Fureur sexuelle, La
Genre: Porno
Année: 1975
Réalisateur: Jacques Dumoda (Daniel Daert)
Casting:
Jacqueline Laurent, Pierre Danny, Claudine Beccarie, Ellen Earl, Patrice Pascal, Maria Mancini, Charles Helen, Odile Palombo, Lucy Leger, Georges Gueret, Iska Khan
 

Ce porno soft anecdotique tourné sous pseudo par Daniel Daert ("La fille à la sucette", "Les filles de Malemort") prend pour toile de fond un modeste hôtel parisien dans lequel les murs ont des oreilles. Plus précisément celles d'Ellen Earl, dans la peau d'une vagabonde toute de noir vêtue dissimulée derrière un loup en forme de papillon qui le temps d'une nuit interminable (surtout pour nous) papillonnera (forcément) de chambre en chambre sans véritable but et précipitera ainsi toutes sortes de rencontres inopinées. Et tout cela au nez et à la barbe du groom et de l'hôtesse d'accueil de services qui devant la monotonie de leur job préféreront niquer dans le placard à balai.

 


Dans la première saynète, un couple de sexagénaires est au lit. Le mari, français moyen bedonnant commente à voix haute les résultats sportifs d'un canard quelconque à sa flétrie de femme qui n'en a cure. Parvenant à se lasser rapidement de sa propre bêtise crasse, il incite sa moitié à s'adonner plutôt au sport de chambre, pratique qu'on devine depuis longtemps révolu chez ces deux là. Pour cela, il pense la stimuler en exhibant sa maigre tuyauterie. Perdu, elle préfère se rendre aux chiottes. Tant pis, il s'astique la nouille en attendant puis c'est à son tour de déposer sa commission. Néanmoins une surprise l'y attend en la personne de la mystérieuse rôdeuse planquée dans un débarras avoisinant, qui lui offrira l'occasion de se décharger les bourses à maintes reprises après tant d'années d'abstinence. De peur d'éveiller les soupçons du fait de passer tant de temps au petit coin, le cocufieur effectuera plusieurs allers et retours entre sa couche et les cabinets sans que sa femme tilt un seul instant. Et ça dure comme ça un petit quart d'heure. Insupportable. On se croirait devant du Guitry.

 


Interlude ensuite avec le groom qui délaisse provisoirement sa gouvernante pour se payer du bon temps dans une chambre louée par une cliente portée sur la domination. Puis retour à notre mystérieuse intruse qui, changeant de chambre, se retrouve dans celle d'un puceau à retardement, la trentaine mais encore la gueule couverte d'acné et à l'apparence assez négligée. Elle le déniaisera en douceurs, ce qui aura pour conséquence l'évaporation de ses pustules. Adieu puberté. A proximité, un jeune couple s'apprête à entamer sa nuit de noces. Lui est expérimenté dans l'art du sexe, elle, est encore vierge. Ils se font face, dans l'obscurité, entièrement nus et se caressent délicatement pendant dix bonnes minutes. Encore un passage des plus pénibles. Le suivant est dans la même lignée, avec un couple folâtrant dans un plumard, à la différence près que leurs ébats sont plus explicites avec pipe et pénétration à l'appui.

 

 

Autre segment avec notre amie masquée qui infiltre cette fois-ci les quartiers d'un asiatique ventru somnolant dans une tenue de kimono. Le judoka, interrompu dans sa sieste, punira cette intruse pas comme les autres en lui passant sur le corps. Pas trop mal même si l'on n'esquisse toujours pas un seul sourire. Vient ensuite une séquence attendue : celle introduisant Claudine Beccarie, dans le rôle d'une secrétaire s'envoyant en l'air avec un homme fortuné pète-sec et méprisant. Trouvant sa compagnie fort ennuyeuse, elle se consolera dans les bras d'Earl, cachée encore une fois dans la salle de bains puis leur gouinage continuera au pied du lit, sans que son occupant ne s'en aperçoive. C'est déjà au tour du pénultième tableau après 70 minutes de métrage qui en paraissent pourtant 240 avec un couple d'acrobates qui ne dépareillent pas dans le ridicule : slip léopard pour monsieur et cape noire pour madame. Naturellement souples, ils mettront en application leur grâce corporelle dans la reproduction de 36 positions glanées dans un bouquin de kama-sutra. Par chance, une seule sera exécutée et c'est bien suffisant.

 


Enfin, le film se referme sur l'arrestation de notre espionne / voyeuse / nympho, prise la main dans le sac (emprunt d'un autre trousseau de clés à la réception) par un flic qui se prend pour Philip Marlowe (lointaine ressemblance avec Bogart). La jeune femme saura éveiller sa clémence en payant sa dette en "nature" et en "liquides" cela va de soi, ce qui nous vaut un carton final béotien bien comme il faut : "Ils se marièrent et eurent plein de petits voleurs et de petits policiers". Bref, tout cela n'est guère palpitant ou amusant, voire excitant. Une seule scène hard en tout et pour tout, la présentation tape-à-l'oeil de l'édition k7 Video Public Edition n'en est que plus minable, avec sa formulation choc excessive, reprenant en partie les commentaires de la Commission de Censure de l'époque : "En raison de l'extrême audace de ce film, du réalisme des scènes et des impératifs de la Censure, aucune photo ni illustration ne peut être exposée." Bah tiens.

 

 

Throma

 

A propos du film :

# La version VIP comporterait des inserts en provenance du "Port du sexe" de Michel Ricaud. A confirmer.

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