Bal de l'horreur, Le
Titre original: Prom Night
Genre: Horreur , Slasher , Psycho-Killer
Année: 1981
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: Paul Lynch
Casting:
Jamie Lee Curtis, Eddie Benton, David Mucci, George Touliatos, Leslie Nielsen, Casey Stevens, Michael Tough, Joy Thompson...
 

Une petite fille meurt accidentellement des conséquences d'un jeu organisé par des jeunes, qui décident de ne jamais révéler la vérité. Mais une ombre les a vus et décide, dix ans plus tard, à l'occasion d'un bal de fin d'année, de se venger des gamins devenus adultes.

 

 

Suite au succès inespéré de "Halloween", le brave John Carpenter s'est retrouvé avec toute une kyrielle de fils spirituels essayant de copier son film : le script de ce dernier devient ainsi la bible pour ceux qui rêvent d'un succès facile et sans risque (voir Vendredi 13 & Co). Le film de Carpenter devient du jour au lendemain la référence en matière de tueurs en série, le bogeyman d'Halloween devient le messie de toute une série d'imitations. Mais ce que certains ont perdu de vue c'est que pour réaliser un bon film ou un bon cocktail il ne suffit pas de réunir tous les ingrédients, encore faut- il utiliser les bonnes proportions et avoir le petit 'truc' en plus qui fera toute la différence. Les règles du genre étant très basiques, il faut pouvoir bien doser la plupart des éléments. Pour commencer, prenez un bon traumatisme (humiliation, viol, accident, meurtre,...) ajoutez quelques responsables restés impunis (ou équivalent) et attendez quelques années que les futures victimes deviennent des adolescents décérébrés, de préférence obsédés sexuels, fumeurs de joints et cons (très important la dernière condition). Ajoutez une poignée de faux coupables, comme l'homme à tout faire du lycée ou un bandit de passage. Secouez et préparez au shaker (pas à la cuillère) et vous obtenez un bon psycho-killer. Hélas, certains oublient de secouer ou agitent trop fort et la chose devient vite imbuvable.

 

 

N'oublions pas que le film de Carpenter n'a rien d'original : Black Christmas en 1974 abordait déjà le thème du tueur, il est d'ailleurs considéré comme le premier vrai film du genre. Paul Lynch, le réalisateur de Prom Night semble avoir choisi le chemin balisé de la facilité et prend un malin plaisir à nous asséner paresseusement tous les stéréotypes du genre... étonnant de la part d'un réalisateur qui signa quelques petits films sympathiques comme Humongous. Le plus incroyable ici est le nombre de situations sans intérêt et de personnages inutiles censés nous emmener sur de fausses pistes et créer un pseudo suspense, comme ce policier dont le rôle se limite à intervenir à la fin du film sans avoir rien compris (trop occupé à traquer un autre tueur échappé de l'hôpital).

En essayant de créer un semblant de suspense, l'intrigue (qui copie allégrement celle de "Carrie") s'étire péniblement sur une bonne heure avant le premier meurtre. Si celui ci fait illusion, on va vite s'apercevoir que nous avons affaire au tueur le plus pitoyable de l'histoire du genre : empoté mais particulièrement propre puisqu'il semble nettoyer sa hache après chaque crime ! Il faut le voir courser maladroitement une greluche habillée d'une robe d'un rouge pétant pendant plusieurs minutes ! La particularité du tueur (cagoule, chaussures cirées et carrure de freluquet) aura déjà mis sur la voie les spécialistes du genre qui auront sûrement déjà trouvé son identité avant la fin. De toutes façons, en général, ce n'est jamais le point fort de ce genre de films...

 

 

Entre temps, on aura droit à une petite décapitation qui semble tirer tout le monde (spectateurs et acteurs) de la somnolence ambiante. Pour le reste, les meurtres restent pitoyablement 'soft', ce qui n'aide guère à remonter un peu le niveau de l'ensemble. Sans oublier qu'il est difficile aujourd'hui de revoir un film 'sérieux' du regretté Leslie Nielsen sans esquisser un léger sourire en pensant à sa fin de carrière, mais ce n'est pas non plus capital puisqu'il n'apparait que dans quelques scènes, avant de disparaitre mystérieusement ! Par contre, on ne peut pas dire que ce soit la meilleure performance de Jamie Lee Curtis dont la seule prouesse valable est une scène de disco tellement kitch qu'elle en devient géniale. On a l'impression qu'elle a accepté le film rien que pour cela. Il faut dire qu'elle fut très sollicitée juste après le succès surprise d' "Halloween" et enchaîna une série de productions dont la plupart se contentaient de capitaliser sur son nom : "The Fog", "Prom Night", "Terror Train", "Road Games", une apparition dans la série Buck Rogers... Lassée de se voir proposer toujours le même type de rôles, elle décide d'arrêter les films d'horreur après le tournage de "Halloween 2". Elle ne reviendra au genre que des années plus tard en 1998 pour reprendre son rôle fétiche de Laurie dans "H20".

Il est clair aujourd'hui que le film ne restera pas dans les annales du genre, ou alors uniquement pour la présence de Jamie Lee Curtis, même si sa prestation est la plus mauvaise de l'époque, c'est dire le niveau... En tout cas, le nom de l'actrice semble avoir attiré les foules puisque le film récoltera 15 millions de billets verts au box office, pour un budget de 1,5 millions.

 

 

En 1987, une suite tardive intitulée Prom Night II: Hello Mary Lou sortit sur les écrans. Cette séquelle, qui s'éloigne radicalement du traitement paresseux de l'original, sera une agréable surprise se permettant d'être largement supérieure à celui-ci. Deux autres séquelles suivront : "Prom Night III: The Last Kiss" et "Prom Night IV: Deliver Us From Evil", et en 2008 un remake aussi paresseux et inutile que l'original fut même réalisé.

The Omega Man

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