Doctor Mordrid
Genre: Fantastique
Année: 1992
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Albert & Charles Band
Casting:
Jeffrey Combs, Yvette Nipar, Jay Acovone, Keith Coulouris, Ritch Brinkley, Brian Thompson, Pearl Shear...
 

Le Docteur Mordrid a gardé les portes de la Quatrième Dimension pendant plus d'un siècle mais aujourd'hui les signes sont clairs : son ennemi éternel, Kabal, est revenu et il est sur le point de détruire l'humanité. C'est une bataille entre deux sorciers maîtrisant des puissances sans limites qui s'annonce. Mais à la fin, un seul régnera...

 

 

En activité depuis les années septante ("Laserblast", "Destruction Planète Terre"), le réalisateur, producteur et scénariste Charles Band n'a jamais cessé de faire des films, et ici le verbe faire est tout à fait le terme adéquat pour qualifier le travail de Band. Car Charles est un artisan qui conçoit des films comme d'autres fabriquent des tables. Ainsi a-t-il produit, via diverses compagnies comme Empire ou Full Moon, bon nombre de films à petit budget. Si certaines productions comme "Re-animator", From Beyond, "Dolls" ou Prison ont atteint une petite notoriété, une grande partie du catalogue contient des franchises lucratives parmi lesquelles Ghoulies, "Trancers", Puppet Master, Demonic Toys ou "Subspecies", ainsi qu'une multitude de produits aussi farfelus que dérisoires : "Dr Alien", "Zone Troopers", "Killer Eyes", "Creepozoids", "Robot Killer", "Assault of the Killer Bimbos", Slave Girls from Beyond Infinity et autres "Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama".

 

 

Mais peu de personnes savent que Charles Band est aussi un grand amateur de comics, au point d'acheter une option sur les droits du "Dr Strange" grâce aux bénéfices engrangés avec "Re-animator". Mais le réalisateur/producteur ne put mettre en chantier le projet assez vite. Les droits ayant expiré, Band ne s'avoue pas vaincu et aborde le fameux dessinateur Jack Kirby, créateur du Capitaine America (avec Joe Simon) et des Quatre Fantastiques (avec Stan Lee). Il lui propose un contrat pour développer des projets sous forme d"Art Work". Il s'agit en fait principalement d'un travail d'illustration et de graphisme afin d'attirer les futurs investisseurs. Le réalisateur fait donc le tour des festivals avec ces concepts pour essayer de les vendre, notamment un certain "Dr Mortalis".
Mais à nouveau les projets n'ont pas abouti. Entre-temps, "Empire" a fait faillite et Band crée une nouvelle société, "Full Moon". C'est alors que le réalisateur sort de sa manche l'idée d'un nouveau film : "Dr Mordrid". Il charge C. Courtney Joyner ("Trancer 2", Prison), scénariste maison, de rédiger le script, et comme par hasard le brave homme avait travaillé avec Kirby sur le projet "Mortalis". D'où une certaine rancœur de Kirby envers le réalisateur/producteur peu scrupuleux lorsque le film sortira.

 

 

En 1992, les deux "Batman" de Tim Burton ayant cartonné au box-office, une vague de super-héros déferle sur les écrans. Mais, contrairement à celle que nous connaissons ces derniers temps, celle des années 90 n'a que rarement les moyens de ses ambitions.
Ainsi, le Punisher (version Lundgren), "Capitaine America" (version Puyn) ou "Les Quatre Fantastiques" (version Corman) sont avant tout des produits opportunistes censés alimenter le marché vidéo. Avec ses deux millions de dollars de budget, le film de Band ne peut prétendre à concurrencer un "Batman". Néanmoins, Roger Corman n'avait-il pas réussi à monter " Les Quatre Fantastiques" pour 500 000 $ de moins ? On croit rêver.
Toutefois, Charles peut compter sur une équipe motivée de fidèles, habituée aux tournages rapides et modestes. Il fait appel à son ami spécialiste des effets spéciaux, David Allen, qui réussit parfois des prodiges avec presque rien. C'est le cas ici, pour le combat dans le musée entre un squelette de mammouth et celui d'un tyrannosaure. La musique sera comme d'habitude composée par son frère Richard, et même le papa Albert vient donner un coup de main à la réalisation.

 

 

Pour son casting, Band utilise la bonne vieille recette du cocktail à étages. Prenez une star-maison (ou un has-been) comme vedette, puis ajoutez une actrice venant du petit écran comme faire-valoir, et finissez avec un méchant typé et reconnaissable au premier coup d'œil.
A l'époque, Jeffrey Combs était le gage d'une certaine qualité. En effet, il n'apparaissait que dans les "grosses" productions-maison du style "Re-animator", From Beyond, "Cellar Dweller", "Robot Jox", "The Pit and the Pendulum", "Trancer 2". Comme beaucoup d'actrices jouant dans les productions de Band, Yvette Nipar vient de la télévision ("Robocop" la série, "Les aventures de Brisco County Jr", "21 Jump Street"). Pour le réalisateur/producteur, c'est une double opportunité car il peut profiter de la (légère) notoriété acquise sur le petit écran, mais surtout les acteurs de télévision sont habitués aux tournages rapides et aux budgets étriqués.
Pour interpréter le méchant de service, Band engage une valeur sûre de la série B,
Brian Thompson, le méchant postillonneur de "Cobra". L'acteur fait partie des "gueules" du cinéma d'exploitation américain. Spécialiste des séries B ("Commando Squad") et des séries télé, il a notamment joué un extraterrestre dans "X-Files", un loup-garou dans la série méconnue de Frank Lupo, "Werewolf", et même fait une apparition dans "Falcon Crest".

 

 

Largement supérieur à la moyenne des productions habituellement produites par Band, le film se regarde comme une bande-dessinée qui, par moments, dérape pour respecter le cahier des charges, c'est-à-dire un peu de nudité ! (la séquence du sacrifice pas vraiment utile).
Les effets spéciaux de David Allen (Puppet Master) sont réussis mais trop rares (comme d'habitude !). En effet, les incursions du magicien dans le fantastique se limiteront à la visite d'une prison inter-dimensionnelle et au duel final dans le musée. On notera par contre une vraie recherche visuelle pour le décors du laboratoire de Mordrid (la machine à café, notamment !). Sans parler d'une petite touche d'humour (volontaire, pour une fois) avec la présence d'un corbeau appelé affectueusement "Edgar".
Cela fait toujours plaisir de retrouver Jeffrey Combs, surtout quand il nous la joue cool et semble s'amuser. Sa partenaire, loin de la bimbo décérébrée, fait preuve d'un certain talent (vu le sujet). Par contre, Brian Thompson, avec sa coupe de chanteur hard FM, peine à faire peur et prête plutôt à la rigolade.
Visuellement réussi, le film ne connaîtra pourtant pas de séquelles alors que le concept s'y prêtait particulièrement bien. Mais pour cela, il fallait au moins investir autant de billets verts dans ces suites que dans l'original ; or, l'on sait la difficulté pour Band d'investir de grosses sommes.

 

 

Dr Mordrid restera donc un "one shot", une petite gâterie que s'est offert le producteur/réalisateur, qui à réussi à réaliser son "Dr Strange" sans avoir ni les droits ni le budget.

 

The Omega Man

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