fils (encore eux... ils doivent posséder une sacrée carrière tout de même depuis le temps) avec suffisamment de conviction, la crédibilité demeure.
Et puis, peut-être plus important encore : le scénario s'avère bien plus achalandé que dans 98% de ces productions sponsorisées par BASF. Tellement en vérité que d'authentiques réflexions sur la consommation de/à la masse et la violence s'y nichent, parfois avec un moralisme plutôt surprenant.
Ainsi, le personnage de Steve constate, affligé, que la quasi-totalité de sa clientèle s'agglutine inlassablement au rayon "Horreur" au détriment des autres sections. Ses adhérents/zombies paraissent pressés de rentrer chez eux, une nouvelle dose de spectacle décérébré sous le bras.
Au fil de l'intrigue, il apparait qu'une véritable plaque tournante du "Snuff Movie" s'opère en parallèle dans sa bourgade, impliquant bon nombre de ces mêmes consommateurs avides de locations sanglantes.
Cohen par le truchement de son oeuvre et de son protagoniste principal, semble ajuster dans son collimateur le cinéma d'horreur.
Si le message a de quoi décontenancer, il faut lui reconnaitre le bon point de servir donc un scénario plus subtil qu'à l'accoutumée.

 

 

Cela n'empêche pas Cohen de jouer le jeu en versant à son tour dans le gore à chaque nouveau sacrifice. Des trucages presque aussi rudimentaires que ceux de ses confrères mais qui, avouons-le, s'avèrent bien méchants. Par exemple, une proie féminine a la poitrine tailladée au rasoir puis traversée par un pic à glace tandis qu'une autre subit une décapitation au hachoir ce, avant que sa tête ne termine dans une marmite, etc.
Le grand-guignol d'un H.G. Lewis n'est pas très loin. Pour autant, l'entreprise est commise avec le plus grand sérieux, lui conférant un aspect relativement malsain. En cela, il parait vital de saluer la composition musicale de Gordon Ovsiew à la sonorité 80's très prononcée certes mais distillant malgré tout une réelle angoisse.

En érigeant le bilan, il n'est pas exclu de prétendre que Video Violence bénéficie finalement de suffisamment d'atouts pour satisfaire le plus grand nombre.
Les dévoreurs de barbaque bien juteuse comme ceux appréciant que leur viande soit servie avec des restes de matière grise.
Même les vieux de la vieille (je veux parler des ex-baroudeurs de la vhs, des feux-arpenteurs de vidéo-clubs), y trouveront leur compte en s'amusant par exemple à reluquer lors des séquences "chez Steve" les arrières-plans constellés de jaquettes et d'affiches de Séries B et Z.
Plus simplement : Video Violence est un film d'horreur réussi.

 

 

Throma


En rapport avec le film :

# Un "Video Violence 2" existe, tourné dans la foulée. Fait intéressant : le ton ainsi que sa structure narrative empruntent des chemins radicalement opposés au premier puisque cette suite prend la forme d'une parodie de show télévisé, où gags noirs et tableaux de mauvais goût s'enchainent. Les inconditionnels de la bande originelle apprécieront d'y retrouver la plupart de ses protagonistes.

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