Fatal Frames
Titre original: Fotogrammi Mortali
Genre: Giallo
Année: 1996
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Al Festa
Casting:
Rick Gianasi, Stefania Stella, David Warbeck, Ugo Pagliai, Leo Daniel, Alida Valli, Linnea Quigley, Donald Pleasence, Angus Scrimm, Rossano Brazzi, Ciccio Ingrassia...
 

Dans un teaser filmé en noir et blanc, un vieil homme au regard torve est en train de regarder un snuff-movie dans l'obscurité de son salon. La pellicule noir et blanc montre une femme noire presque nue se faire taillader le ventre à l'arme blanche (une machette). Le film étant muet, seul le bruit de la caméra super 8 vient troubler le silence pesant régnant dans la pièce. Mais soudain, la porte s'ouvre, et l'on aperçoit alors le visage d'un enfant. On devine que le petit garçon, ne trouvant pas le sommeil, est venu retrouver son grand-père. Lorsqu'il découvre l'horreur en train de se dérouler sur l'écran, il se met à crier, et à pleurer. Mais son grand-père, sans détourner le regard de la scène de torture, prend le garçonnet dans ses bras, le forçant à regarder le spectacle en sa compagnie.

 

 

Bien des années plus tard, un tueur à la machette, qui se fait appeler "Video Killer", fait la une des journaux aux Etats-Unis. Nous sommes en 1992, et ce tueur en série va tuer cinq jeunes femmes, suivant toujours le même rituel, à savoir qu'après avoir exécuté sa victime, il filme le corps avec une caméra vidéo et la scène du crime, avant d'envoyer la bande à la police.
Quatre ans plus tard, Alex Ritt, un directeur artistique renommé, est contacté par l'agent de Stefania Stella, une vedette de disco / variété italienne, afin de réaliser son prochain album. Pour Ritt, dont la femme fut l'une des victimes du "Video Killer", c'est l'occasion de changer d'air. Il fait donc ses valises, et part pour Rome. Sur place, il fait connaissance de l'équipe avec qui il va travailler, et de Stefania avec qui il ne va pas tarder à sympathiser. Mais ce qui aurait pu devenir une romance va rapidement tourner au cauchemar pour Alex, puisque très vite le tueur à la machette refait surface et commence à tuer des femmes faisant partie de l'équipe technique du directeur artistique. Chaque fois, Ritt est témoin du meurtre, et chaque fois le cadavre disparaît. Cependant, une bande video parvient à la police, montrant l'exécution de la victime. Le commissaire Bonelli (David Warbeck) ne va pas tarder à porter ses soupçons sur Alex. Mais ce dernier, loin de baisser les bras, va mener sa propre enquête, et tenter de démasquer le "Video Killer".

 

 

On aimerait parfois que certains projets ne se concrétisent pas. Même lorsqu'il s'agit de voir ressurgir au premier plan un genre cinématographique que l'on a particulièrement aimé, comme le giallo. On avait déjà pu en avoir un avant goût avec certaines oeuvres de Lamberto Bava, plus ou moins digestes. Mais le festin annoncé par Festa s'avère être une bouillie particulièrement infâme, une insulte à un genre qui donne à cette réalisation des allures de profanation de sépulture. Le giallo est mort, que l'on le laisse reposer en paix !
Peut-être Al Festa était-il parti d'un bon sentiment au départ, lui qui est connu dans le milieu en tant que compositeur de musiques de films, et pas n'importe lesquelles, puisqu'on lui doit entre autres celles de "Robowar" et "Zombi 4". Une étiquette très bis, qui pouvait laisser quelques espoirs en voyant passer le compositeur dans le domaine de la réalisation.
Hélas, le résultat est cauchemardesque. Outre son scénario inepte, Festa met en vedette la dénommée Stefania Stella, soit disant une vedette en Italie. Dans la vie, Miss Stella est la femme d'Al Festa, et pour couronner le tout, elle est productrice de ce "Fatal Frames". Physiquement, Stefania Stella est tellement vulgaire qu'elle ferait passer la moindre drag-queen pour un canon de la beauté. Et puis, elle chante mal, un peu comme Amanda Lear, dont elle a conservé ce timbre un peu trav' (pardon, grave), mais en pire. Ce qui nous donne droit à plusieurs moments durant ce long métrage (fort long au demeurant, puisqu'il dépasse les deux heures) à quelques "performances" de la chanteuse à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Nul doute que dans un Astérix, Stefanix Stellix aurait fini bâillonnée au pied d'un arbre, et ce n'eût été que justice.

 

 

La catastrophe aurait pu se limiter à la présence de la chanteuse. Hélas, Festa a cru génial de farcir son oeuvre de filtres rouges (un peu) et bleus (beaucoup). Est-ce pour rendre hommage à ses illustres prédécesseurs, Mario Bava et Dario Argento, que le cinéaste s'est évertué à apporter autant de couleur à sa photographie ? Peut-être, mais le résultat est dans l'ensemble épouvantable. Pour une scène réussie d'extérieur nuit dans la capitale romaine, on subit des passages interminables avec cette lumière bleue finissant de ternir des personnages déjà rendus bien fades par la platitude des dialogues.
Et d'ailleurs, puisque l'on évoque les acteurs de ce triste film, on ne sera que plus désappointé en constatant que la plupart des seconds rôles ont été confiés à des gens parfaitement respectables, et dont la réputation n'est plus à établir. La liste est pour le moins impressionnante, jugez plutôt : David Warbeck ("L'Au-delà", "Le Chat Noir"), Ugo Pagliai ("La Dame rouge tua 7 fois"), Ciccio Ingrassia (qui joua notamment dans les comédies de Lucio Fulci), Linnea Quigley (l'ex scream-queen immortalisée par son striptease dans "Le Retour des morts vivants"), Angus Scrimm (inoubliable croque-mort des "Phantasm" de Don Coscarelli), Rossano Brazzi ("Le Château de Frankenstein"), Alida Valli ("L'Oeil du Labyrinthe", "Suspiria") et Donald Pleasence, que l'on ne présente plus.
Hélas, la plupart d'entre eux n'ont qu'une présence limitée à l'écran, à l'exception de David Warbeck qui malheureusement surjoue durant tout le film, probablement pour oublier dans quel traquenard il est tombé. "Fatal Frames", en plus d'être mauvais, est aussi, en quelque sorte un film maudit, car Ciccio Ingrassia et Rossano Brazzi sont morts peu après le tournage, et David Warbeck l'année suivante. Donald Pleasence est quant à lui décédé avant la fin du film, si bien qu'il a dû être doublé dans une dernière scène. Cet acteur formidable aura achevé sa carrière avec ce film et un "Halloween 6" qui est au cinéma d'horreur ce que "Fatal Frames" est au giallo : une grosse daube !

 

 

La vedette du film, qui interprète Alex Ritt, est un certain Rick Gianasi, à l'allure de chippendale. Encadré à certains moments par deux autres chevelus bodybuildés, on s'attend presque à les voir chanter et danser à la manière des 2B3, vision cauchemardesque s'il en est. Heureusement, ils ne font que jouer, du moins ils essaient, Gianasi en tête (de noeud), et c'est un spectacle particulièrement pénible.
Tout au plus, retiendra-ton la qualité des effets spéciaux, le teaser et la beauté de quelques scènes, notamment les cauchemars récurrents d'Alex Ritt ; mais c'est bien peu si l'on doit dresser un bilan. Si vous voulez savoir qui est le "Video Killer", c'est simple, il s'agit en réalité d'Al Festa.

 

Note : 2/10

 

Flint
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