Île sur le toit du monde, L'
Titre original: The Island at the Top of the World
Genre: Aventures
Année: 1974
Pays d'origine: États-Unis
Casting:
David Hartman, Donald Sinden, Jacques Marin, Mako, David Gwillim, Agneta Eckemyr...
Aka: L'isola sul tetto del mondo / La isla del fin del mundo / Insel am Ende der Welt
 

1907 - Sir Anthony Ross finance une expédition dans le grand nord polaire. Son but est de retrouver son fils disparu alors qu'il cherchait le mythique cimetière des baleines. L'équipe d'aventurier, grâce à un dirigeable appelé "l'Hyperion", réussit à atteindre une île perdue dans laquelle ils découvrent des vallées verdoyantes et une colonie de vikings, vivant en autarcie depuis des siècles.

 

 

Après la mort de Walt Disney en 1966, le studio réalisera encore quelques "classiques" de l'animation comme "Le Livre de la jungle" (1967), "Les Aristochats" (1970), "L'Apprentie sorcière" (1971) et "Robin des Bois" (1973), mais bien vite le studio va se retrouver sans grand projet d'envergure, surtout pour sa division films. Entre 1973 et 1988, la plupart des recettes du studio sont dues aux ressorties des anciens classiques, les nouveautés comme "Bernard et Bianca" (1977), "Rox et Rouky" (1980), "Taram et le chaudron magique" (1985) ou "Basil détective privé" (1986) ont du mal à trouver leur public.
De son côté, la division longs métrages en prises de vue réelles produit toute une série de films aussi divers qu'hétéroclites. Ainsi, au côté des trois "Coccinelle" , on trouve des petites perles oubliées comme "Le Trésor de Matacumbas" (Treasure of Matecumbe) ou "Un cosmonaute chez le roi Arthur" (Unidentified Flying Oddball), mais c'est après 1979 que le studio nous livrera quelques films complètement schizophrènes comme "Le Trou noir" (The Black Hole), "Condorman", "Les Yeux de la forêt" (The Watcher in the Woods), "Le Dragon du lac de feu" (Dragonslayer), "La Nuit de l'évasion" (Night Crossing), "La Foire des ténèbres" (Something Wicked This Way Comes), "Tron", "Un Homme parmi les loups", "Oz, un monde extraordinaire" (Return to Oz), "Natty Gann" (The Journey of Natty Gann), "Le Vol du Navigateur". La plupart de ces œuvres essayaient de mélanger cet esprit familial typiquement Disney avec des sujets plus adultes. La majorité n'a connu que peu de succès et ces films sont aujourd'hui quasi invisibles ou extrêmement rares (entre 30 et 60 euro sur Amazon !).

 

 

Parmi cet amalgame de productions variées se trouve un petit film d'aventures sans prétention appelé L'Île sur le toit du monde. L'intérêt de ce titre est qu'il date de 1974, et n'as pas encore subi l'influence de productions comme "Star Wars" ou "Les Aventuriers de l'Arche Perdue". Le scénario est largement influencé par les récits d'aventures d'Edgar Rice Burroughs (Tarzan) ou de Jules Verne (20 000 Lieues sous les mers).
Pour mettre en images une telle histoire, les studios ne prennent pas de risques et font appel à Robert Stevenson (1905-1986), réalisateur maison qui travaille chez Disney depuis 1957. Le cinéaste est un vrai professionnel qui a travaillé sur tous les genres. Il commence sa carrière à partir de 1932 et réalise divers films, dont la version 1937 des "Mines du Roi Salomon", un film de science-fiction ("Cerveaux de rechange") et participe aussi à des séries (Gunsmoke). En 1957, Walt Disney le contacte pour réaliser plusieurs épisodes de la série "Zorro". Il deviendra alors l'un des réalisateur attitrés du studio, pour qui il va réaliser une vingtaine de films dont un certain "Darby O'Gill et les Farfadets (1959)" et "Mary Poppins (1964)". On lui doit aussi (en vrac) "Les Enfants du capitaine Grant" (1962), "Après lui, le déluge" (1963), "Les Mésaventures de Merlin Jones" (1964), "Un neveu studieux" (1965), "L'Espion aux pattes de velours" (1965), "La Gnome-mobile" (1967), "Le Fantôme de Barbe-Noire" (1968), "Un amour de Coccinelle" (1968), "L'Apprentie sorcière" (1971), L'Île sur le toit du monde (1974), "Un nouvel amour de Coccinelle" (1974), "Objectif Lotus" (1975), "Un candidat au poil" (1976).

 

 

C'était l'époque pré Star Wars, où chaque studio disposait encore de son propre département d'effets spéciaux, composé de vrais artisans, mais seul Disney le maintenait à temps plein pour sa gamme de film familiaux. Ainsi, l'équipe Disney, déjà responsable de réussites majeures comme "20000 lieues sous les mers", a commencé la pré-production dès 1968 par le storyboard (concept créé par Webb Smith, un ancien de chez Disney). Pour ses peintures sur verre, le studio utilise le procédé du travelling matte appelé aussi "écran jaune", qui fonctionne avec un fond éclairé par des lampes jaunes à vapeur de sodium (au lieu de l'éternel fond bleu). Cette approche donne au film Disney un aspect onirique proche du dessin animé (l'hyper réalisme étant systématiquement écarté). Ainsi, les peintures sur verre et les maquettes confèrent à l'ensemble un incroyable cachet vintage, où la poésie et la beauté ont encore pris le pas sur la recherche du réalisme à tout prix.

Le film se suit donc comme un livre d'image dont on tournerait avidement les pages. Évidemment, les personnages sont des stéréotypes ambulants hérités des années cinquante, mais c'est aussi cette faiblesse qui fait leur charme A ce titre, Jacques Marin et Mako sont plus que truculents, et volent la vedette au bien fade David Hartman (acteur devenu présentateur ) et Donald Sinden (Mogambo). L'intrigue est cousue de fil blanc (l'histoire d'amour entre le fils de Ross et une fille viking mignonne à croquer, le méchant prêtre prêt à toutes les vilenies...) et les coups de théâtre sont gros comme des maisons (le retour miraculeux de Jacques Marin), mais cela aussi fait partie de l'alchimie de ce genre de production, que certains auraient plaisir à démolir en n'en faisant qu'une bouchée critique, alors qu'il faut déguster ce genre de film comme une bonne glace à la pistache (ou un autre parfum, si affinité). Bon appétit !

 

 

The Omega Man

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