Ennemi n°1 du F.B.I, L'
Titre original: Cosa Nostra, Arch Enemy of the FBI
Genre: Polar , Thriller , Espionnage , Film noir
Année: 1967
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Don Medford
Casting:
Efrem Zimbalist Jr., Walter Pidgeon, Telly Savalas, Robert Drivas, Celeste Holm, Susan Strasberg, Philip Abbott, Robert Duvall...
Aka: Le Busard / Cosa Nostra ennemi N1 du F.B.I. (Belgique) / Fbi contro cosa nostra (Italie) / Cosa Nostra - Erzfeind des FBI (Allemagne RFA)
 

Les témoins qui pourraient faire tomber le grand caïd de la Cosa Nostra sont abattus les uns après les autres. Il est difficile au F.B.I. de prouver la culpabilité d'une organisation mafieuse aussi puissante. Mais l'un de ses représentants doute et sera à l'origine de la chute...

 

 

Qu'il n'y ait pas confusion sur la marchandise, Cosa Nostra, Arch Enemy of the FBI n'est pas tout à fait un téléfilm comme les autres. Il s'agit avant tout d'une capitalisation de la part du producteur Charles Larson d'une de ses séries les plus fructueuses, "Sur la piste du crime" (The F.B.I.). Une série qui dura près de dix ans outre-Atlantique, voyant passer de nombreux acteurs connus ou débutants au gré de ses 241 épisodes. Les deux vedettes étaient invariablement l'inspecteur Lewis Erskine (Efrem Zimbalist Jr.) et l'assistant directeur Arthur Ward (Philip Abbott). Se joignait régulièrement à eux l'agent spécial Tom Colby (William Reynolds) afin de les aider à mener des enquêtes criminelles souvent corsées.
"Sur la piste du crime" eut les faveurs d'une diffusion dans son intégralité, en France, sur la deuxième chaîne de l'ORTF, à partir du 14 avril 1968 et L'ennemi n°1 du F.B.I eut plus tard droit à sa sortie en France en vidéo chez D.E.C. et CK Video ainsi que chez Farah Film sous le titre Le Busard.
Bien entendu, la transformation en téléfilm de deux épisodes d'une série ou d'un épisode en deux parties n'a rien de bien exceptionnel. On a même vu fréquemment des pilotes, segmentés en plusieurs parties ou non, exploités jusque dans les salles obscures. La petite particularité de celui-ci est qu'il s'agit non pas d'un collage mais d'un remontage à partir d'un épisode en deux parties qui connut un franc succès aux États-Unis : "The Executioners" (Part 1 & 2). Chaque épisode durant 52 minutes, certaines séquences et même certains personnages furent éliminés afin d'atteindre une durée décemment exploitable, soit ici, à peine plus de 90 minutes. Le nouveau ayant été alors vendu dans de nombreux pays étrangers. Le plus étonnant à l'arrivée est que les deux épisodes mixés, réalisés par le futur réalisateur de "Les Charognards", Don Medford, donnent un résultat tout à fait tangible et honorable.

 

 

L'ennemi n°1 du F.B.I retrace avec une certain vigueur, en plus d'un souci de réalisme qui mérite d'être signalé, la chute de la tristement célèbre Cosa Nostra. Les codes de l'organisation sont par ailleurs rappelés par son maillon faible, Telly Savalas : "L'organisation repose sur la femme, la famille, l'honneur et la religion". Or, quand ceux-ci sont oubliés et même bafoués, en quoi cette organisation existe-t-elle encore ? Pour bien mettre à nu ses mécanismes de fonctionnement et la façon dont elle fut trahie de l'intérieur pour enfin s'écrouler, Don Medford alterne les scènes se situant des deux côtés de la barrière.
Du côté de la justice, de supposés coupables sont inculpés puis entendus. Tour à tour, ils invoquent un amendement afin de ne pas répondre. Durant ce temps, les policiers enquêtent sur le terrain, essuyant les plâtres de meurtres et d'autres violences. Du côté de la pègre, il y a les hauts lieux où l'on décide du sort de chacun (hommes de mains compris car susceptibles de parler) et les simples exécutants.

 

 

Un schéma en quatre temps et quatre figures qui permet à Cosa Nostra, Arch Enemy of the FBI de ressembler à un chassé-croisé conjuguant enquête policière laborieuse, scènes d'action avec ce que cela suppose de scènes de violence, et thriller, l'ensemble distillant une tension plutôt soutenue. Entre ces ingrédients, le réalisateur ne se contente pas de livrer un pur polar et les personnages sont pourvus d'une certaine psychologie. Certes, certains sont vite croqués et d'autres sont caricaturés mais on est dans l'ensemble plus près du superbe "Underworld U.S.A" de Samuel Fuller que du surestimé et pourtant impersonnel "The Valachi Papers" de Terence Young. En effet, une partie de la réussite de Cosa Nostra, Arch Enemy of the FBI tient dans son aspect film noir dû à la caractérisation de deux personnages : d'une part l'irascible et déterminé inspecteur Lewis Erskine, extrêmement bien campé par Efrem Zimbalist Jr. ("Seule Dans La Nuit", "La maison des étrangers" - son premier film, un film noir signé Joseph L. Mankiewicz...), d'autre part Paul Clamenti, jeune criminel surnommé "Gueule d'amour" dont on suit les méfaits les plus violents et qui semble habité par ses crimes jusqu'à la psychose. Ce personnage est parfaitement interprété par Robert Drivas ("Luke la main froide", "The Illustrated Man", Meurtres sous contrôle) et confère au film une dimension fataliste propre au genre noir.

 

 

Finalement, L'ennemi n°1 du F.B.I, qui peut se prévaloir d'un sacré casting, pêche par la présence trop importante de certains personnages. Il n'est pas illogique que Walter Pidgeon (Leo Roland, le grand ponte) et Telly Savalas (Ed Clementi, son second) tiennent le haut de l'affiche. Seulement, entre la détermination du premier et les hésitations du second, leurs scènes, trop nombreuses, finissent par tourner en rond. On se trouve soulagé quand l'heure de la rupture sonne enfin ! Et au suspens de se voir du coup relancé avec toujours notre "Gueule d'amour" en premier plan, dont le contrat est dès lors d'éliminer Clémenti.
Dans des rôles secondaires, rien à redire de la prestation de la très talentueuse Celeste Holm ("La fosse aux serpents", "All About Eve"...), ici épouse de Savalas et en danger dès lors que celui-ci l'est. Idem pour Susan Strasberg (Hurler de peur) et Anthony Eisley (lui aussi habitué au film noir et à Sam Fuller - "The Naked Kiss"), en auxiliaire de police. Robert Duvall, encore en début de carrière, n'a qu'un petit rôle mais celui-ci dépote. Quant à Philip Abbott, il vient compléter le tableau, toutefois plus en retrait que de coutume, dans la série "Sur la piste du crime" où il partageait immanquablement la vedette aux côtés de Efrem Zimbalist Jr.. L'évincé de l'histoire et du remontage demeure l'agent spécial Tom Colby (William Reynolds), présent dans les deux épisodes ici mixés, et qui apparut quant à lui dans 161 épisodes sur les 241 que la série contenait.

 

 

Mallox

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