Maître d'Armes, Le
Titre original: Huo Yuan Jia
Genre: Historique , Wu Xia Pian
Année: 2005
Pays d'origine: Hong Kong / Etats-Unis
Réalisateur: Ronny Yu
Casting:
Jet Li, Collin Chou, Shidou Nakamura, John Paisley...
 

Autant aller direct à ce que je pense de cette retrouvaille entre Ronny Yu, auteur de quelques réussites (Jiang hu) mais cinéaste pas mal surestimé ailleurs, et l'incontournable icône du kung-fu moderne le bien nommé Jet Li ; et bien, c'est pas terrible du tout.
Pourtant on ne peut pas dire que les deux comparses ne se soient pas entourés de techniciens hauts de gamme ; on a le droit niveau casting à ce qui se fait de mieux ; l'incontournable Yuen Woo-Ping chorégraphie les combats (Matrix, Tigre et Dragon, Kill Bill pour ne citer que sa reconnaissance occidentale), Shigeru Umebayashi compose la bande originale, et ce n'est pas le pire (2046) et Hang-Sang Poon s'attelle à la photographie (Crazy Kung Fu, La Légende de Zu).
Logiquement lorsque l'on fait l'addition, le compte est bon, et "Fearless" sera un grand film épique, une fresque riche et fougueuse, un monument de combats anthologiques ; c'était bien là les intentions de Jet li à la base ; retrouver la recette gagnante de "Il était une fois en Chine" de Tsui Hark ; d'ailleurs à l'instar de Wong Fei-hung, docteur en médecine chinoise, le personnage du "Maître d'Armes", Huo Yuanjia est une légende vivante dans l'histoire de la Chine du début du 20ème siècle ; celui-ci devint le combattant le plus renommé de Chine, combattit pour l'honneur de son pays, et s'acharna à sauvegarder la philosophie des arts martiaux.

 

 

Avant d'oublier pour cause de déception aigrie, je résume rapidement l'histoire ; après avoir rêvé depuis tout jeune de se consacrer aux arts-martiaux, Huo Yuanjia va petit à petit accéder à son rêve, apprenant de façon quasi-autodidacte toutes les techniques possibles, grâce à un entraînement long et intensif en compagnie de son ami et partenaire, Nong Jinsun ; au top de sa maîtrise, il enchaîne alors combats sur combats, victorieux chaque fois, il tombe petit à petit dans l'arrogance et la vanité, jusqu'au jour où l'un de ses disciple est blessé par Maître Chin ; Yuanjia ne peut s'empêcher de le défier alors et n'hésite pas même à le tuer ; malheureusement on se vengera sur sa femme et sa fille.
Alors pourquoi pas ? tout est en place pour assurer le spectacle et puis en fait, jamais le film ne décolle ; il semble y avoir tant de trous narratifs dans "Fearless" qu'au final, entre deux scènes pas très finaudes en psychologie, le film ressemble à une succession de combats, lui donnant des allures de jeu d'arcades les plus basique ; il manquerai quarante minutes au film, et ma foi, j'aurai bien aimé les voir afin de juger ce pèlerinage à son juste niveau ; maintenant au regard du film, je me demande également si ces quarante minutes manquantes ne sont pas dispensables ; j'ai d'ailleurs lu que Ronny Yu avait coupé certains combats afin de ne pas tomber dans le répétitif justement ; et bien c'est peu dire que ce vieux Ronny commence à être à côté de la plaque.

 

 

Les acteurs secondaires sont également peu convaincants ; ils ressemblent à des monolithes, réduits à leur plus simples expressions (vengeance, honneur, baston !), il n'ont aucune âme et l'on finit par bailler devant leurs enjeux tant on ne les ressent pas ; autant dire que le film en pâtit, car si Jet Li s'en sort honorablement (quoique loin de ses meilleures prestations), les personnages qui l'entourent ont l'air tellement stupides qu'ils finissent par déteindre sérieusement sur ce qui devrait être le héros du film ; assez vite on comprends que ce ne sera jamais subtil, que Ronny Yu a livré un travail de feignant sans jamais chercher à fouiller ses personnages.
Pas très loin d'un "Mortal Kombat" amélioré (si je commence à niveler par le bas pour juger le film, je finirai par dire que c'est un bon film, ce qu'il n'est définitivement pas), Ronny tente quelques coups de mise en scène qui non seulement tombent à plat mais qui plus est ne sont pas du meilleur goût ; les déplacements de caméra sont ratés et l'abus de ralentis prend la tête, si bien qu'on se dit que décidément les passages hollywoodiens de nos metteurs en scène jadis inspirés, ne leur ont pas fait beaucoup de bien, et à poursuivre dans cette voie, on va bientôt se retrouver en Thaïlande chez les "Born to Fight" de chez "navets production".
Pour enfoncer le clou, les combats ne sont ni exceptionnels ni révolutionnaires, et seul sort du lot le combat final qui décoiffe, mais c'est trop tard car entre temps on aura passé davantage de temps à manger ses pop-corns qu'on aura trouvé plus attirants que ces retrouvailles totalement manquées.

 

 

L'intention était bonne, et j'ai cru comprendre en lisant un peu partout que le film était plutôt aimé ; Mad Movies le défend du reste ardemment, prétendant que nous avons là le plus grand film de kung-fu Hongkongais depuis "Fist of Legend" de Gordon Chan tourné en 1993 ; que nenni ! "Fist of Legend" était terriblement plus inventif et efficace que cette grosse déception qu'est ce "Maître d'Armes", peu inspiré pour un yuan, ce qui est somme toute normal puisque tourné avec des fonds américains...

 

Note : 4/10

 

Mallox
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