Un escargot dans la tête
Genre: Fantastique , Drame , Agressions animales
Année: 1980
Pays d'origine: France
Réalisateur: Jean-Étienne Siry
Casting:
Florence Giorgetti, Renaud Verley, Jean-Claude Bouillon, Jeanne Allard, Charles Dubois...
 

A la suite d'une dépression due à un divorce récent, Hélène Gallois (Florence Giorgetti), écrivaine renommée, rencontre Édouard Fournier (Renaud Verley) dans le cadre d'une clinique spécialisée où elle est en traitement. C'est un artiste-peintre qui, responsable d'un accident d'automobile ayant couté la vie à sa femme et à son fils, a sombré dans l'alcoolisme. Une sorte d'amitié complice se noue entre eux, qui évolue très vite vers une complicité sexuelle...

Oui mais voilà, il y a les escargots ! Des escargots, soit, mais des escargots de nuit ... "Mais cette machine dans ma tête, Machine sourde et tempête !" serait Thon tenté d'ajouter façon baleine vu que tout cela se passe dans l'esprit perturbé de nos deux protagonistes."L'alcool est mon allié" ... "L'amour il faut payer"... "La détresse a pollué" ... "L'océan de mes pensées". © Les frères Bauer (Axel & Becken - merci à eux).

 

 

Faut dire que déjà fragilisés, ils ne sont guère aidés ensuite. Hélène envisage d'écrire un nouveau roman et Édouard pense avoir retrouvé son inspiration. Jusque là tout va bien, d'autant que l'excellent Jean-Claude Bouillon, en ex-mari, est un homme affable. Pas contrariant pour un sou, il fait preuve de psychologie et de compréhension tandis que nos deux tourtereaux ne vont pas tarder à rentrer dans leur coquille dès lors qu'ils décident de partir un peu à la campagne, dans la ferme qu’Édouard possède (car oui, c'est un comble, dans les films, même les plus atteints ont soit de la thune, soit une résidence secondaire, soit les deux).
Non, là le spectateur le sent bien, ça dégorge ! Même un escalier en colimaçon peut s'avérer dangereux !

 

 

Faut dire aussi que Madame Sevetier (Jeanne Allard), qui gère la ferme -d'une main ferme- tient bien à rester ce qu'elle est en leur absence : la maitresse des lieux ! Donc, dès qu'elle croise Hélène, elle s'escrime à faire sa tête la plus déplaisante (déjà que son visage est tamponné du sceau de l'ingratitude). Son mari est en revanche une limace. Et puis un beau jour, pof, cette sorcière de basse-cour leur cuisine puis leur sert des putains d'escargots (On ne sait trop si c'est pour faire plaisir à Édouard dont c'est le plat favori ou bien pour faire chier vu que la mère Sevetier arbore de façon chronique un visage aussi aimable qu'un cassoulet en boîte).

Dès lors, le film de Jean-Étienne Siry préfigure ce qu'on verra dans Aenigma de Lucio Fulci ! Nos gastéropodes en culottes courtes sont annonciateurs de malédiction puisque l'ancien mari d'Hélène se suicide, Édouard s'isole et se remet à boire, en plus de reprendre sa collection d'escargots (de nuit hi hi hi).
La suite ira crescendo, à cent à l'heure !!!
En fait non.

 

 

Quant au film, ce n'est pas pour autant une coquille vide. Outre de hanter l'esprit d’Édouard et d'Hélène, les cauchemars vont se matérialiser et les p'tits gris comme leurs cousins de Quimper, de Bourgogne ou de Navarre, vont contre-attaquer physiquement jusqu'à tuer. Le spectateur a même droit à la vue subjective de ces baveux rampants prêts à en découdre !

Un escargot dans la tête n'a jamais trop fait son beurre, ni au cinéma où il est sorti en septembre 1980 (il possède un titre secondaire comparant de manière assez judicieuse la cagouille à une araignée - Une toile d'escargot), ni ensuite en vidéo.

Il est pour autant loin d'être une bobine honteuse et, toutes proportions gardées, on pourrait même s'indigner qu'il ne soit jamais cité dans les tentatives de cinéma français hexagonal. Certes, Un escargot dans la tête n'est pas exempt de défauts, de maladresse aussi, notamment dans la conduite du récit, un récit dont on peine durant longtemps à déceler les enjeux ; mais il peut malgré tout faire valoir bien des qualités : le pitch est casse-gueule mais original, les acteurs sont plutôt convaincants, a fortiori pour ce qu'ils sont censés défendre, et l'ensemble se regarde sans déplaisir. Et puis après tout, outre ses escargots de Aenigma, Luciole Fulci, moins éclairé que jadis, se prendra bien un "Chat dans le cerveau" (Un gatto nel cervello, 1990), alors finalement le titre du film, bien qu'il suscite la curiosité, voire de l'amusement, n'est pas si absurde qu'il n'y paraît.

 

 

Si l'on connait plutôt bien Florence Giorgetti ("Massacre pour une orgie" de Jean-Pierre Bastid, Calmos, "San-Antonio ne pense qu'à ça"...), Renaud Verley ("Cran d'arrêt", Les Cloches de l'Enfer...), Jean-Claude Bouillon ("L’assassin frappe à l’aube" et bien entendu la série "Les Brigades du Tigre"), Jeanne Allard demeure moins connue du public et arbore ici des airs à la Héléna Manson.

Quant à Jean-Étienne Siry, directeur artistique d'une agence de publicité spécialisée dans les produits pharmaceutiques depuis les années 60, sa carrière pour le cinéma est plus celle d'un maquettiste (pour Le Film français notamment), d'un affichiste (on en compte pas moins de cinquante à son actif dont celles de films tels que "Les Tontons flingueurs", les affiches françaises du "Fanfaron", de "Bunny Lake a disparu", de "Cat Ballou" etc.) que d'un cinéaste. Il a toutefois mis en scène trois longs métrages : "Mâles hard corps" et "Et... Dieu créa les hommes", deux pornos gay, le premier étant coréalisé avec Norbert Terry, spécialiste culotté du genre ("Hommes entre eux", "Il était une fois un homosexuel"...), puis celui-ci, sorte de chant du cygne à défaut de chant d'escargot (de nuit ! Ha ha ha !).

 

 

Mallox

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