Piège pour un tueur
Titre original: Si può essere più bastardi dell'ispettore Cliff ?
Genre: Espionnage , Polar , Poliziesco
Année: 1973
Pays d'origine: Italie / Angleterre
Réalisateur: Massimo Dallamano
Casting:
Mama, la turca / Super Bitch / Mafia Junction / Blue Movie Blackmail
Aka: Mama, la turca / Super Bitch / Mafia Junction / Blue Movie Blackmail
 

Un agent d'Interpol décide de s'approprier l'argent d'une puissante organisation de trafic de drogue ; il élimine, les uns après les autres, les membres du réseau...

 

 

Super Bitch n'est pas le nouveau single de Britney Spears, mais un film italien ressorti récemment en DVD chez le distributeur anglais Arrow. Ce titre racoleur avait été trouvé lors de la sortie du film en vidéocassette, en référence à "The Bitch", une production érotique avec Joan Collins qui avait plutôt bien marché. Le film s'intitule en fait Si può essere più bastardi dell'ispettore Cliff ? et la particularité de cette petite production italienne est d'avoir été réalisée par Massimo Dallamano (1917-1976), un chef opérateur de talent (il travaille sur les premiers Leone) qui passe ensuite à la réalisation avant de décéder subitement à l'âge de 59 ans. Il laisse douze films en tant que réalisateur dont deux réussites majeures et atypiques : Mais qu'avez-vous fait à Solange ? et La Lame infernale. Même si le reste de sa filmographie n'est pas aussi intéressante, notamment un vrai poliziotteschi (Quelli della calibro 38), un sous-exorciste ("Emilie, l'enfant des ténèbres") ou une comédie érotique avec Edwige Fenech ("Innocence et désir"), la sortie d'une oeuvre du réalisateur attire toujours l'attention des gourmets que nous sommes, surtout si celle-ci est assez rare. Réalisé entre ses deux chefs d'oeuvre, le film risque de décevoir certains mais il serait quand même dommage de passer à côté, notamment pour la performance de Stéphanie Beacham.

 

 

Le cas de Stéphanie Beacham est assez intéressant car, comme toutes les actrices anglaises de l'époque, elle a suivi plus ou moins le même plan de carrière (série télé anglaise, Hammer) et n'a pourtant jamais atteint la popularité d'une Joan Collins ou le culte d'une Caroline Munro ou, dans une moindre mesure, d'une Martine Beswick ; on aurait même tendance à l'oublier. Pourtant, les photos promotionnelles de Dracula A.D. 72/Dracula 73, où elle apparaît vêtue d'une robe blanche au décolleté vertigineux, font partie des trésors de la Hammer. Pas plus mauvaise actrice qu'une autre, elle est de surcroît pourvue d'un physique des plus agréables.
Après des débuts comme modèle, elle fait un passage obligé dans diverses séries anglaises des années 60-70 ("Le Saint", "UFO", "Poigne de fer et séduction"…). A cette époque, sa carrière au cinéma sera marquée par son rôle dans "Le Corrupteur". Suivront Dracula 73, Inseminoïd, Schizo, "And Now the Screaming Starts !". Pendant les années 80, elle part pour les Etats-Unis, où elle devient la vedette de la série télé "Les Colby" (1985-1987), le spin-off de "Dynasty" (dans laquelle elle apparaîtra aussi, durant la dernière saison, en 1989). Elle continuera sa fructueuse carrière à la télévision, en interprétant notamment des rôles récurrents dans des séries comme "Seaquest DSV" ou "Berverly Hills, 90210".
Aujourd'hui, elle est toujours active, alternant des apparitions dans certaines séries télé ("Charmed", "Bad Girl"… ) et dans de petites productions ("The Witches Hammer", "Plot7" ).

 

 

Dire qu'Ivan Rassimov est un "cador" du cinéma d'exploitation italien est un euphémisme, pourtant l'acteur n'est apparu que dans quarante-cinq films et on a l'impression de l'avoir vu partout. Sa célébrité, il la doit surtout à sa collaboration avec l'actrice Me Me Lai sur trois films de cannibales : Au pays de l'exorcisme (Il paese del sesso selvaggio), "Le dernier monde cannibale" (Ultimo mondo cannibale) et La Secte des cannibales (Mangiati vivi). On a pu le voir dans deux Black Emanuelle au côté de Laura Gemser, "Black Emanuelle autour du monde" (Emanuelle - perché violenza alle donne ?) et "Black Emanuelle en Orient" (Emanuelle Nera orient reportage), ainsi que dans quelques joyeusetés comme "Exorcisme tragique" (Un bianco vestito per Marialé) ou "Les Prédateurs du futur" (I predatori di Atlantide).
En 1987 il tourne son dernier film, "Body Count", et se retire. Il décédera dans un accident de moto en 2003. Autre visage connu du cinéma italien, Luciano Catenacci, acteur au physique reconnaissable entre tous. Il est apparu dans presque tous les genres, comme la comédie au côté du duo Spencer et Hill ("Pair et Impair", "Deux super flics"), le western ("Carambola", "Un Homme-un cheval-un pistolet", "Ben et Charlie", "Nous y revoilà, n'est-ce pas, Providence ?", "Un colt dans le poing du diable", "La Vengeance de Dieu"..), le poliziotteschi (La rançon de la peur, "Perché si uccide un magistrato", Bracelet de sang, "Un uomo in ginocchio", Confessione di un commissario di polizia al procuratore della repubblica). Il fit même une apparition au côté de Bébel dans "La Scoumoune" et sera aussi l'interprète et le producteur de "Operazione paura" de Mario Bava.

 

 

Co-production oblige, exceptionnellement le réalisateur italien travaille cette fois avec une équipe anglo-italienne. C'est pour cette raison que le directeur de la photographie du film n'est autre que le vétéran Jack Hildyard ("Casino Royale", "Modesty Blaise", "Les oies sauvages", "Les 55 jours de Pékin"…). Pour la musique, c'est le compositeur Riz Ortolani qui fut choisi. Il a travaillé sur plus de deux-cents films italiens et étrangers ("Les amours de Lady Hamilton", La longue nuit de l'exorcisme, "Cyclone", Le tueur à l'orchidée, "Cannibal Holocaust", 2072, les mercenaires du futur, Killer Crocodile…). Il a abordé tous les genres et travaillé plusieurs fois pour certains réalisateurs comme Antonio Margheriti ou Ruggero Deodato. Aujourd'hui, certaines de ses musiques sont reprises : dans "Kill Bill : Vol. 1" (2003), "Kill Bill : Vol. 2" (2004), "Drive" (2011) et "Django Unchained" (2012).

Super Bitch est un film atypique issu d'une collaboration des plus antinomiques entre l'Italie et l'Angleterre. Le résultat est une variation étrange sur le thème du poliziotteschi, délaissant les banlieues de Rome ou Milan pour prendre ses quartiers à Londres (mais aussi New-York, l'Italie et le Liban). Mais que les amateurs se rassurent, une bonne dose de violence et de nudité font toujours partie de l'intrigue. Ivan Rassimov est parfait dans son rôle d'anti-héros. Très inspiré par le personnage de Clint Eastwood dans Pour une poignée de dollars, il dresse ses adversaires les uns contre les autres sans remords. Un plan qui semble parfait mais qui ne finira pas nécessairement comme il l'aurait espéré. C'est un personnage ambigu, qui surprend notamment lorsqu'il visionne les fameux films compromettants de sa petite amie (Stephanie Beacham). Alors que les autres se moquent allégrement de la victime, il semble imperturbable. Sans remords, il éliminera les indésirables, et toujours aussi imprévisible, il videra un chargeur sur la vieille mamma (Patricia Hayes), ancienne (et excellente) complice de Benny Hill, faisant le vide autour de lui.
Le film a l'air alléchant mais il souffre d'un script inutilement compliqué et confus. Le réalisateur maintient cependant l'intérêt comme il peut grâce à quelques trouvailles (le personnage de Patricia Hayes et sa "bande") et la présence de la belle Stéphanie Beacham. L'occasion de la découvrir dans un de ses meilleurs rôles, où elle interprète un mannequin qui se livre à quelques galipettes avec des clients (le tout étant bien sûr filmé). A la fois perverse, sensible et magnifique, elle n'est guère avare de ses charmes, et le film permet d'admirer amplement sa magnifique plastique.

 

 

The Omega Man

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