Fureur d'un Flic, La
Titre original: La mano spietata della legge
Genre: Poliziesco
Année: 1973
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Mario Gariazzo
Casting:
Philippe Leroy, Tony Norton, Silvia Monti, Klaus Kinski, Fausto Tozzi, Pia Giancaro, Lincoln Tate, Denise O'Hara, Luciano Rossi, Guido Alberti...
 

 

Un tueur à gages en provenance de New-York débarque à l'aéroport de Rome. Il a été commandité par la pègre afin d'éliminer un ponte de la mafia hospitalisé. Ce dernier doit être prochainement entendu par le Juge d'Instruction, et risque de révéler des informations susceptibles de provoquer le démantèlement d'une puissante organisation criminelle. Après avoir pris les consignes nécessaires dans le hall de l'aéroport, observé de loin par Vito Quatroni, un homme de main du milieu froid et sadique (Klaus Kinski), le tueur se rend à la clinique avec un complice et remplit son contrat, abattant même une infirmière qui avait eu le malheur de se trouver auprès du malade.
La chaîne des meurtres va être loin de s'arrêter, puisque le complice en question ainsi que le chauffeur périront ensuite dans l'explosion d'une voiture. Puis, c'est au tour d'une hôtesse d'accueil de l'aéroport (qui avait identifié un contact du tueur), de sa copine hôtesse de l'air et d'un gigolo engagé par la pègre de passer de vie à trépas, cette fois par le biais de Quatroni, qui a pris le relais pour exécuter les basses besognes.
Devant cette escalade de violence, la police est impuissante, et seul le commissaire Gianni De Carmine (Philippe Leroy) semble prêt à se frotter à la mafia romaine. Ses méthodes sont loin de plaire à tout le monde, De Carmine prônant les interrogatoires musclés, n'hésitant pas à pratiquer la torture afin de faire parler les criminels. Mais à la différence d'un Dirty Harry, plutôt calme et réservé, De Carmine est une vraie boule de nerfs, incapable de se contrôler, teigneux à souhait, et affrontant le danger de plein front sans sourciller. C'est un flic intègre, qui va faire son boulot jusqu'au bout, remontant la filière progressivement, risquant sa vie et celle de ses proches. Rien ne pourra l'arrêter...

 


J'avoue que j'étais curieux de découvrir si un réalisateur comme Mario Gariazzo avait été capable d'exploiter le filon des polars italiens des années 70, comme ont su le faire Di Leo, Caiano, Lenzi ou Castellari, par exemple. On pouvait en douter, dans la mesure ou Gariazzo n'a jamais brillé par la qualité de ses réalisations : des westerns honnêtes, sans plus ("Acquasanta Joe", "Le Jour du Jugement"), un film d'horreur moyen surfant sur le succès de L'Exorciste (La Possédée) ; sans compter des oeuvres carrément médiocres signées sous son pseudonyme de Roy Garrett, comme le giallo sulfureux Play Motel, le film de cannibales L'Esclave Blonde plutôt mou de la sagaie, et l'imbuvable Étranger de l'espace. Tout cela pour achever sa carrière avec quelques films érotiques poussifs avec Valentine Demy.

 

 

Bref, pas de quoi fouetter un chat, et être inquiet avant de visionner cette Fureur d'un Flic. A la lecture du générique, pourtant, on se rend compte qu'il y a du beau monde. Philippe Leroy, d'abord, magnifique acteur, qui a joué dans tous les registres avec brio : le western ("Yankee"), le polar (Milan Calibre 9), et un chef d'oeuvre d'humour noir nommé Femina Ridens où il campe un tortionnaire pris à son propre piège (film sorti en France sous le titre Le Duo de la Mort, avec une formidable Dagmar Lassander donnant la réplique à Leroy). Et puis Klaus Kinski, encore une fois dans un registre de tueur inquiétant, parlant peu (deux phrases à tout casser dans le film), mais agissant beaucoup. Il faut le voir étrangler une femme lentement, méthodiquement, et avec la plus grande indifférence. On lui doit aussi la scène choc du film, lorsqu'il brûle au chalumeau les gonades d'un malfrat (Luciano Rossi, égal à lui-même dans un rôle de barge).
Enfin, dans le rôle de la femme du commissaire, on retrouve avec un grand plaisir la très belle et talentueuse Silvia Monti, aperçue dans Journée Noire pour le Bélier aux côtés de Franco Nero, et dans Le Venin de la Peur. Rajoutons des seconds rôles habituels du cinéma de genre et une bonne musique de Stelvio Cipriani, et le film part donc avec de bons a priori.

 


Au final, La Fureur d'un Flic est un polar de bonne facture, qui souffre uniquement d'un manque de rigueur dans la réalisation. Il a le mérite de soulever de vrais problèmes : le réel pouvoir de la police et les limites de son intégrité ; l'usage légitime de la violence pour lutter contre le mal, etc. Curieusement, malgré un nombre impressionnant de cadavres et la hargne déployée sans cesse par Philippe Leroy, véritable "machine à baffes", le film manque parfois de rythme. Ou plutôt, si rythme il y a, c'est de manière assez hachée. On commence à suivre un personnage, puis il se fait dessouder, on passe à un autre, etc. Certaines scènes ont ainsi tendance à se répéter, avec en fil rouge les remises en question de De Carmine lorsqu'il se retrouve avec sa femme. Cela étant, La Fureur d'un Flic est un bon polar, dans l'ensemble, à ne pas classer vraiment dans les "poliziotteschi", même s'il légitime la pratique de la violence, de l'autodéfense. C'est un polar plus sombre, encore, dans lequel la police est gangrenée de l'intérieur, et où la vie des êtres humains compte peu face aux intérêts des syndicats du crime.
Dans les pattes d'un Di Leo ou d'un Lenzi, on peut toutefois penser que le film aurait été encore meilleur.

 

 

Flint

 

 

En rapport avec le film :

# Petit recensement des scènes manquantes sur l'édition VHS de chez VIP par rapport à la version américaine :

- 28'41" / 30'05" : une discussion musclée entre flics, dans un bureau, avec vision d'une vidéo de surveillance où apparaît Giuseppe di Leo (Marino Masé), prouvant sa présence sur les lieux au moment du crime commis par Kinski.

 

 

 

- 30'06" / 30'25 : Linda (Silvia Monti) téléphone à la police pour tenter de joindre De Carmine (Philippe Leroy), sans succès.

 

 

 

- 35'17" / 35'36 : On voit Silvia Monti en train de travailler sur sa table de salon, à l'aide d'une équerre et avant de recevoir un coup de téléphone de son compagnon (De Carmine/Leroy) - la radio qui diffuse une émission reste en langue italienne.

 

 

 

- 36'55" / 39'25" : De Carmine a un entretien avec ses collègues et son supérieur à propos des manières de faire régner la justice et la loi afin qu'on lui laisse les mains plus libres. Ses méthodes trop expéditives sont évoquées et remises en cause.

 

 

 

- 49'07" / 50'35" : Un nouveau briefing entre l'inspecteur en chef et ses hommes disparaît dans le montage français. Ils se demandent d'où vient l'information qui a fuité et vient de faire tuer un témoin potentiel.
(une scène qui fait la liaison et permet à De Carmine de faire valoir ses méthodes et, ainsi, de pouvoir interroger un suspect (Venturi / Stelio Candelli) et de lui faire cracher le nom de Vito Quattroni/Kinski) ainsi que la confirmation de l'existence d'une organisation en plus de mettre en avant l'un des flics : cherchez celui qui s'oppose le plus à ses méthodes et vous aurez le responsable des fuites...)

 

 

Bref, à ceux qui trouveraient le film légèrement longuet, vaut mieux le voir ou l'avoir vu dans la version VHS VIP, tronquée de 360 secondes, soit de 6 minutes (à 2 ou 3 secondes prêt).

 

 

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