Meurtre à haute tension
Titre original: Assault
Genre: Thriller
Année: 1971
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Sidney Hayers
Casting:
Suzy Kendall, Lesley-Anne Down, James Laurenson, Freddie Jones, Anthony Ainley, Tony Beckley, Frank Finlay, Janet Lynn...
 

Sitôt son cours de dessin achevé, Tessa (Lesley-Anne Down, jolie comme un coeur), élève dans un collège pour jeunes filles, emprunte le bois avoisinant pour rentrer chez elle. Mais un terrible sort l'y attend : un homme, un violeur à l'identité secrète (sauf pour sa victime, qui semble à prime abord le connaître) la capture puis abuse d'elle. Gravement traumatisée au point d'avoir basculé dans un état végétatif important, Tessa est admise à la clinique de Mr Bartell (Anthony Ainley), où le docteur Lomax (James Laurenson) l'aide à recouvrer toute sa raison. Pendant ce temps, une seconde collégienne est retrouvée dans le bois maudit, morte cette fois-ci, par son professeur d'arts plastiques Miss Julie West (Suzy Kendall et ses mini-jupes, aaaahhhh), échouée là avec sa voiture et accompagnée d'une poignée de ses élèves. Surpris en plein acte, l'assassin s'enfuit précipitamment mais Julie parvient à l'entrapercevoir dans la lueur de ses phares. La brève description du mystérieux personnage qu'elle fournit par la suite au tribunal local met toute la salle en émoi : selon elle, le tueur aurait l'apparence du Diable !

 


A l'instar de la quasi-totalité des oeuvres de Pete Walker et de rares tentatives isolées comme "Le cercle de sang" de Jim O'Connolly ou l'étrange "Night after night after night" de Lindsay Shonteff, "Meurtre à haute tension" a tout du giallo, mais cuisiné à la sauce british. Aucun code (ou presque) inhérent au genre n'est écarté : l'assassin ganté dont on ne dévoile la trogne que dans la dernière bobine, les proies féminines paniquées (certaines, si !) courant à tout rompre, le "démasquage" (merde au barbarisme) progressif du coupable fonctionnant chez les témoins oculaires au flash-back et au réassemblage de détails (ici, tout le noeud de l'affaire repose sur le vague descriptif qu'a fourni Julie du meurtrier et puisqu'on en parle, à force de décortiquer ses quelques bribes de souvenirs, l'apparence inhumaine émise par la jeune femme s'estompera au profit d'une explication bien plus rationnelle) et puis aussi la galerie de protagonistes douteux gravitant autour de Julie.

 


Sidney Hayers prend d'ailleurs un malin plaisir à faire éveiller les soupçons sur les trois quarts de ses personnages, s'exprimant par des comportements troublants, des alibis pas toujours convaincants ou parfois par de simples regards ou expressions du visage à la connotation évasive. Hayers a donc bossé un minimum son scénario et c'est un bon point. Reste que curieusement, l'ensemble ne passionne pas plus que ça. Non pas que l'enquête se suive sans déplaisir mais voilà, les Britanniques n'ont pas la maestria et le grain de folie que nos voisins transalpins possèdent naturellement lorsqu'il s'agit de s'atteler à un giallo et nous, les gialli, on les aime saignants de préférence et détendus du gland (et ça par contre, le talentueux Pete Walker l'a parfaitement pigé en ne rechignant jamais à dévêtir gratuitement ses héroïnes où à verser dans le gore lorsque l'appel du meurtre se manifeste).
Que pas une seule goutte de sang ne se déverse, soit. Là où le bat blesse, en revanche, et en dehors de l'accompagnement musical absolument irritant à la longue, c'est au niveau du traitement trop prude d'une intrigue reposant sur le viol juvénile qui appelait à être traitée de manière bien plus graveleuse, époque oblige. De la nudité hors champ, rendez-vous compte. On se contentera simplement des râles d'excitation du bourreau et de la séquence remarquable où l'inquiétant directeur du collège Mr Sanford, campé par Tony Beckley, confesse à deux inspecteurs de police sa propre culpabilité (fausse cela étant) en déclarant qu'il est le meurtrier et que, parce que sa femme ne lui procure plus de plaisir depuis des lustres, il s'est vengé en violant absolument toutes les pensionnaires de son établissement : "Je les viole à chaque fois que je les regarde" avoue-t-il.

 


Aussi terne soit-il, "Meurtre à haute tension" mérite d'être vu tout de même pour quiconque apprécie le charme du cinéma british de l'époque estampillé "Pinewood" ou "Hammer" et puis aussi, pour répondre enfin à une question qui en taraude plus d'un je pense : Pourquoi donc ce titre français ? Non, le tueur ne travaille pas chez EDF mais la solution est presque plus foireuse, je n'en dis pas plus.

 

Throma
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