SexWorld
Genre: Porno , Fantastique
Année: 1977
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Anthony Spinelli
Casting:
Leslie Bovee, Annette Haven, Kay Parker, John Leslie, Desiree West, Sharon Thorpe, Joey Silvera, Johnnie Keyes...
Aka: Sex Park
 

Bienvenue à SexWorld, un complexe futuriste dans lequel une équipe de médecins, scientifiques et techniciens a pour mission de résoudre vos problèmes d'ordre sexuel. Pas seulement vos problèmes pour être précis, mais également vos désirs, vos phantasmes. Ici, tous vos voeux seront exaucés : bondage, domination, voyeurisme... Oui, tout est possible, tant que l'imagination est au rendez-vous. Alors, laissez vos tabous au vestiaire, nous ne sommes pas là pour vous juger mais pour vous satisfaire...

C'est par le biais d'encarts publicitaires dans un quotidien qu'un certain nombre de couples ou de personnes seules vont se retrouver à prendre un autocar qui va les conduire dans une magnifique propriété située au coeur de la Californie. Tous les cas de figures possibles et imaginables sont recensés au sein d'un échantillon d'Américains jeunes, beaux, financièrement aisés mais finalement... insatisfaits.

 

 

Il y a par exemple Joan et Jerry (Leslie Bovee et Kent Hall), des jeunes mariés souhaitant pimenter leur vie sexuelle. C'est en voyant la dernière oeuvre de son épouse artiste peintre, représentant un nu de femme, que Jerry réalise qu'il a besoin de nouvelles sensations.
Pour Millicent et Ralph (Kay Parker et Jack Wright), le problème est différent. Le désir s'est émoussé avec le temps, et Ralph souffre de pannes d'érection mal vécues par sa compagne. De plus, Ralph est un introverti, dont la virilité a du mal à s'exprimer, la faute à une mère l'ayant trop couvé quand il était petit.
Quant à Lisa (Sharon Thorpe), sa vie sentimentale est inexistante. Recluse dans son appartement, elle ne voit personne, regarde des films pornographiques et téléphone à des hommes ayant passé des petites annonces salaces dans la presse spécialisée.
Enfin, Dale (Annette Haven) est inconsolable suite à la disparition de sa petite amie Alex, et peine à se reconstruire. Peut-être que ce week-end de trois jours et trois nuits à SexWorld sera en mesure de répondre à ses attentes. C'est ce qu'elle espère, comme tous les autres passagers de l'autocar lorsqu'ils sont accueillis à leur arrivée.

 

 

Anthony Spinelli n'est peut-être pas le réalisateur le plus connu du X américain, et pourtant il fait partie des principaux cinéastes ayant oeuvré durant l'âge d'or du porno US. On lui doit bon nombre de films de qualité dans ce domaine, parmi lesquels ses plus connus sont Aunt Peg, "Dixie Ray" et le film qui nous intéresse ici : Sexworld. Celui-ci, comme son titre l'indique, est une relecture du WestWorld de Michael Crichton ("Mondwest", 1973) et accessoirement de sa suite sortie en 1976, FutureWorld ("Les rescapés du futur"). Également, de par son message, à savoir que n'importe quel désir peut se réaliser, on peut rapprocher Sexworld de la fameuse série "Fantasy Island" ("L'île fantastique"), dont le pilote sortit peu de temps avant le film d'Anthony Spinelli, en 1977.

 

 

Alors bien sûr, c'est un film pornographique (tourné également dans une version soft), donc la trame fantastique est réduite à la portion congrue, malgré le twist final dévoilant que la quasi-intégralité des scientifiques travaillant dans le complexe sont en fait des robots. Mais SexWorld possède des qualités indéniables : un scénario solide, un budget financier conséquent qui se voit à l'écran, une réalisation soignée et un casting de rêve.
L'histoire se concentre essentiellement sur deux couples hétéros, un homme rempli de préjugés (John Leslie) et deux femmes que les aléas de la vie ont rendu aigries. Chacun des personnages présente un vécu différent, et par conséquent va avoir des attentes différentes. Spinelli a le mérite de ne pas céder à la facilité, car si tous les protagonistes seront en mesure d'assouvir leurs phantasmes, tous n'en ressortiront pas pleinement satisfaits, et encore moins heureux. En gros, il y aura de la casse et quelques coeurs brisés.

 

 

Le film est composé de deux parties principales : la première s'intéressant au background des personnages principaux, par l'entremise de flashbacks durant la première demi-heure ; la seconde se déroulant dans le complexe SexWorld, où les désirs de chacun vont être analysés puis exaucés.
Le casting est donc à la hauteur de la réalisation d'Anthony Spinelli, particulièrement soigné. Notamment du côté féminin où l'on retrouve quelques actrices incontournables de cette époque, avec par ordre d'apparition à l'écran : Leslie Bovee ("Take Off", "Maraschino Cherry", The Ecstasy Girls) et son charme irrésistible, son air espiègle absolument craquant ; Kay Parker ("Dracula Sucks", V the Hot One, "Taboo") la "mère nourricière" aux seins lourds, dans lesquels on aimerait se réfugier ; Sharon Thorpe ("Femmes de Sade") dont le regard froid cache en réalité un désir de chaleur intense ; Desiree West ("Tapestry of Passion", "Sweet Savage") la beauté d'ébène aux courbes félines ; et enfin Annette Haven (Desires Within Young Girls, "Barbara Broadcast", Soft Places) dont la peau diaphane et la silhouette en apparence fragile contrastent avec son tempérament de feu.

 

 

Chez les hommes, on retiendra deux piliers à la longévité exceptionnelle : John Leslie (environ 300 films sur quatre décennies parmi lesquels Insatiable, F ainsi que Co-ed Fever) et Joey Silvera (plus de mille (!!!) films ou vidéos et toujours en activité) qui joua notamment dans "Babyface" et "Pretty Peaches".
Enfin, on notera l'apparition de Johnnie Keyes vers la fin du film, lorsqu'il va réaliser le phantasme du personnage de Lisa incarné par Sharon Thorpe. Lisa, fan de films pornos, rêvait en secret de connaître le même sort que Marilyn Chambers dans "Derrière la porte verte", lorsque cette dernière fait l'amour avec un noir au corps parfait (et de surcroît bien membré) pendant trois-quart d'heure. Son voeu va se réaliser quand Johnnie Keyes, revêtu du même costume et maquillé comme dans le film des frères Mitchell, se matérialise comme par magie dans la chambre de la jeune femme et l'envoie au septième ciel. Un clin d'oeil original qui conclut de bien belle façon un film X digne de figurer parmi les classiques du genre, enchaînant scènes de sexe et passages dramatiques avec un réel savoir faire, le tout dans des décors magnifiques et des angles de vue qui sortent de l'ordinaire.

 

 

Si l'on rajoute une bande musicale toujours en adéquation avec les images, due à Berry Lipman (compositeur de la B.O. de la série "Star Maidens"), on peut dire que le film d'Anthony Spinelli est une réussite sur tous les plans, et qui ne souffre d'aucune baisse de régime durant quatre-vingt-dix minutes. A voir donc en double-programme juste après Mondwest... sans les enfants.

 

 

Flint

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