Cinq Femmes en cavale
Titre original: Women Unchained
Genre: Action , Women In Prison
Année: 1974
Pays d'origine: États-Unis
Casting:
Carolyn Judd, Tery Gusman, Angel Colbert, Darlene Mattingly, Bonita Kalem, Cheryl Waters, Walter Rowan, Erica Campbell...
Aka: 5 Femmes en cavale / Five Angry Women / Escape from Cell Block 3 / Five Female Fugitives / Women's Penitentiary 6
 

Au cours d'une sanglante révolte dans une prison mexicaine, une surveillante est tuée froidement et cinq femmes s'évadent. Une gigantesque traque à la femme s'engage, mais, celles-ci, outre de ne pas vouloir se faire choper, n'ont qu'une idée en tête, se venger des hommes à cause desquels elles ont été injustement incarcérées.

 

 

À lire le résumé, on se dit que ça va tataner sec les balloches, chier du tampon pour étouffer des gorilles avec. Faut dire que d'entrée de jeu, on constate qu'on n'a pas affaire à des pucelles effarouchées. D'ailleurs, même entre elles, elles ne se font pas de cadeau, en attestent des dialogues verts de chez verts, et leur solidarité ne semble tenir qu'à un projet un commun, évasion-vengeance. Pour le reste, les rapports se limitent plutôt à "Ta gueule, la gouine !", "T'es rien sans moi, salope !", "T'as qu'à t'le mettre où j'pense, le gun !", bref, un condensé de féminité dans sa douceur toute naturelle.
Vous voilà prévenus, 5 Femmes en cavale, en grande partie produit par Mardi Rustam ("Les Amazones du désir", "Dracula à la recherche de Frankenstein", La Fille en laisse, La Vie érotique de Don Quichotte, ...) n'est pas un film de tarlouze mais une pelloche avec des filles qui en ont !

 

 

On doit ce Fugitive WIP malpoli au sieur Ken Osborne (alias Kent Osborne), acteur-réalisateur méconnu qui, après avoir fait quelques apparitions non créditées dès le milieu des années 50, a commencé à sévir à la fin des années 60, poursuivant ses apparitions dans Nightmare in Wax, "Blood of Dracula's Castle" ou encore dans "The Ice House", thriller horrifique signé Stuart E. McGowan, aujourd'hui oublié. On pourrait citer encore "Le Rescapé de la vallée de la mort" ou "Hell's Bloody Devils", tous deux d'Al Adamson, vu qu’Osborne disparaîtra ensuite des écrans pour se consacrer à la mise en scène (avant de réapparaître chez Oliver Stone pour "Né un 4 juillet". Osborne fait partie de ces hommes à tout faire, présent comme maquilleur sur les films susnommés mais aussi sur "La Planète des singes", mais également et inéluctablement derrière les scripts de ses propres films. Il fait partie de ces autodidactes qui se sont émancipés façon rebelle systémique durant la période "Easy Rider". Au final, on lui doit sept bobines entre 1965 et 2008 et aucune d'entre elles n'est passée à la postérité. À voir Cinq Femmes en cavale, on comprend bien que celles-ci sont tournées à l'arrache, avec peu de moyens et n'ont pas le luxe de pouvoir se permettre de shooter les scènes plusieurs fois...

 

 

... On opte donc pour des paysages naturels, un parti-pris misant sur la spontanéité des acteurs ou des actrices, l'ensemble étant tourné à l'énergie, se reposant sur le feeling de chacun. Du coup, forcément, le résultat est inégal. Mais pas honteux pour autant. Il se dégage de Cinq Femmes en cavale quelque chose de réaliste qui jamais n'idéalise ses héroïnes et qui à aucun moment ne prend vraiment parti. Cinq Femmes en cavale possède de fait les qualités d'un documentaire même si, production restreinte oblige, les situations tout comme les caractères sont réduits à leur plus simple expression. Pas de morale non plus, encore moins de sermon venant parasiter un pur film d'action qui semble ignorer ce genre de conventions et/ou de précautions. Pourtant, avec la peinture de ces femmes, loin d'être parfaites, il transpire de Cinq Femmes en cavale plus d'humanité et de féminisme que dans bien des œuvres qui en ont la prétention. Souvent vulgaires mais toujours humaines, nos cinq fugitives existent à l'écran et c'est bien là que réside le tour de force de cette petite série B. Il est possible aussi que cette petite bobine soit redevable à son scénario signé Clancy B. Grass, dont c'est le seul travail d'écriture répertorié et l'unique implication au niveau de la production, celui-ci étant plus connu pour ses compositions musicales ("The Student Nurses" et "The Velvet Vampire" de Stephanie Rothman, "Night Call Nurses" de Jonathan Kaplan), des travaux le plus souvent dédiés à la condition féminine en difficulté...

 

 

Finissons tout de même par présenter de façon rapide nos protagonistes dont le naturel n'est pas pour rien non plus dans la petite réussite que constitue cette cavale toute faite de brutalités et de vengeances. Après être apparue juste avant dans "Macon County Line" de Richard Compton, on peut considérer Women Unchained comme le titre de gloire de Carolyn Judd, ici dans le rôle de Baby, chef naturelle du groupe. On a déjà croisé Teri Guzman dans La Fille en laisse, disons que pour le coup, elle est plus apte à courir dans les herbes folles. Il s'agit de son second et dernier rôle pour le cinéma tout comme il s'agit de l'unique rôle de Darlene Mattingly (Tina). Idem pour Bonita Kalem (Rachel) hormis deux contributions secondaires pour la télévision. Angel Colbert est elle aussi très rare, il s'agit de son rôle le plus important au sein d'une filmographie qui ne compte que trois titres (Les Anges sauvages de Barbara Peeters en 1971 et "Dr. Black, Mr. Hyde" de William Crain en 1976). Vient se joindre au quintet Cheryl Waters, en sœur de "Baby" Judd. C'est probablement l'actrice que l'on connait le mieux avec une filmographie conséquente et des rôles variables dans des films tels que "Schoolgirls in Chains", "Macon County Line", "Act of Vengeance" ou "Le Messager de la mort".

 

 

Il ne faudra pas confondre 5 Femmes en cavale avec 5 femmes à abattre (Caged Heat) de Jonathan Demme, encore moins avec "Filles en cavale" (Five Loose Women) de Stephen C. Apostolof, tourné la même année sur un canevas très similaire. Quant au film de Kent Osborne, s'il ne fait pas toujours dans la dentelle, on peut néanmoins et au minimum lui attribuer le mérite de mettre en valeur des actrices peu connues, loin des égéries du genre que sont Anitra Ford, Pam Grier, Roberta Collins, Judith M. Brown... Et puis, si la première moitié des années 70 demeure prolifique au niveau de la production de WIP et ses projets d'évasion, ce représentant se montre tout à fait fréquentable, non dénué d'une certaine dignité.

 

 

Mallox

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