Nom de Code : Oies Sauvages
Titre original: Geheimcode: Wildgänse
Genre: Guerre
Année: 1983
Pays d'origine: Allemagne / Italie
Réalisateur: Anthony M. Dawnson (alias Antonio Margheriti)
Casting:
Lewis Collins, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine, Klaus Kinski, Manfred Lehmann, Mimsy Farmer, Thomas Danneberg, Frank Glaubrecht...
Aka: Arcobaleno Selvaggio / Wild Rainbow / Code Name : Wild Geese
 

Un commando de mercenaires travaillant pour la DEA, a pour mission de s'infiltrer dans le fameux "Triangle d'Or", situé entre le Laos, la Thaïlande et le Cambodge, et de détruire des entrepôts d'opium cachés dans la jungle.

 

 

Les années quatre-vingt seront le chant du cygne du cinéma d'exploitation italien, les derniers morceaux de barbaque sont balancés à l'écran, alors que les sous produits dérivés de succès anglo-saxons sont produits à la pelle. La série B italienne grille ses dernières cartouches dans tous les sens : "Rambo", "Mad Max", "Escape from N.Y.", "Conan", "Caligula", "Les Dents de la mer", … tout est bon à décalquer. Si certains essayent de résister (Argento, Mattei) d'autres, résignés, abandonnent le combat (Luigi Cozzi), ou se dirigent vers la télévision et le porno (Joe d'Amato). Antonio Margheriti réussit à échapper à ce processus inexorable grâce au succès surprise de "The Last Hunter" alias "L'Ultimo Cacciatore", plus connu chez nous sous le titre "Les Héros de l'apocalypse" ou "Héros d'apocalypse", le premier "macaroni war" transposé au Viet Nam, qui fera un tabac en vidéo un peu partout dans le monde, ce qui permettra au réalisateur de boucler une série de film d'aventures et de guerre la plupart tournés au Philippines : "Hunters of the Golden Cobra" (1982) , "Tiger Joe" (1982), "Ark of the Sun God" (1983), "Last Blood" (aka "Tornado") (1983). De petites productions sans moyens mais que le réalisateur truffe de nombreux plans d'effets spéciaux et de maquettes. Le tout est en général complété par un casting de bonne tenue (merci David Warbeck et Lee Van Cleef !), tourné dans des décors naturels exotiques et le résultat comble les espérances des producteurs et permet au réalisateur de rester dans le circuit.

 

 

Ces films, Margheriti a pu en partie les vendre grâce à leur casting : il faut bien avouer que le réalisateur s'était constitué au cours des années un carnet d'adresses des plus remarquables. Margheriti ayant fait tourner pas mal d'acteurs, il a pu au fil du temps se lier avec certains d'entre eux comme Lee van Cleef, mais le plus étonnant est sa relation avec Klaus Kinski. On le sait, l'acteur allemand n'était pas un cadeau et réussit à se faire détester par tout le monde lors des tournages, pourtant Kinski considère qu'il est redevable envers Margheriti car ce dernier fut l'un des rares (voire le seul !) à lui avoir donné un rôle de héros dans le magnifique Et le vent apporta la violence et il accepte donc de temps en temps de participer à certains de ses films.

En 1978, le producteur Erwin C. Dietrich (qui produisait Jess Franco à l'époque) fut contacté par son collègue anglais Euan Lloyd pour investir quelques billets verts dans son nouveau projet, un film de commando intitulé "Les Oies Sauvages". En retour, le producteur suisse avait l'exclusivité des droits d'exploitation sur tous les territoires de langue germanique. Une bonne initiative qui remplit les caisses de Dietrich, au point que ce dernier décide tout simplement de réaliser une fausse séquelle, histoire de profiter des retombées du film. Pour diminuer les risques en cas d'échec, il décide de s'associer à un producteur italien, Gianfranco Couyoumdjian, dont Dietrich avait distribué l'un des films en Allemagne ("Tornado") qui avait particulièrement bien marché. Gianfranco Couyoumdjian était justement l'heureux producteur d'une partie des films réalisés par Margheriti qui avaient remporté pas mal de succès en vidéo : "L'Ultimo Cacciatore" (1980), "Hunters of the Golden Cobra" (1982) , "Tiger Joe" (1982) et "Tornado" (1983). Le producteur italien propose bien évidemment le nom de Margheriti comme réalisateur du projet et le producteur suisse ayant été impressionné par le travail du réalisateur sur "Tornado" accepte de l'engager à la condition que, coproduction oblige, une partie du casting et de l'équipe soit allemand, notamment le groupe de rock progressif "Eloy" qui devra s'occuper de la bande originale.

 

 

Avec un budget deux fois plus important que ses précédents films, Margheriti peut étoffer son casting de tête connues comme Lee Van Cleef, Klaus Kinski ou Ernest Borgnine, entourées du "jeunot" Lewis Collins ("Les Professionnels", série anglaise des années 70) et de l'américaine Mimsy Farmer en pleine période italienne après le succès de Quatre mouches de velours gris. Le reste sera composé d'acteurs allemands et de Luciano Pigozzi, acteur fétiche du réalisateur et figure incontournable du bis italien.

Grâce à ses films antérieurs tournés aux Philippines, le réalisateur pouvait compter sur un noyau de techniciens locaux et de nombreuses relations sur le terrain, ce qui facilitait les tournages en extérieur, complétés par une escapade à Hong-Kong. Le reste ainsi que tous les effets spéciaux sera filmé à Rome.

 

 

Au final, on obtient un petit film d'aventures qui tient ses promesses, avec une petite touche de fantaisie (une poursuite en voiture à base de modèles réduits que n'aurait pas reniée Gerry Anderson), de sadisme (Luciano Pigozzi crucifié) et de délire (le lance flamme installé sur un hélicoptère !). Lee Van Cleef mouille sa chemise dans la jungle, alors que Borgnine se prélasse sur des parcours de golf ou dans des hôtels. Kinski, toujours détestable, nous fait son numéro de méchant (Mince ! Attention : spoiler !!!), Lewis Collins qui fut un candidat pour le rôle de James Bond nous la joue mâchoire carrée et regard de braise et la pauvre Mimsy Farmer manque singulièrement de sex-appeal et semble un peu perdue au milieu de cette avalanche de testostérone. Heureusement, les nombreuses péripéties et les scènes d'action nous font vite oublier les défauts inhérents à ce genre de production manichéenne. Le script est encore influencé par les films de guerre des années soixante (éternelle histoire de commando) et comme pour beaucoup de films italiens se réécrit au fur et à mesure du tournage. Avec un peu d'avance, Margheriti anticipe la nouvelle vague de "vietsploitation" qui allait déferler sur les écrans ("Rambo 2", "Portés disparus",…) en remplaçant les allemands par de méchants trafiquants de drogue asiatiques. C'est particulièrement régressif mais hautement jouissif !

 

 

Le film sera un tel succès vidéo que le duo Erwin C. Dietrich / Antonio Margheriti signera deux autres productions du même genre : "Commando léopard" et "The Commander" toujours avec Lewis Collins.

The Omega Man

 

 

En rapport avec le film :

 

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