13 morts et demi
Titre original: Student Bodies
Genre: Horreur , Comédie , Slasher , Parodie
Année: 1981
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Mickey Rose (& Michael Ritchie)
Casting:
Kristen Riter, Matthew Goldsby, Richard Belzer, Joe Flood, Joe Talarowski, Mimi Weddell...
 

Voici venu le jour d'Halloween. Un Halloween qui tombe un vendredi 13. Un vendredi 13 qui tombe le jour de l'anniversaire de Jamie Lee Curtis.
Un tueur fou, affublé de gants verts, de bottes sensibles au chewing-gum, et doté d'une respiration tubarde, se met à décaniller des jeunes dans un lycée, avec tout ce qui lui passe par la main : trombones, têtes de chevaux en bois et sacs poubelles deviennent entre ses mains des armes fatales. Autant dire que la terreur est à son comble...

 

 

Autant le dire aussi dans la foulée : 13 morts et demi est un film extrêmement con, extrêmement irrévérencieux, et donc extrêmement drôle... pendant... une demi-heure !
S'ensuit un film extrêmement lourd, puis extrêmement ennuyeux, qui ne cesse de patiner sur le même terrain glissant de sa première partie sans jamais en retrouver la petite fraîcheur toute mongolienne. Du haut de ses 85 minutes, Student Bodies tient donc ses promesses, non pas 13,5% de l'ensemble du long métrage comme son titre français semble l'indiquer, mais 33 %. Comme dirait l'autre : "Dites 33, je vous dirai de quoi vous souffrez !". Pour le coup, le verdict est fatal et tombe tel un couperet sur le cou d'un cochon d'étudiant : "De trop de maux pour prétendre à une distraction satisfaisante !"

 

 

Alors soit, le genre parodique est un exercice qui peut s'avérer périlleux, et rares sont les vraies réussites en ce domaine. Pour enfoncer des portes ouvertes (lesquelles, selon le film, se doivent d'être systématiquement fermées, incrustations régulières à l'écran de messages de circonstance) et taper au marteau sur la tête d'un genre souvent raté, on a eu quelques belles réussites telles que Le Bal des vampires, "Frankenstein Junior", ou même le méconnu mais pourtant fendard Young Dracula de Lucio Fulci, auquel on peut rajouter le Schlock de John Landis, parodie de films à gros monstres velus. J'en oublie certainement en écrivant ces lignes, ceci étant, à peu de choses près, ailleurs hélas, les ratages furent et sont encore légion.


Si je vous dis que 13 morts et demi est aux années 80 ce que la série des "Scary Movie" est aux années 2000, vous comprendrez je pense le calibre de l'humour ici présent.
Produit et coréalisé par Michael Ritchie, lequel fit illusion le temps d'un ou deux films au milieu des années 70 (Prime Cut, "Votez Mc Kay"), 13 morts et demi ressemble singulièrement à son cheminement professionnel : une mise en bouche prometteuse, puis un long déclin qui n'en finit pas de finir ("Lîle sanglante", "Golden Child", "Parle à mon psy, ma tête est malade",...). Quant au fameux Mickey Rose à qui la paternité du film est le plus souvent attribuée, c'est son unique réalisation (si celle-ci lui appartient) ; on le connait mieux finalement, sans forcément le savoir, pour ses collaborations scénaristiques avec Woody Allen ("Prends l'oseille et tire-toi", "Bananas",...) ; il aurait également, sans être crédité, participé à l'écriture du "Condorman" de Charles Jarrott.

 

 

Avant de tomber dans la lourdeur XXL, Student Bodies est donc plutôt drôle. Tous les clichés du genre horrifique à tendance slasher y passent : d'abord le fameux quota, censé être garant d'un spectacle plein, fait qu'on a droit au comptage en bonne et due forme des cadavres. (Soit, c'est amusant 15 minutes, mais sur 85 minutes et connaissant le résultat de l'addition, comme dit au-dessus, au bout du compte, ça ne le fait plus du tout). Le contexte, à l'instar d'un Halloween de Carpenter, annonce les pires meurtres et à ce titre, les réalisateurs n'oublient pas de se gausser des fausses frayeurs, basées sur des ressorts très artificiels (musique terrifiante, gros plan sur une porte ou un loquet d'une voiture non fermé, plan subjectifs trompe-le-monde ou en trompe-l'oeil). Ailleurs, le genre "téléphone horrifique" en prend lui aussi pour son grade (Freddy - Les Griffes de la nuit n'était pas encore sorti mais aurait pu se sentir visé), puisqu'il est ici pourvu d'un interlocuteur en plein râle menaçant qui ne quitte jamais la ligne, même lorsqu'il parle à travers un poulet pour transformer sa voix (oui oui, on a également droit à ça, à la différence notable que nous sommes loin d'être chez Abrahams & Zucker, a qui le film semble aussi cligner de l'oeil). Comme dans "Terreur sur la ligne" de Fred Walton, on multiplie les gros plans sur un simple téléphone jusqu'à le rendre menaçant, jusqu'au grotesque (celui-ci se met même à s'exciter puis à sautiller). Ailleurs, outre Vendredi 13 et son Jason asthmatique, difficile de ne pas voir un joyeux pied de nez aux scènes estudiantines de douche aux abords complaisants, présentes dans des films comme "Carrie" ou "Prom Night". On pourrait citer encore le débile de service (qui confond ici poubelle à papier et urinoir dans un passage d'une pesanteur affligeante) que tout désigne comme coupable, ou encore ce running gag consistant à ce que le tueur se colle les bottes chaque fois à cause de ces "putains" de mangeurs de chewing-gum.

 

 

Restent encore quelques passages amusants, toujours dans la première partie, notamment une réplique que n'aurait pas reniée Steven Spielberg pour son Jaws : alors que la fanfare municipale défile, le maire se réjouit du succès des festivités, appuyé ainsi par son assistante : "Surtout pour le jour d'un meurtre !". Ailleurs, les personnages répondent aux stéréotypes que l'on trouve à qui-mieux-mieux dans le genre slasher. Difficile du reste de lui faire ce procès-là : après tout, ils ne sont qu'à l'image des personnages caricaturaux qu'on y trouve fréquemment. Non, le véritable problème de Student Bodies est que tout ceci est concentré en 30 minutes et que pour l'heure qui suit, sa vision n'est pas loin de tenir du calvaire. C'est simple, à partir du moment où l'action est interrompue par un homme assis à un bureau (à la 27ème minute pour être précis, puisqu'ici, on compte tout !), expliquant que, pour parvenir à une côte R, un film doit contenir de la nudité frontale, de la violence graphique, ou une référence explicite à l'acte sexuel, ce avant de claironner que les R-rated movies sont de loin les plus populaires, et que par conséquent les producteurs lui ont demandé de saisir cette occasion pour dire au public d'aller se faire foutre, il n'y a dès lors plus rien à voir si ce n'est un propos asséné lourdement et qui allait sans dire, en plus d'une bobine qui se fait alors hara-kiri toute seule...
Résultat final de l'équation : 13 morts et demi = 1/3 de film potable + 2/3 de solitude et de déprime quasi-absolues.

 

 

Mallox

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