Runaway Nightmare
Genre: Comédie , Fantastique , Action
Année: 1982
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Mike Cartel
Casting:
Al Valletta, Mike Cartel, Seeska Vandenberg, Cindy Donlan, Alexis Alexander, Karen Stride...
 

Ralph et Jason, trentenaires célibataires, se sont retirés dans la vallée de la Mort où ils tiennent un ranch. Ils sont éleveurs dans les domaines de la lombriculture et l'héliciculture. Plus simplement, ils sont dans le commerce des vers et des escargots.
Autant dire qu'il ne se passe pas grand-chose dans cette région aride de la Californie. Et pourtant, un jour nos deux lascars aperçoivent des types sortir d'une voiture, transporter une caisse de taille respectable, l'enterrer dans le sable puis repartir.
Une fois le véhicule éloigné, Ralph et Jason (qui s'étaient planqués) se dirigent vers l'endroit où la caisse a été dissimulée et la déterrent. A l'intérieur, ils découvrent... une jeune femme nue et vivante !
Ils la ramènent au ranch, sans pouvoir l'interroger car elle est inconsciente. Ils ne se sont pas rendus compte que d'autres jeunes femmes, habillées quant à elles mais surtout armées, les observaient. Peu de temps après, un trio d'amazones investit la propriété de Ralph et Jason et les fait prisonniers. Pendant ce temps, Fate, l'enterrée vivante, s'est réveillée.

 

 

Le cinéma underground n'a pas fini de nous réserver de bonnes surprises, grâce à des éditeurs indépendants qui n'hésitent pas à sortir des placards des oeuvres obscures qu'on aurait pu croire à jamais enterrées, tout comme la jolie blonde au début du film.
En l'occurrence, c'est Vinegar Syndrome qui nous propose encore une fois une production américaine atypique qui, bien que datant de 1982, fleure bon la nostalgie des années '60 et '70.
Fait avec quelques bouts de chandelles, Runaway Nightmare est le bébé de Mike Cartel, à la fois réalisateur, scénariste et acteur de ce long métrage qui compense son manque évident de rythme (et de moyens) par un humour à froid et un sens de l'absurde comme en voit trop peu souvent dans le cinéma d'exploitation.

 

 

Imaginez un peu de quoi il retourne dans ce film. Deux types sans histoires, perdus dans la vallée de la Mort, se font kidnapper par un gang de nanas super gaulées qui cumulent la double fonction de trafiquants d'armes et membres d'une confrérie occulte dirigée par leur leader, Hesperia.
Nos deux fermiers vont devenir les objets sexuels de cette troupe d'amazones frappadingues, adeptes des farces macabres et dotées d'une libido exacerbée.
Mais ce n'est pas tout. Hesperia et sa bande sont en conflit avec un cartel du crime sévissant aux alentours de Los Angeles, et à qui les filles souhaitent dérober une mallette censée contenir du platine (mais qui renferme en réalité du plutonium). Ralph et Jason vont avoir pour mission de dérober la mallette.
Il va sans dire qu'au final, l'action est beaucoup moins spectaculaire sur le terrain que sur le papier. Mais peu importe. Le fait est que Mike Cartel a su contourner le problème en misant sur un sens de l'absurde qui fait mouche à tout moment, grâce aussi au talent des acteurs (pour la plupart amateurs) jouant le jeu à la perfection. Ralph et Jason ne sont ni des héros, ni des lâches ; ce sont juste des types ordinaires qui vont vivre des aventures extraordinaires durant lesquelles ils subiront systématiquement les divers événements tout en restant maîtres (paradoxalement) de leur destinée.

 

 

Runaway Nightmare est donc l'unique réalisation de Mike Cartel. L'homme a joué dans une poignée de films, notamment La fille en laisse de Raphael Nussbaum, et il croisa la route de Carlos Tobalina en deux occasions. Son comparse Al Valletta (qui incarne Jason) a un cursus similaire : quatre apparitions dans des longs métrages et un film en tant que metteur en scène ("Alley Cat", en 1984).
Et en ce qui concerne nos redoutables amazones, on relèvera les présences de Cindy Donlan (Hesperia), qui joua au côté de Klaus Kinski dans "Schizoïd" et d'Alexis Alexander, aperçue dans "Vice Academy". Sinon, pour la plupart des actrices présentes sur ce film, ce fut (hélas) leur unique expérience cinématographique.
Bien que le film ne sortit qu'en 1982, le tournage débuta en décembre 1978 et dura environ six semaines. Pour des raisons économiques évidentes, une partie des scènes fut tournée dans la demeure de Mike Cartel. A l'origine, le film devait s'intituler "Platinum Bombshell", mais le réalisateur opta finalement pour Runaway Nightmare qu'il jugeait plus à propos. On trouve sur internet le site officiel de Runaway Nightmare, dans lequel l'humour est omniprésent.

 

 

Un humour qui est la force du film, car Runaway Nightmare comporte plusieurs séquences d'anthologie. Parmi celles-ci, il y a ce passage mémorable où Ralph se brosse les dents tranquillement dans la salle de bain. Par le biais de la glace, il aperçoit derrière lui la cabine de douche fermée par un simple rideau transparent. Et derrière ce rideau, il distingue l'une des filles se savonnant, puis une deuxième fille savonnant la première. Bien que la scène soit passablement excitante, Ralph n'en reste pas moins imperturbable, et continue à se brosser les dents, jusqu'au moment où l'une des deux "pétroleuses" l'interpelle en lui disant : Alors… tu vas me prendre ? (un gag récurrent dans le film).

Le contraste créé par nos deux anti-héros qui restent stoïques en toute circonstance, face à des créatures de rêve qui ne manquent pas de les allumer à la moindre occasion, ajouté aux nombreuses situations absurdes émaillant l'intrigue (le duel façon western entre Hesperia et une concurrente), constitue l'un des points forts du film. Mais à cela il faut reconnaître à Cartel et son équipe d'autres talents, car Runaway Nightmare peut se targuer d'être techniquement réussi, avec un bon sens du cadrage, l'absence d'une musique intempestive (créant un climat étrange), un découpage habile dans l'action et une justesse au niveau des dialogues. Quant au jeu des acteurs, il est dans l'ensemble sobre mais efficace.

 

 

Pour l'anecdote, Runaway Nightmare avait été commercialisé aux Etats-Unis en VHS avec quelques plans rajoutés de nanas topless afin d'épicer le film, mais qui n'étaient pas vraiment utiles. Vinegar Syndrome propose ces inserts en bonus. En ce qui concerne le master du film, autant dire qu'il est remarquable, ce qui permet de découvrir cette oeuvre obscure aux multiples facettes dans les meilleures conditions.

 

Flint

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