Maître des clones, Le
Titre original: The Clone Master
Genre: Science fiction , Thriller , Espionnage
Année: 1978
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Don Medford
Casting:
Art Hindle, Ralph Bellamy, Robyn Douglass, John Van Dreelen, Ed Lauter, Mario Roccuzzo, Stacy Keach Sr....
Aka: Mestarikloonaaja (Finlande)
 

Simon Shane (Art Hindle) et Ezra Louthin (Ralph Bellamy), deux scientifiques qui travaillent secrètement sur le clonage humain pour ce qu'ils supposent être un projet gouvernemental, reçoivent des valises pleines d'argent de leur contact qui est ensuite assassiné par une mystérieuse organisation criminelle. Louthin est ensuite kidnappé et Shane part à sa recherche avec les treize clones qu'il a créés à son image...

 

 

Don Medford fait partie de ces metteurs en scène qui ont œuvré la plupart du temps pour la télévision, réalisant de façon éparse des épisodes pour les séries du moment. On peut citer, entre autres, "Tales of Tomorrow", "Les incorruptibles", "La quatrième dimension", "Le fugitif", "Les envahisseurs", "Sur la piste du crime" (dont le pilote : L'ennemi n°1 du F.B.I.) et "Des agents très spéciaux" (dont le pilote également), "Les rues de San Francisco", "Baretta", "L'homme qui tombe à pic" etc.
Il fait aussi partie des réalisateurs qui, le temps de deux films tournés tous deux en 1971, fait regretter qu'on ne l'ait pas vu plus en avant sur grand écran. "L'Organisation", troisième volet des aventures de Virgil Tibbs campé par Sydney Poitier, ne vaut peut-être pas "Dans la chaleur de la nuit" de Norman Jewison, encore qu'à rebours on peut trouver la réputation de celui-ci un peu usurpée, mais son Tibbs n'a rien à envier à "Appelez-moi Monsieur Tibbs ", second volet dû au solide Gordon Douglas. Et puis Don Medford est surtout l'auteur d'un des westerns les plus atypiques et crus du début des années 70 : "Les Charognards" avec Oliver Reed et Gene Hackman.
Hormis ces deux faits d'armes pour le cinéma, rien !

 

 

The Clone Master est donc l'un des quelques téléfilms que le sieur Medford a réalisés. Mais tout comme L'ennemi n°1 du F.B.I pour "Sur la piste du crime" ou "To Trap a Spy" pour "Des agents très spéciaux", The Clone Master avait pour ambition d'être le pilote d'une nouvelle série. Or la NBC, le trouvant peu viable, ne l'acheta pas et on en resta à ce seul épisode transformé du coup en métrage.
En 1978, nombre de SF d'anticipations sont passées par là, alertant sur les dangers d'une science qui prendrait le dessus sur l'être humain et son libre arbitre, laissant régulièrement planer la possibilité d'erreurs, d'incidents, voire d'accidents lors d'expériences et d'opérations destinées au progrès. Avec ce soupçon d'inexactitude scientifique ou d'imperfection humaine, sources de conséquences graves (On pense par exemple aux œuvres issues de l'imagination de Michael Crichton). Le thème plus précis du clonage n'est donc pas nouveau en 1978 mais il reste cependant assez rare et plutôt récent. Évoqué dans I Married a Monster from Outer Space (1958), on en trouve trace dans quelques épisodes de séries TV comme "The Duplicate Man", en 1964, pour la série "Au-delà du réel". Au cinéma, le film pouvant s'enorgueillir d'être le premier à en faire son thème central demeure "The Resurrection of Zachary Wheeler" (1971) de Bob Wynn, dans lequel on trouvait Leslie Nielsen, Bradford Dillman et James Daly.

 

 

Les acteurs y sont globalement bons et Art Hindle (Black Christmas, Chromosome 3, "La fureur du juste", "Marathon Killer"...) se montre particulièrement convaincant dans un rôle impossible. Il y est assisté de la méconnue Robyn Douglass dont c'est le premier rôle. On l'a déjà vue dans le très sympa "La bande des quatre" de Peter Yates, on la reverra dans le très "gay" "Partners" de James Burrows/Francis Veber avant qu'elle disparaisse des écrans. On ne peut pas dire que sa présence marque outre-mesure mais elle donne une réplique potable bien qu'un peu fadasse. Le vétéran Ralph Bellamy, même kidnappé, apporte quant à lui beaucoup de peps et, en enculé de service, car il en faut un, John Van Dreelen, second rôle néerlandais aperçu aussi bien chez Edgar G. Ulmer (Le Voyageur de l'espace) et William Castle ("13 Ghosts") que chez Don Chain (Une Femme dangereuse), is just perfect !

Le Maître des clones est, à l'instar de L'ennemi n°1 du F.B.I, un savant mélange de genres et conjugue avec bonheur science-fiction, thriller avec lobbies industriels et intérêts financiers, meurtres contrôlés un brin sadiques, une enquête policière menée par ce bon Ed Lauter, course-poursuite contre la montre et contre soi-même, le tout dans une ambiance paranoïaque saupoudrée d'une pincée d'humour (à ce sujet, parmi les 13 clones, le numéro 6 sera le plus réfractaire vis à vis de son identité. On se demande bien pourquoi).
Imaginez que vous vous réveillez un matin et qu'on vous annonce que vous venez de naître ; que vous n'êtes pas vous-même mais une réplique parfaite de vous-même, dotée d'une mémoire qui ne serait qu'une illusion ; et qu'en plus, c'est votre vrai Moi (ou vrai vous-même) qui vous l'annonce. "Salut Philippe, moi c'est Philippe. J'ai deux corbeaux et huit chats. J'ai fait l'amour avec notre femme Brigitte hier soir. Ça va ?". "J'oubliais... appelle moi papa !".

 

 

Sans vouloir prétendre ici que The Clone Master est un spectacle exceptionnel, immanquable et inoubliable, il n'en demeure pas moins un fort sympathique téléfilm à l'issue (forcément) incertaine. Par ailleurs, si je vous dis qu'il y a manipulation dans les hautes sphères de l'État et que Emmanuel Macron n'est pas Emmanuel Macron mais une réplique légèrement modifiée de Louis XIV à 10 ans, vous prenez ?


Mallox

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