Aenigma
Genre: Horreur
Année: 1987
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Lucio Fulci
Casting:
Jared Martin, Lara Naszinsky, Ulli Reinthaler, Sophie d' Aulan, Jennifer Naud, Suzy Kendall...
 

Dany, souffre-douleur de ses camarades de classe en raison de son physique ingrat, est victime d'un grave accident à la suite d'une plaisanterie qui a mal tourné. Renversée par un bus, la voici sur un lit d'hôpital, dans un état végétatif, proche de la mort clinique. Arrive alors Eva, une jolie jeune femme (enfin, pas pour moi), nouvelle élève au sein du lycée. Dès lors, des drames aussi singuliers qu'horribles se produisent. Et chaque fois qu'ils se produisent, ils semblent liés à l'activité cérébrale de Danny alors au plus haut, allez savoir pourquoi...

 

 

Ni meilleur ni pire que les autres livraisons de Lucio Fulci durant les années 80, on peut facilement se dispenser de ce film là. En passant, c'est un chemin tellement sinueux que de s'aventurer de Perversion Story jusqu'à Aenigma qu'on pourra facilement s'y perdre et ne pas retrouver son chemin. Mais est-ce bien le même cinéaste, la même personne qui est derrière ces deux films là ? On a du mal à le croire et pourtant… Il est clair que c'est davantage au laideron Murderock que l'on pense plutôt que L'enfer des Zombies et autres Frayeurs, les réussites tardives d'un metteur en scène finalement que trop méconnu et dont l'oeuvre recèle des richesses bien plus immenses que ce dont on a coutume de penser.


De toute manière, Aenigma commence mal. Les acteurs y sont d'entrée puis définitivement mauvais, la photographie est d'une laideur qui n'a d'égale que la fatuité de l'histoire sans queue ni tête que l'on nous raconte, et on aura tôt fait de déserter le pauvre spectacle. Il faut dire combien l'esthétique sixties et seventies convenait admirablement au réalisateur qui en tirait profit comme pas un (Perversion story / Beatrice Cenci / Le Venin de la Peur), et comment les années 80 ne l'inspirèrent absolument pas ; et combien ses films sont devenus d'une laideur assez repoussante alors, touchant même le fond du pire à certains moments (Les Fantômes de Sodome) nous embarquant vite fait mal fait qui plus est, dans des histoires calquées les unes sur les autres et dont on a tôt fait de s'y désintéresser.


Sans être le plus mauvais film de son auteur, Aenigma s'en rapproche toutefois dangereusement. Il faut dire que l'esthétique salle de Gym y est tellement repoussante, qu'on aurait presque plaisir d'y rencontrer des acteurs béatement crétins afin de se gondoler un peu en guise de mince compensation. A cet égard le personnage du professeur campé par Riccardo Acerbi dépasse l'entendement, et atteindre ce point de ringardise, sans humour aucun, avec un tel personnage qui ne cesse de se reluquer dans le miroir, sur de lui d'être le conquérant de ces dames, jouant de rictus imbéciles et autres gonflages ineptes de biscotos amène très vite le film aux abords du navet pitoyable, pathétique, navrant.

Si Jared Martin (2072, les Mercenaires du futur) passe encore tout en fadeur, et hormis le petit plaisir que l'on a à retrouver Suzy Kendall dans un rôle bien trop mince (L'Oiseau au plumage de cristal / Spasmo, et qu'on aurait aimé retrouver ailleurs ceci dit) le reste du casting, est carrément consternant. Franchement cette actrice qui n'en est pas, qui n'en a jamais été, et qui n'en sera jamais, Lara Naszinsky (La Maison de la terreur) et qui n'a finalement pour seule particularité, que d'être dans la vie la nièce du grand Klaus Kinski, est un choix digne d'un grand saboteur plus que d'un metteur en scène ou directeur d'acteurs. Même cette désignation perd tout son sens avec ce film où chacun rivalise de nullité, et où les enjeux semblent se situer davantage au niveau d'un biceps et d'un mascara que dans une quelconque recherche psychologique qui aurait, c'est pourtant une évidence, au moins pu faire illusion. Mais non, Fulci semble s'en fiche intégralement et laisse errer ses pantins dans son film dont ils semblent à peine savoir de quoi il retourne.

 

 

Pour les emprunts à d'autres films tels que "Carrie", La Grande menace ou encore le sympathique "Patrick", on passera outre et on n'en voudra pas pour autant à Fulci d'aller piocher ça et là, ce qu'il a toujours fait, mais avec autrefois bien plus de talent, et c'est peu dire.
S'il n'y a qu'un moment à sauver dans Aenigma, et où l'on retrouve un art pictural valable propre à son auteur, il s'agit de la scène nocturne au sein du musée durant laquelle une statue de marbre prend vie afin de décapiter la gorgone. Ce sera du reste peut-être la seule image correcte du film à laquelle on rajoutera peut-être un gros plan de pupille dans laquelle se reflète une action physiquement inexistante. On retrouve là des éclairs fugaces d'un Fulci d'antan, car ailleurs, et en ce qui concerne les escargots qui voudraient constituer le clou du film, et hormis le fait qu'il y ait certainement de l'ironie lorsque l'un d'entre-eux s'aventure sur une affiche de Sylvester Stallone puis un autre sur Tom Cruise, stigmatisant alors les produits américains de l'époque, on peut dire sans trop prendre de risques que l'attaque en règle que subit l'une des héroïnes paralysées qui se voit attaquer par une meute d'escargots et de limaces pèse son quintal de mauvais goût et de ridicule. Alors qu'il aurait sans doute fait de cette scène un grand moment de cinéma onirique et décalé dix ans auparavant, Fulci tombe dans le pathétique le plus attristant, tant c'est long, et visuellement débile.
Bref, pas le pire des post Fulci, certes, puisque l'on sauvera deux, trois scènes, mais très mauvais, ça oui !

 

 

 

Mallox
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