Screams of a Winter Night
Genre: Horreur , Sketchs , Comics / Mangas
Année: 1979
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: James L. Wilson
Casting:
Matt Borel, Gil Glasgow, Patrick Byers, Mary Agen Cox, Robin Bradley, Ray Gaspard, Beverly Allen, Brandy Barrett, Charles Rucker...
Aka: Howlings of a Winter's Night (Australie - titre vidéo)
 

Un générique sur fond noir, une voix off. L'obscurité est totale, un drame horrible est en train de se dérouler. Des cris se font entendre... un jour, un meurtre, quelque part, sans doute au fond des bois...

 

 

Un petit groupe d'étudiants décide de partir en virée quelques jours. Les voici en voiture, direction une vieille cabane abandonnée, là-bas, tout au fond des bois... Avant d'arriver, et pour faire le plein d'essence, ils tombent sur une poignée d'habitants aux allures menaçantes. Ceux-ci les préviennent des risques encourus à s'installer près du lac où règne selon eux une mystérieuse force invisible qui autrefois tua plusieurs personnes. Selon eux encore, pas de doutes, il s'agit d'un mauvais esprit indien... Seulement, vu les gueules patibulaires des locaux, vu qu'eux-mêmes sont plutôt cons et arrogants, et qu'en plus cela arrange le scénariste, nos étudiants se gaussent de leurs conseils et décident de n'en faire qu'à leur tête en fonçant droit devant vers les emmerdes. Le ton est donné, le léger malaise généré en discutant avec ces gens sera recyclé le soir même ! Tandis qu'ils se feront des farces effrayantes, de mauvais goût et rarement drôles, chacun contera aux autres une histoire de son cru, destinée à faire peur. Elles seront ici au nombre de trois. Ce sera bien entendu sans compter sur une dernière histoire, au présent, celle du fameux démon indien qui les rattrapera...

Scénarisé par Richard H. Wadsack dont c'est la seule contribution pour le cinéma et réalisé par James L. Wilson dont c'est l'unique film, Screams of a Winter Night fait partie de ces anthologies filmiques tout droit issues des EC Comics américains, que ce soient "Tales from the Crypt" ou "The Vault of Horror" (qui donna en Angleterre le sympathique Caveau de la terreur) de William Gaines et Al Feldstein. En résulte ici une sorte de films à sketches partant des mêmes bases qu'un "Evil Dead" à venir mais bifurquant donc dès que la première histoire nous est contée pour mieux y revenir.

 

 

- Durant le premier segment, un couple tombe en panne d'essence en plein milieu d'une forêt abandonnée. Le mari s'en va en chercher, s'enfonçant dans les bois avec son jerrican et laissant seule sa femme. Celle-ci sera en proie à une violente panique dès lors que des bruits se font entendre aux alentours. La jeune femme sera récompensée pour sa peur et n'aura qu'à sortir la tête par la fenêtre pour voir le petit cadeau suspendu au-dessus de la voiture.

 

 

- Le second nous présente trois amis qui, pour un bizutage, passent la nuit dans une vieil immeuble désaffecté, tout fait de longs corridors, et appartenant jadis à la YMCA (Young Men's Christian Association). La peur commence à s'en mêler quand l'un des trois disparaît. Les deux autres continuent leur déambulation dans l'obscurité avant de n'être plus qu'un seul qui retrouvera le premier, devenu dingue entre-temps, et tournoyant dans une petite pièce autour d'une lumière aussi verte que la peur qui l'a semble-t-il rendu fou.

 

 

- La troisième histoire nous narre les déboires d'une des étudiantes. Cette dernière manque de se faire violer dans sa voiture par un plouc local, un barbu grassouillet. Elle parvient à se saisir d'un objet aiguisé qui s'avère être un couteau et, dans un geste de défense, le larde jusqu'à le tuer. L'histoire serait finie si son propre geste ne l'avait pas rendue folle. Ainsi, pour un rien, dès que sa colocataire lui emprunte un habit, se met-elle dans une colère qui lui fera reprendre le couteau dans ses mains...

Là-dessus, comme dit au début, c'est au tour de nos étudiants (qu'on aura eu le temps, après 80 minutes, de ranger au rayon des "super crétins"), de voir les éléments naturels se déchaîner tout autour d'eux jusqu'à déclencher un véritable ouragan dans la cabane.

 

 

Et pour revenir au film et à ce qu'il 'vault', on ne peut pas dire que l'ensemble soit une réussite. Screams of a Winter Night reste avant tout une curiosité ; un petit film indépendant manifestement doté d'un budget dérisoire, mais qui recèle quelques petites surprises. Ainsi, en gamin local légèrement attardé, reconnaîtra t-on le William Ragsdale de "Vampire, vous avez dit vampire ?", tandis qu'une vingtaine d'années après, on retrouvait la première histoire résumée plus haut, dans le piètre "Urban Legend" de Jamie Blanks.

Les acteurs ne sont ni bons, ni mauvais, ils respirent un certain amateurisme quand ce ne sont pas les restrictions budgétaires qui les font jouer vite, sans doute le plus souvent en une seule prise, conférant à l'ensemble un petit air d'improvisation. A bien regarder leurs filmographies, aucun d'eux n'a beaucoup tourné (lorsque ce fut le cas) depuis ce petit horrifique qui semble lui aussi à ce jour relégué au fond des bois. Rien de honteux, mais trop de remplissage cependant. Ainsi se tape-t-on pas mal de babillages avec des questions aussi cruciales que "Y aura-t-il assez de bières pour le week-end ?" ou "comment fais-tu quand ta copine qui mâche du chewing-gum fait la gueule ?". S'il y a un fait à la fois singulier et notable, c'est que l'histoire qui englobe les autres reste la plus convaincante, grâce, notamment, à son final qu'on qualifiera de "décoiffant". Les segments sont hélas aussi peu imaginatifs que vains niveau trouillomètre. A la limite, même incompréhensible, c'est le second qui s'en sort le mieux. Ajoutons à cela un travail sur le son parfois lui aussi légèrement surréaliste : l'impression tout du long d'entendre des bruiteurs s'escrimer à imiter le bruit du loup, du vent, puis de la chouette. Bref, on reste assez loin de ce que parviendra à faire George A. Romero deux ans après avec "Creepshow" que l'on peut même considérer comme le chant du cygne de l'esprit EC comics couché sur pellicule. Il manque ici au minimum un Stephen King pour bien faire.

 

 

Screams of a Winter Night sera le dernier film distribué par la Dimension Pictures, en activité alors depuis une dizaine d'années, avec des titres tels que Le gang des doberman, Beyond Atlantis, Ruby, ou encore L'horrible invasion. Clair que la valeur trop inégale de celui-ci n'a pas dû aider à renflouer les caisses...


Mallox

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