Last Woman on Earth, The
Genre: Fantastique , Drame , Post-apocalypse
Année: 1960
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Roger Corman
Casting:
Betsy Jones-Moreland, Antony Carbone, Robert Towne...
 

Harold, un riche mais malhonnête industriel, sa femme Evelyn et son avocat Martin sont en vacances à Porto Rico, où Harold est bien le seul à prendre du plaisir. Après une séance de plongée sous-marine, les trois personnages remontent pour découvrir que pendant qu'ils exploraient les dessous de l'océan, la population dans son ensemble était morte d'un soudain et incompréhensible manque d'oxygène. Ils sont donc les trois seuls survivants de l'île, sinon du monde. Et bien entendu, puisqu'il ne reste désormais qu'une femme pour deux hommes, des tensions vont apparaître...

 

 

Un film post-apocalyptique qui n'est guère comparable à Day the World Ended, autre film du genre de Corman. Ici, pas de mutants menaçant les survivants. Les cadavres qui devraient être légion sont même très rares (ce qui n'empêche pas que l'un des rares que l'on aperçoit soit celui d'une fillette, chose plutôt osée à l'époque). Robert Towne, ici acteur et scénariste (encore un collaborateur de Corman qui se fera par la suite remarquer : réalisation de "Tequila Sunrise", scénarii de "Greystoke", "Frantic" ainsi que de "Mission : Impossible 1 et 2") opte pour un film beaucoup plus philosophique.
Une étude de caractère de ses trois personnages, dont deux en lutte déjà pour conquérir la femme, mais aussi pour imposer leur point de vue sur l'attitude à appliquer en ces temps troublés. Harold sera le matérialiste du groupe. Pragmatique, il ne supporte pas de vivre sans savoir de quoi le lendemain sera fait. Il reste également très attaché à ce qu'il convient désormais d'appeler les vieilles valeurs. Face à lui, Martin paraît beaucoup plus idéaliste. Il souhaite profiter du cadre luxueux de leur hôtel de Porto Rico sans se soucier d'éventuels dangers matériels, comme les maladies tropicales qui risquent d'apparaître sous peu.
Entre les deux, Evelyn, qui oscille. Son statut de nouvelle Eve ("Ev" étant son surnom) ne la rend pas supérieure au deux autres, et ça sera donc à elle de faire un choix entre les deux vies différentes qui s'offrent à elle, puisqu'au fur et à mesure du film il devient de plus en plus évident que le groupe ne restera pas ensemble bien longtemps. Le film se déroule donc en exposition et en confrontation des deux mentalités possibles. Des confrontations parfois dialoguées, et parfois physiques (très mauvaise réalisation des scènes de bagarre, d'ailleurs). Si le personnage de Harold semble au début antipathique au spectateur, en revanche, les théories qu'il développera par la suite peuvent se tenir (notamment sur son mariage, et sur la difficulté d'accepter l'éventualité de perdre sa femme).

 

 

Et c'est là que réside l'une des forces du film : son absence de manichéisme. Tous les personnages ont des défauts et des qualités, y compris Ev, et le spectateur sera donc amené à juger selon ses propres opinions. La fin du film orientera bien sûr l'intrigue dans un sens plutôt que dans l'autre, mais même là Corman et Towne ne ferment jamais le débat, les rebondissements autant de forme que de fond étant (relativement pour la forme) de mise. Sans trop en dire, le film se conclura sur une note biblique assez ambiguë.


Un film qui pourra tout de même en ennuyer certains. Corman se repose et livre un film avant tout fort disert en partant d'un postulat assez souvent employé à cette époque de guerre froide, mais généralement traité davantage sous un aspect plus science-fictionnel qu'autre chose. Intéressant.

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley
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